Les troubles de l’attention, un atout pour des nomades kényans

Les troubles de l’attention, un atout pour des nomades kényans

Agence France-Presse

Washington

Une propension génétique aux troubles de l’attention, accompagnés d’hyperactivité, peut constituer un avantage pour des populations nomades, selon une étude portant sur une tribu kényane publiée mardi.

Des chercheurs américains ont découvert qu’un gène associé à ce trouble, baptisé TDAH (trouble de déficit d’attention avec hyperactivité), était également lié à une meilleure santé, notamment en ce qui concerne le poids, dans un groupe d’éleveurs nomades. En revanche, il pourrait être cause de troubles alimentaires chez leurs cousins récemment sédentarisés.

Le gène récepteur de la dopamine que Dan Eisenberg et ses collègues ont étudié intervient dans l’impulsivité, l’anticipation d’une récompense et la dépendance et pourrait être associé non seulement au TDAH mais aussi à l’appétit.

Les effets de ces gènes ont été étudiés dans les pays industrialisés, mais très peu dans des environnements de subsistance, plus proches de celui où s’est effectué la majeure partie de l’évolution génétique de l’humanité.

«Nos découvertes laissent penser que certains traits de personnalité que nous observons chez les gens sont utiles ou au contraire préjudiciables en terme d’évolution en fonction du contexte», explique le principal auteur de la recherche, Dan Eisenberg, anthropologue à la Northwestern University.

«Cette découverte pourrait nous permettre de ne plus considérer le TDAH seulement comme une maladie, mais aussi comme pouvant comporter des éléments d’adaptation», selon lui.

«Il est possible que dans un milieu nomade, un garçon porteur de cet allèle (l’une des formes que peut prendre un même gène) soit plus apte à défendre les stocks de vivres contre les voleurs, ou à localiser les sources de nourriture et d’eau, mais que les mêmes tendances ne soient pas aussi bénéfiques dans des environnements plus tournés vers l’école, l’agriculture ou le commerce», explique le chercheur.

L’étude est publiée dans le journal spécialisé BMC Evolutionary Biology.

 

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