L’estime de soi. Comment aider votre enfant à l’acquérir ?

 

L’ESTIME DE SOI

Comment aider votre enfant à l’acquérir ?

 


Qu’est-ce que l’estime de soi ?

Chaque individu se fait une idée de lui-même et se forge, à travers l’ensemble de ses expériences, un concept de soi qui fluctue et varie considérablement. Cette idée qu’on se fait de soi-même est liée aux différents domaines importants de notre vie. Certaines recherches récentes démontrent que cet « autoportrait  » change tout au long de la vie et qu’il continue à se modifier même à 80 ans.

L’estime de soi, c’est la valeur positive qu’on se reconnaît comme individu. On peut avoir une bonne estime de soi comme travailleur, mais une faible estime de soi comme parent ou comme amant ou amante, par exemple.

Les enfants ne naissent pas avec une image d’eux-mêmes, Ils apprennent à se voir d’abord et avant tout à travers les yeux des personnes importantes pour eux : leurs parents, leurs frères et sœurs, leurs enseignants et enseignantes et enfin, leurs amis.

Lorsque bébé, l’enfant s’aperçoit qu’on répond à ses pleurs et qu’on le dorlote, il construit le sentiment intérieur de son importance. Quand, à deux ans, il s’oppose et s’affirme et qu’on lui permet de faire des choix, il construit le sentiment intérieur d’être « capable « .

Lorsque, vers quatre ans, il se pavane et déclare, « regarde comme je suis bonne ou beau… « , et qu’on lui reconnaît une valeur en tant que garçon ou fille, il construit le sentiment intérieur d’être suffisamment intéressant pour prendre sa place. À six ans, quand il s’intéresse aux apprentissages plus intellectuels et qu’on lui souligne ses capacité réelles, il construit sentiment intérieur d’être compétent.

L’estime de soi c’est cette petite flamme qui fait briller le regard lorsqu’on est fier de soi, mais cette flamme peut facilement vaciller et s’éteindre au vent mauvais des sarcasmes et des critiques.

Insuffler un sentiment de confiance

La confiance est une attitude fondamentale dans la vie. C’est elle qui nous permet de nous rassurer, de créer un état de détente, de bien-être, et surtout, d’envisager la vie avec optimisme. Cette attitude de base n’apparaît pas soudainement dans le développement. Elle se construit graduellement au fil des années à travers des relations d’attachement et des expériences significatives. Autant chez l’adulte que chez l’enfant, elle varie au cours de l’existence avec des progressions subites et des régressions temporaires. Le noyau archaïque de l’estime de soi prend justement sa source dans des relations d’attachements qui suscitent un sentiment de confiance.

Tout adulte ou enfant qui se sent aimé de façon permanente, même par une seule personne sur terre, est amené à se percevoir comme quelqu’un d’aimable, donc ayant une valeur. Lorsqu’il est intériorisé, ce sentiment rassurant lui ouvre l’univers des possibilités. En effet, il peut se dire :  » Si je suis aimé par cette personne, il est dorénavant possible d’être aimé par d’autres « . La confiance génère l’optimisme.

À la maison comme à l’école, cette confiance ne peut s’établir que si l’enfant éprouve un sentiment de sécurité physique et psychologique. Dans la pyramide des besoins essentiels tels que décrits par Abraham Maslow 1 (1972), le besoin de sécurité vient en deuxième place après les besoins de survie (être nourri, habillé, logé, etc.). Tous les êtres humains consacrent beaucoup d’énergie pour s’assurer une sécurité physique et psychologique. Or, depuis quelques années, la société québécoise vit dans un climat d’insécurité financière, conjugale et éducative. Mais nous sommes convaincus que ce contexte d’incertitude peut diminuer par une amélioration de l’estime de soi des individus qui composent notre société.

L’enfant éprouve un sentiment de sécurité quand il a une vie stable dans le temps et dans l’espace et, surtout, quand les personnes significatives pour lui sont présentes régulièrement. Par exemple, à l’école, les activités doivent se dérouler selon horaires réguliers et dans des lieux qui sont toujours les mêmes. À la maison, on doit autant que possible établir et respecter des routines de vie (repas, coucher, lever) stables. Trop de déménagements ou de changements majeurs à l’intérieur de la maison peuvent insécuriser les enfants, surtout les plus jeunes.

À l’école, l’instabilité des enseignants au cours d’une année cours de ses explorations, il doit être protéger des dangers et apprendre à connaître les limites de son milieu. Il est essentiel qu’il en vienne à se prendre conscience des comportements permis dans son environnement, tant physique que humain. L’enfant doit apprendre, et ceci se vit parfois péniblement, à régulariser et à adapter ses conduites en fonction des réalités qui l’entourent. L’autodiscipline s’acquiert non seulement pendant la petite enfance, mais pendant toute l’enfance et l’adolescence.

Il est tout à fait normal qu’un enfant fonctionne surtout sur le mode du plaisir. Il est naturel qu’il cherche à manipuler l’adulte pour satisfaire ses désirs. Il est moins normal que ce dernier le laisse faire ou qu’il tombe dans le piège. Une telle situation relève avant tout d’une difficulté chez l’adulte. L’enfant ne peut pas contrôler son comportement si, au préalable, il n’y a pas eu de contrôle externe exercé par les adultes. Les enfants les plus insécures que nous avons connus sont ceux envers qui on avait une attitude de laisser faire ou d’indifférence. À la maison, si l’enfant ne se sent pas protégé face à des dangers physiques ou psychologiques, il éprouve un sentiment d’insécurité. À l’école, si le chaos règne en classe et qu’il ne se sent pas protégé des agressions possibles (physiques ou verbales), l’élève se retranchera dans une position défensive pour prévenir les dangers. Or, l’énergie déployée pour se protéger ne peut être investie dans les relations positives avec les autres ou dans des apprentissages.

Que ce soit à l’école ou à la maison, pour amener l’enfant à intégrer une autodiscipline et un sentiment de sécurité, il est important que les adultes élaborent des règles de conduite. Celles-ci doivent comporter les caractéristiques suivantes :

  • Claire : Les règles permettent de véhiculer les valeurs éducatives (respect de soi, des autres ou de l’environnement qu’on veut transmettre aux enfants. Il est important que les deux parents et les enseignants précisent les valeurs qu’ils considèrent importantes pour l’éducation de l’enfant et qu’il y ait une adhésion commune à ces valeurs.
  • Concrètes : Les règles doivent être établies en fonction d’actions concrètes et attendues. Par exemple, plutôt que de demander à l’enfant de faire du ménage dans sa chambre, il est plus concret de lui demander de ranger son linge dans les tiroirs. À l’école, le respect de l’environnement doit être exprimé par une consigne concrète telle que jeter les papiers dans la poubelle.
  • Constantes : L’application des règles ne doit pas varier selon les pulsions et les humeurs de l’adulte. C’est d’ailleurs ce qui est l e plus difficile à réaliser tant chez les parents que chez les enseignants. La constance ou la fermeté prend un sens positif quand l’adulte ne perd jamais de vue les valeurs qu’il veut transmettre. Il est aussi plus facile d’être constant quand il y a un nombre réduit de règles. Toutefois, la fermeté ne signifie pas la rigidité. Par exemple, on peut suspendre exceptionnellement une règle lors d’un événement spécial, mais on doit signifier à l’enfant que c’est un privilège et que la règle sera remise en vigueur. La constance sécurise beaucoup les enfants car elle leur permet de percevoir les adultes comme étant fiables et dignes de confiance.
  • Conséquences : Les enfants on tous, à des degrés divers, une propension à transgresser les règles. Il est important que les enfants assument les conséquences logiques de leurs écarts de conduite. Les conséquences doivent être reliées étroitement à l’acte inacceptable. Par exemple, si un enfant agresse physiquement ou verbalement un camarade, il doit lui rendre un service pour réparer sa faute. Si un élève nuit à son groupe par son comportement, il doit assumer après coup une responsabilité qui aide le groupe.
  • Congruentes : Il est essentiel que l’adulte agisse lui-même en fonction des valeurs qu’il veut transmettre à l’enfant. C’est le plus grand témoignage de crédibilité qui inspire la confiance.

Le sentiment de confiance prend sa source dans une sécurité de base et se consolide quand les adultes tiennent leurs promesses. L’enfant peut tolérer un délais entre son désir et la satisfaction de son désir quand il a déjà pu constater que les adultes tiennent leurs promesses et qu’il obtiendra satisfaction. Les adultes sont alors perçus comme fiables, sécurisants et dignes de confiance. C’est à cette condition que l’enfant en vienne à intérioriser la confiance qui lui donne de l’espoir face à l’avenir.

Le sentiment de confiance se manifeste chez l’enfant par des états de détente, de bien-être et d’optimisme. Il est toutefois contagieux. En effet, les parents doivent d’abord parvenir à se faire confiance pour transmettre cette attitude aux enfants. Il est important que les parents et les enseignants apprennent à gérer leurs stress et à réduire leurs doute quant à leurs capacités éducatives pour transmettre la sécurité et la confiance aux enfants. Ils doivent d’abord s’occuper d’eux pour que les jeunes puissent en profiter.

Connaître et reconnaître la valeur personnelle de chacun

 » Si vous donnez forme donnez forme à ce qui est en vous, ce à quoi vous aurez donné forme vous sauvera. Si vous ne donnez pas forme à ce qui est en vous, ce à quoi vous n’aurez pas donné forme, vous détruira 2 .  »

Les adultes, parents et enseignants, on t beaucoup d’attentes envers les enfants et sont souvent déçus lorsque ceux-ci ne sont pas à la hauteur de leurs espérances. Pourquoi sommes-nous préoccupés de performance? Pourquoi suivons-nous le développement de nos enfants à la loupe? Pourquoi cherchons-nous à faire rentrer tout le monde dans le rang des savoirs officiels? Les enfants sont notre espérance de pouvoir tout recommencer et… de tout réussir. Ils nous ressemblent, mais sont différents aussi. Nous n’avons pas toujours le recul nécessaire pour les voir tels qu’ils sont.

Un enfant veut d’abord et avant tout d’être aimé et il est prêt à faire bien des choses pour cela, même à renier sa nature profonde. Par contre, il est impossible d’être bien dans sa peau si on n’est pas soi-même. L’enfant qui n’est jamais satisfait de lui, qui se critique, qui détruit ses dessins, qui panique s’il n’obtient pas in  » 1  » à l’école croit au fond de lui qu’il ne peut être aimé que s’il est parfait. Souvent les adultes autour de lui n’expriment pas clairement cette exigence, mais ils sont eux-mêmes perfectionnistes, intransigeants pour eux et pour les autres. L’enfant conclut qu’il est toujours en deçà de ce qu’on espère secrètement pour lui. Cet enfant peut développer des symptômes liés au stress (maux de cœur, de ventre, d’insomnie, etc.) et surtout, des sentiments dépressifs.

Un autre type d’enfant se révèle avoir une faible estime de lui : celui qui n’est pas investi, pour lequel on n’a pas de désirs ou d’attentes, celui qui est toujours de trop. Il est bien difficile de savoir qui on est si personne ne nous voit vraiment! Cet enfant se dira :  » Il ne sert à rien de faire des efforts, d’être gentil ou habile puisque je ne vaux pas la peine qu’on s’occupe de moi.  » Évidemment, la majorité des enfants se retrouvent entre deux extrêmes et cherchent à se définir par la façon dont on réagit à leur personne. Savoir qui on est est l’histoire d’une vie, mais elle commence dès la petite enfance. Regardez bien votre enfant ou votre élève. Prenez celui ou celle qui vous cause le plus de souci. Faites l’effort de le décrire à un autre adulte en ne soulignant que ses qualités. Êtes-vous capable de lui reconnaître trois qualités? Cinq qualités? Peut-être que oui, mais peut-être aussi que cela vous est difficile parce que ce sont plutôt ses défauts ou ses difficultés qui vous viennent immédiatement à l’esprit.

Notre éducation judéo-chrétienne a mis l’accent sur le péché, les lacunes et les fautes et nous a donné des réflexes qui sont bien ancrés en nous.  » Il ne marche pas, il a un an! Elle est incapable de dire son alphabet malgré des mois de répétition! Il est tout le temps de mauvaise humeur! Elle ne range jamais sa chambre!  » Les  » toujours  » et les  » jamais  » sont des mots à proscrire de notre vocabulaire. Ils enferment les enfants et les adultes dans un carcan qui les rend impuissants à changer.

Nous aimons nos enfants et nos élèves, mais nous ne prenons pas souvent le temps de les regarder dans ce qu’ils sont plutôt que dans ce qu’ils font. Observez votre enfant ou l’un de vos élèves et trouvez ses forces dans les domaines suivant : physique (force, souplesse, endurance, etc.); intellectuel (curiosité, jugement, mémoire, raisonnement, etc.); social (facilité à se faire des amis, capacité à partager, capacité de s’affirmer, etc.); personnel (générosité, originalité, imagination, etc.). Nous nous cantonnons parfois dans un ou deux domaines seulement parce que ce sont ceux que nous valorisons, mais ce ne sont pas nécessairement ceux qui décrivent le mieux l’enfant qui est devant nous.

Il ne suffit pas toutefois de voir les forces de l’enfant, il faut aussi les lui souligner ! Prenez le temps, le soir avant le coucher ou encore juste avant d’entrer en classe, de dire à votre enfant un petit mot gentil qui lui fait comprendre que vous lui reconnaissez des forces bien à lui, qu’il est un être unique et merveilleux à bien des égards. Attention, arrêtez-vous là et ne défaites pas ce que vous venez de dire :  » Martin, je trouve que tu as un très beau sourire, mais si tu étais plus gentil avec Sophie je serais encore plus content(e).  »

Il y a des mots qui sont comme des caresses et qui chatouillent la peau, mais il y a des mots qui blessent et qui écorchent l’âme. Il est extrêmement important de parler de façon respectueuse aux enfants. Les petits sobriquets à connotation négative, même s’ils sont dits sans agressivité, finissent par nourrir le monologue intérieur de l’enfant et lui donner le sentiment d’être différent des autres, moins bien que les autres. Bouboule et Petit monstre, peuvent être avantageusement remplacés par Trésor et Mon cœur

Les critiques fréquentes, les remarques acerbes, les jugements à l’emporte-pièce sont autant de petits coups de poignard dans le cœur :  » Mon Dieu que tu es sans dessin! –C’est tellement niaiseux… Dépêche-toi de finir! –T’as donc pas d’allure, ôte-toi de là…  » peuvent se transformer en :  » On dirait que tu trouve ça difficile… –Si tu as besoin d’aide, tu me le diras. –Tu recommenceras demain, je vais te montrer un truc facile.  »

De même, il suffit souvent de reconnaître les sentiments de l’enfant pour lui redonner confiance en lui :  » Ça te fâche quand tu ne réussis pas du premier coup, hein? –Ça te fait de la peine que ton amie t’aies laissée tomber…  » Une autre façon d’éviter les attaques verbales consiste à parler à la première personne lorsqu’on est sur le point de perdre ses moyens. Par exemple, au lieu de dire :  » T’as encore oublié de sortir les poubelles, tu ne m’écoutes jamais quand je te parle « , on peut dire :  » je suis déçu(e), je m’attendais à ce que les poubelles soient sorties.  »

Une autre façon de souligner la valeur personnelle de l’enfant c’est de lui montrer concrètement à quel point on l’apprécie et on l’aime! Certains adultes sont cajoleurs, d’autres adorent jouer, d’autres encore font de petites surprises. L’important c’est de trouver sa façon personnelle d’avoir du plaisir et d’être complice avec les enfants. Pour cela, il faut leur donner du temps… de qualité!

Avoir une bonne estime de soi, ce n’est pas  » se prendre pour un autre « , c’est se connaître de façon réaliste avec ses forces et ses limites. Les adultes qui s’exclament à chaque production de l’enfant, même lorsque celle-ci est carrément mauvaise, ne lui rendent pas service. Ils contribuent à l’illusionner sur lui-même, illusions que les autres auront vite fait de lui enlever.

Favoriser les amis et l’appartenance à un groupe

Tout être humains est d’abord et avant tout un être social. Tout le monde a besoin d’un compagnon ou d’une compagne, du moins de façon sporadique, et d’amis. Pouvoir parler, rire, chanter, philosopher et bouger avec d’autres nous donne un sentiment de complétude et nous rend heureux. Les amis sont inconditionnellement  » de notre côté  » dans l’adversité et servent de rempart à notre peur de la solitude. Être aimé, apprécié, considéré, nous aide à faire face à bien des situations. Ce que les autres nous disent de nous, la façon dont ils nous regardent et nous écoutent, bref la façon dont ils nous considèrent, nous aide à nous définir et nous donne le goût d’améliorer certaines de nos attitudes.

Dès deux ans, l’enfant adore déjà être en présence de d’autres petits et cela même s’il ne peut pas vraiment jouer avec eux. Il aime leur présence. Plus tard, à quatre ans, il réclamera à grand cris des amis. Même le parent le plus patient, le plus disponible et le plus enjoué ne sera jamais un ami aussi merveilleux qu’un autre enfant. Se tirer les cheveux, s’arracher un jouet, apprendre à négocier et à partager. Est essentiel au bien-être intérieur du petit.

À l’âge scolaire, le groupe d’amis du même sexe prend un autre sens. Malgré des décennies d’éducation donnée par des mères féministes, les garçon font des  » affaires de garçon  » et les filles, des  » affaires de filles « … En fait, chacun a besoin de définir clairement son identité sociale, ce qui se fait essentiellement en se comparant et en pratiquant des rôles bien campés.

Plus tard, à l’adolescence, les groupes deviendront mixtes. Dans cette période de leur vie, les jeunes éprouvent un besoin impératif d’appartenir à un groupe. Celui-ci leur permet de se distancier de leurs parents et les aide à se trouver leur identité propre.

Les enfants et les adolescents qui éprouvent des difficultés sociales, qui ne savent pas comment se faire ou garder des amis, développent une mauvaise image d’eux même au plan social et se déprécient beaucoup. Des études ont montré que les enfants de première année qui éprouvent des difficultés à se faire des amis et qui sont isolés ou  » rejects « , comme disent les enfants, risquent d’éprouver à l’âge adulte des problèmes sociaux importants. Il est donc primordial d’amener les enfants à développer des habiletés sociales dès leur jeune âge.

La fratrie est le premier groupe où se vivent des échanges, des négociations, des rivalités. Près de 47% des enfants sont actuellement des enfants uniques. Ils ne connaissent pas les affres et les joies de la fratrie, mais ils ont, pour la plupart, connu la vie en groupe à la garderie ou à la prématernelle.

L’attitude des parents et des enseignants a un impact direct sur le processus de socialisation des jeunes. L’ouverture aux autres, l’acceptation des différences, la tolérance et la confiance, la plupart des conflits de groupe que les enfants sont capables de régler seuls, donnent le goût au jeune d’aller vers les autres et de s’affirmer positivement. La violence et l’isolement sont des moyens inadéquats que prennent certains enfants pour s’adapter au groupe. Les adultes peuvent leur suggérer des attitudes en concordance avec des valeurs de démocratie, de négociation, de partage.

Lorsqu’on surprotège un enfant, on lui donne le message suivant :  » Je crois que tu es incapable de faire face à la musique, que tu es trop petit, que tu es trop faible. Je dois le faire à ta place . » L’enfant pensera qu’il doit constamment attendre des solutions de l’extérieur et qu’il ne peut s’intégrer au groupe par ses propres moyens.

Lorsqu’on donne toujours des excuses aux enfants, comme par exemple :  » Ce n’est pas de ta faute, Louise n’est pas gentille, ne joue plus avec elle « , on ne l’aide pas non plus à se percevoir de façon réaliste, à se poser des questions sur ses propres comportements et à rechercher activement des stratégies sociales efficaces.

Les adultes qui ont eux-mêmes confiance aux autres , à avoir du plaisir en groupe ou à garder des amis auront de la difficulté à aider leur enfant dans sa vie sociale. L’enfant apprend par imitation et par identification aux personnes significatives pour lui. Voilà encore une occasion de s’améliorer soi-même!

Une bonne façon d’aider l’enfant à s’intégrer dans la société et à développer une bonne image de lui consiste à lui apprendre la générosité. Les gestes gratuits, l’entraide la compassion nous font sentir bons intérieurement. Habituer un enfant à rendre service gratuitement de temps en temps lui fait prendre conscience des relations entre humains et lui fait vivre le bonheur de donner.

Développer le sentiment de compétence

L’enfant ne peut faire d’apprentissage moteurs, intellectuels et sociaux sans avoir de succès dans ses entreprises.

La réussite consolide les acquisitions tout en assurant leur conservation. Connaître du succès est un besoin fondamental chez tout être humain. Toutefois, l’enfant ou l’adulte doit être conscient de ses qualités et de ses forces, donc avoir une certaine estime de lui-même, pour espérer avoir du succès et ainsi être motivé. L’estime de soi est une attitude fondamentale à la base du processus d’apprentissage comme l’indique le schéma suivant :

 

En étant conscient de ses qualités et de ses habiletés, l’enfant peut anticiper du succès dans une activité qu’il entreprend. Il est important que l’enfant se pose des défis ou que l’adulte l’aide à se fixer des objectifs réalistes, c’est-à-dire qui sont adaptés à son niveau de développement et à ses capacités. La motivation se définit par l’anticipation d’un plaisir qu’on retirera d’une activité ou l’anticipation de l’utilité de cette activité. Si l’enfant échoue parce que l’objectif était trop élevé, il n’aura pas de plaisir, sera démotivé et s’estimera moins. En général, les échecs n’actualisent personne et diminuent l’estime de soi. Par contre, les erreurs peuvent être bénéfiques pour le cheminement de l’enfant si elles sont utilisés positivement.

Pour s’engager et persévérer dans l’activité qui le motive, le jeune doit au préalable anticiper les étapes, les stratégies ou les moyens pour atteindre l’objectif qu’il poursuit. Il est important que les parents ou l’enseignant le guident dans cette planification, sans imposer leur façon de faire . Mai pour planifier un travail, le jeune doit avoir une certaine autonomie, soit la capacité de faire des choix et d’en assumer les conséquences, positives ou négatives.

L’enfant pourra faire preuve de persévérance en cours d’activité s’il ne perçoit pas ses erreurs comme des échecs. Il est très important que les parents ou l’enseignant amènent l’enfant à comprendre que les erreurs sont inévitables, mais formatrice dans la mesure où il devra trouver d’autres stratégies ou faire appel à d’autres habiletés pour arriver à ses fins. Comme disait Henry Ford, les erreurs sont de belles occasions pour devenir plus intelligent. Mais si on fait vivre à l’enfant un stress de performance en étant obsédé par ses résultats, sans accorder d’importance au processus par lequel il est parvenu à ces résultats, l’enfant considérera inévitablement ses erreurs comme des échecs. En bout de ligne, il sera porté à démissionner et à se déprécier.

Il est très important que l’enfant comprenne que les résultats positifs ou négatifs de ses activités sont loin d’être magiques; ils reflètent plutôt ses aptitudes (motivation, autonomie, etc.) et sont directement reliés aux stratégies et moyens qu’il a employés. On doit aussi lui faire prendre conscience qu’un résultat négatif ne remet pas en cause sa valeur personnelle ni son potentiel. Ainsi l’enfant demeure motivé et a le sentiment de pouvoir contrôler lui-même ses apprentissages. Dans cette perpective, il devient un  » apprenti-sage « .

Il est également très important d’aider le jeune à reconnaître ses erreurs pour les corriger lui-même et pour éviter de les répéter. En effet, reproduire systématiquement les mêmes erreurs ne le fait pas avancer.

En se centrant ainsi sur le processus d’apprentissage, en corrigeant ses erreurs et en ajustant ses stratégie en cours de route, l’enfant finit inévitablement par avoir du succès. Il se sent alors efficace car il est conscient qu’il a adopté les bonnes attitudes et qu’il a choisi les bonnes stratégies. Il éprouve de la fierté qui nourrit son estime de lui-même. Plus ;l’enfant réussit ce qu’il entreprend, plus il se sent efficace, fier de lui et développe le sentiment de sa compétence. Se sentir compétent, c’est être convaincu qu’on peut relever avec succès n’importe quel défi si l’on adopte les attitudes favorables et les bonnes stratégies. Ce sentiment donne à l’enfant de l’espoir, de l’enthousiasme et lui ouvre la porte à de multiples apprentissages.

CE QUI FAVORISE L’ESTIME DE SOI

  • Être présent de façon chaleureuse auprès de l’enfant.
  • Établir des règles familiales et scolaires peu nombreuses mais claires. .
  • Faire vivre des conséquences logiques et naturelles suite au manquement à ces règles.
  • Contrôler les facteurs de stress chez l’enfant : préparer les changements à l’avance, minimiser le nombre de changements, aider l’enfant à trouver des façons de se calmer lorsqu’il est stressé.
  • Être un adulte en ce qui on peut avoir confiance.
  • Souligner les forces de l’enfant.
  • Souligner ses difficultés en ménageant sa fierté et en lui donnant des moyens pour s’améliorer.
  • Utiliser un langage valorisant.
  • Favoriser l’expression des émotions.
  • Permettre une ouverture aux autres.
  • Encourager l’enfant à se faire des amis et à gérer lui-même ses conflits.
  • Susciter sa motivation.
  • L’amener à comprendre que les résultats de ses entreprises sont des suites logiques de stratégies et de moyens employés.
  • L’amener à accepter les erreurs.
  • L’aider à planifier et à être persévérant dans la poursuite de ses objectifs.
  • L’inciter à se corriger lui-même.

CE QUI NUIT À L’ESTIME DE SOI

  • Une pauvre estime de soi des parents ou des enseignants.
  • L’inconstance dans l’application de la discipline.
  • L’ambivalence.
  • La surprotection.
  • Le laisser-faire.
  • Les mots qui blessent.
  • Les critiques constantes des proches et des amis.
  • Le découragement devant les difficultés.
  • L’accent mis sur les difficultés plutôt que sur les forces.
  • La perception des erreurs comme étant des échecs.
  • Les attentes trop ou pas assez grandes.
  • Le manque de plaisir et de complicité avec l’enfant.

 

Réf : MAGAZINE ENFANTS QUÉBEC, OCTOBRE 1994,

Danielle Laporte, psychologue clinicienne

Germain Duclos, psychoéducateur et orthopédagogue

1 Maslow, Abraham, Vers une psychologie de l’être, Fayard, Paris, 1972

2 Hymnes gnostiques de Nag Hammadi, tiré du livre Une révolution intérieure, essai sur l’amour- propre et la confiance en soi. De Gloria Steinem, InterÉditions, Paris, 1992

Reasonner, Robert W. Building self-esteem, Parent`s guide, Palo Alto, California, 1982.

Laporte, D. et Sévigny L., Comment développer l’estime de soi de nos enfants, Journal de bord à l’intention des parents, Éditions Hôpital Sainte-Justine, Montréal, 1993.

 

 

 

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