Pour une meilleure prise en charge des troubles de l’attention chez l’enfant

Education Santé, n° 219, janvier 2007 : Pour une meilleure prise en charge des troubles de l’attention chez l’enfant

 

Une collaboration indispensable

On parle encore trop souvent, et à tort, d’hyperactivité chez les enfants atteints de TDA/H (trouble déficitaire de l’attention, avec ou sans hyperactivité ). Ce qui signifie en réalité que les enfants que l’on connaît hyperkinétiques, ne sont pas nécessairement les enfants turbulents que l’on imagine.

Cela ne facilite pas le diagnostic, voire la suspicion pour les médecins scolaires ou les enseignants… Pourtant, il est possible pour ceux-ci – à moins de ne pas s’arrêter aux stéréotypes – de reconnaître assez facilement des enfants TDA/H.

Oubliez le mot «hyperactif» ou «hyperkinétique» pour désigner les enfants atteints de troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité . Et l’on pourrait ajouter, avec ou sans impulsivité, autre symptôme que l’on retrouve souvent. Car ces enfants, ou ces adultes TDA/H (on n’en parle pas suffisamment, mais des adultes aussi sont atteints de TDA/H) ne sont pas nécessairement très agités. Tout comme les enfants turbulents ne sont pas nécessairement atteints de TDA/H. «Il faut arrêter de confondre les enfants turbulents avec les enfants qui souffrent d’une hyperactivité pathologique. Et de l’autre côté, il peut y avoir des enfants qui souffrent d’une hyperactivité essentiellement cérébrale qui ne se voit pas dans leur comportement» , explique Pascale De Coster , Présidente de l’association TDA/H Belgique.

Il faut dire que l’appellation française de ce trouble – le terme «hyperactivité» – fausse déjà sa perception, comme le confirme le Dr Xavier Schlogel , neuropédiatre aux Cliniques St-Luc à Bruxelles: « Dans les pays anglo – saxons , on parle plus justement d’ADHDI , à savoir de trouble du déficit de l’attention , avec ou sans hyperactivité , avec ou sans impulsivité ; en français , on a réduit la pathologie à l’hyperactivité . Or , si quasiment tous les enfants qui souffrent d’hyperactivité présentent des troubles de l’attention , l’inverse n’est pas vrai . Parmi quelque 6000 enfants TDA / H qui ont consulté notre service , 40 % présentaient un déficit de l’attention sans hyperactivité .»

Mal nommer le trouble a donc un corollaire: le diagnostic erroné. On peut passer à côté d’enfants atteints de TDA/H parce qu’ils n’ont pas cette composante «hyperactive», tout comme on peut surdiagnostiquer des enfants qui ne sont absolument pas atteints… Des ‘surdiagnostics’ qui sont largement dénoncés, tant par les médias que par les spécialistes. « Aujourd’hui , les neurologues s’accordent pour dire que 3 à 4 % des enfants sont hyperactifs et 6 à 8 % souffrent de déficit de l’attention », explique le Dr Schlogel. Des chiffres qui ne semblent pas évoluer dans le temps… « Globalement , on peut dire que l’hyperactivité est sur – diagnostiquée en Flandre et sous – diagnostiquée en Wallonie , mais que les déficits de l’attention sont partout sous – diagnostiqués . La situation de la Wallonie serait due au fait que beaucoup de psychiatres francophones refusent le fait qu’il s’agit d’un trouble qui est organique au départ .» Une autre raison du sous-diagnostic est celui qui frappe les filles: parce qu’elles sont moins turbulentes, on soupçonne encore plus difficilement chez elles le TDA/H.

 

Enseignants et parents aux premières loges

Les premiers qui sont en contact avec ces enfants TDA/H, ce sont les parents, bien évidemment. Et ils savent combien vivre avec un tel enfant est difficile, surtout pour ceux qui sont en plus hyperactifs ou impulsifs… Pire: ils se heurtent à une véritable incompréhension et ce, à tout moment de l’évolution de l’enfant: « Avant le diagnostic , le comportement de l’enfant dérange l’entourage proche ou les enseignants , que ce soit du fait de l’hyperactivité ou du manque d’attention . L’entourage , les enseignants , la société portent un jugement . Ensuite , vient le moment du diagnostic , qui est également jugé , mis en doute . Ce qui n’est pas justifié , essentiellement chez nous puisqu’il est posé par des professionnels de différentes disciplines , avec des tests fiables d’évaluation . Enfin , si un traitement est prescrit , les gens nous jugent parce que nous donnons un médicament à notre enfant ou que nous l’emmenons chez un psy . Bref , ces culpabilisations à tous les niveaux n’aident ni les parents , ni les enfants », témoigne Pascale De Coster, qui a deux enfants atteints de TDA/H, et qui l’est elle-même ainsi que son mari.

 

 

 

Comment reconnaître un enfant atteint de TDA/H?

Le syndrome d’hyperactivité et de manque d’attention (TDA/H) se compose de trois syndromes qui peuvent être associés:

Le trouble de l’attention : difficulté, voire incapacité, à se concentrer, tendance à être distrait par tout et n’importe quoi, difficulté à terminer un travail ou même un jeu, oublis permanents et distraction.

L’ hyperactivité motrice : l’enfant bouge sans arrêt, est incapable de tenir en place quelques minutes, a des activités désorganisées, non constructives et mal coordonnées. Il court et grimpe partout, s’agite en permanence, souvent de façon joyeuse. Il ne peut jouer seul et prend fréquemment des risques.

L’ impulsivité : il s’agit de la nécessité impérieuse d’exécuter un acte, sans réfléchir aux conséquences, avec impatience, voire avec brusquerie. L’enfant n’est pas capable d’attendre son tour et se précipite, interrompt les autres en classe, abandonne vite une activité pour reprendre immédiatement une autre, ne peut organiser son travail. Et puis, il ne supporte pas les ordres.

 

 

Les enseignants, qui sont les autres personnes en contact avec ces enfants durant de longues périodes de la journée, pâtissent également de leurs comportements. Et trop souvent, parce qu’ils sont mal informés, ils peuvent rapidement tomber dans une spirale négative avec cet enfant dit «turbulent» ou «tête en l’air»… « Trop d’enseignants vont se plaindre aux parents que leur enfant est ‘ lent’ ou ‘ paresseux’ ou vont leur dire ‘ Madame , si vous saviez comme il nous en fait voir , votre enfant’ . Il n’est pas admissible que des professionnels de l’encadrement de l’enfant formulent ces critiques si aucun bilan neurologique et psychologique approfondi n’a été réalisé par un spécialiste », s’insurge le Dr Schlogel.

Et l’incompréhension est aussi importante face à des enfants qui présentent la composante hyperactive de leur trouble: notes dans le journal de classe, punitions, retenues, exclusions sont le lot quotidien des enfants et parents. Des brimades qui ne sont pas en phase avec la manière adéquate d’élever un enfant atteint de TDA/H: « L’une des caractéristiques de ces enfants est le manque de confiance en eux , une dévalorisation : surtout lorsque malgré leurs efforts , les résultats scolaires restent mauvais . Ces enfants ont besoin d’une attitude plus constructive . Ils fonctionnent tout particulièrement à la récompense , à la valorisation des choses positives qu’ils font . C’est essentiel pour eux . Mais lorsqu’ils font quelque chose de mal , les punitions doivent être constructives , comme réparer les erreurs commises ou donner des tâches utiles à exécuter . L’enfant ne le fait pas exprès , mais il faut le faire réfléchir à ses actes » enchaîne Pascale De Coster. L’enfant TDA/H a besoin, plus que n’importe quel autre enfant, de balises fortes, de règles immuables. Et il est vrai que faire respecter ces limites en permanence, l’enfant cherchant plus qu’un autre à les faire vaciller, est un travail éreintant, que les enseignants ne sont pas toujours en mesure de faire, face à des classes de 20 enfants au mieux, sinon 30, qui demandent tous autant d’attention!

Mais que l’on ne s’y trompe pas: Pascale De Coster ne prône certainement pas la compréhension à sens unique, tant de la part des enseignants que des parents. C’est ainsi que certains peuvent avoir tendance à tout excuser par le TDA/H. « C’est un panneau dans lequel il ne faut pas tomber . L’enfant TDA / H est responsable de ses actes , il faut l’éduquer comme tout enfant , mais en mettant de fortes structures , des limites et surtout toujours recommencer , en étant cohérent , structuré , posé . Le TDA / H ne doit jamais rien excuser .» Le TDA/H a des composantes neurologiques, cognitives, mais aussi d’éducation, sociales, familiales, psychologiques (lire encadré)… Il est donc important de jouer sur tous les tableaux de façon adaptée. Et si l’on parle de plus en plus de ce trouble, c’est probablement parce que les barrières sont de moins en moins claires dans l’éducation des enfants, que ce soit au sein de la famille ou de l’école. De telles carences, si elles sont néfastes dans l’éducation de tous les enfants, le sont encore davantage chez ceux qui, comme les enfants TDA/H, en ont encore davantage besoin !

 

 

 

Un dysfonctionnement du cerveau

L’hyperactivité est une maladie héréditaire affectant le comportement : perte d’attention, hypermotricité , impulsivité, etc.). « Les personnes atteintes de TDA/H vivent avec un dysfonctionnement majeur du cerveau. S’il ne les rend pas moins intelligents, il les met face à de réelles difficultés, notamment lorsqu’il s’agit de mener à bien un travail intellectuel. Concrètement, le ralentissement de leur cerveau dû à un dysfonctionnement des neuromédiateurs, comme la dopamine, qui gère l’attention, le contrôle de leurs mouvements et de leurs émotions, la capacité à opérer un choix etc., les empêche de se concentrer sur une tâche, même la plus anodine qui soit. Le TDA/H est une maladie biologique, non un trait de caractère ou une erreur d’éducation », précise Pascale De Coster. « Les facteurs psychosociaux ne sont donc pas considérés comme la cause du TDA/H mais plutôt comme des facteurs potentiellement exacerbants. Aussi, il ne faut pas confondre les enfants TDA/H avec des enfants présentant des symptômes similaires mais provenant d’autres pathologies psycho-affectives (dépression, maltraitances, carences affectives.. .). C’est l’ensemble de symptômes – déficit attentionnel, l’aspect évolutif de la maladie, l’impulsivité – qui vont déterminer le diagnostic.» C’est pourquoi il est nécessaire de faire procéder à un examen complet par un spécialiste (neuropédiatre) , avant de décréter que son enfant est «hyperactif» ou non…

Le bilan du neuropédiatre va se baser sur différents examens, dont les principaux sont:

– l’anamnèse : le médecin va discuter avec l’enfant et ses parents, demander les signes, les symptômes, etc;

– l’échelle de Conners: il s’agit d’un questionnaire pour les parents et pour les enseignants;

– des test pour évaluer le niveau d’impulsivité ou de déficit d’attention de l’enfant;

– le quotient intellectuel;

– le bilan orthophonique pour voir s’il y a des troubles du langage;

– l’électroencéphalogra mme pour éliminer la présence d’épilepsie;

– un bilan chez un psychologue.

C’est sur base de ce bilan que le spécialiste décidera du traitement. Celui-ci peut comprendre une prise en charge chez un pédopsychiatre ou un psychologue, un traitement médicamenteux, conjointement ou séparément, qui pourront appuyer une approche éducationnelle (dans la manière d’éduquer l’enfant TDA/H) et environnementale (impliquer l’enfant dans des activités sociales, l’entourer…) indispensables.

Des techniques «parallèles» sont parfois adoptées par certains parents (haptonomie, ergothérapie, kinésiologie, ostéopathie, PNL…), mais il vaut mieux en discuter avec le neuropédiatre: trop de charlatans opèrent dans ces sphères…

 

 

 

 

Un diagnostic précoce essentiel

Toutes les personnes qui gravitent dans le quotidien de l’enfant encore non diagnostiqué doivent s’interroger sur les troubles rencontrés par un enfant et alerter qui un médecin, qui un service psycho-médico- social. Mais pour cela, encore faut-il disposer de moyens pour soupçonner un tel trouble. Une difficulté d’autant plus grande que, comme on l’a dit, le TDA/H est trop souvent cantonné dans sa composante d’hyperactivité . Et donc, face à un enfant qui souffre de troubles de l’attention, on se borne encore à se dire qu’il est «tête en l’air»…

Le Dr Schlogel prône un diagnostic précoce, dès 3 ans. Mais cela ne signifie pas que le TDA/H se manifeste automatiquement dès le plus jeune âge: « Nous rencontrons des enfants qui n’ont jamais présenté de difficultés en maternelle ou en primaire , mais chutent dès l’entrée en secondaire . Comme tous les enfants qui franchissent ce cap , ils peuvent présenter un problème d’adaptation . En effet , les capacités d’attention sont nettement plus mises à contribution : prise de notes , changements de professeurs , nouvelle organisation et planification du travail … Mais chez ces enfants , les problèmes peuvent persister et être toujours présents à la fin de la deuxième année . Aussi , une mise au point n’est pas superflue ici non plus , car un tiers de ces enfants en difficulté présentent des déficits neuro – psychologiques sans hyperactivité .»

Premier signe qu’il faut observer à tout âge: les résultats à l’école, comme le conseille le Dr Schlogel: « Face à un enfant qui a des problèmes scolaires , l’enseignant devrait rechercher la présence de troubles de l’attention associés par exemple à une dyslexie ou à une dysphasie , même en l’absence d’hyperactivité . C’est très simple , mais ces signes sont les plus souvent retrouvés chez les enfants TDA / H .» Après une telle constatation, il n’est donc pas inutile de prévenir les parents ainsi que les centres PMS. « Encore faut – il que ces derniers comptent du personnel formé au diagnostic du TDA / H », précise le Dr Schlogel. « Des batteries de tests fiables existent , nécessitant entre 15 et 20 minutes ; elles pourraient être utiles à ces services avant d’approfondir le diagnostic chez un neuropédiatre ».

Néanmoins, selon Pascale De Coster, l’école n’est pas encore un lieu où le TDA/H est bien connu et reconnu, aussi bien au niveau des enseignants que des centres PMS. Le plus souvent par manque d’information et de formation. Un dialogue entre enseignants, organisé par la Fondation Roi Baudouin en juin dernier, a fait état de ce manque d’information, dont se sont plaints les participants quasi unanimement. Et même lorsqu’une formation théorique est organisée, les participants, enseignants ou membres des CPMS, se disent souvent frustrés, car elle leur donne peu ou pas d’outils pratiques pour gérer la situation avec ces enfants. « On travaille beaucoup par essai et erreur . On apprend plus avec les autres enseignants qu’avec un formateur », témoigne une enseignante en type 3.

 

Des classes adaptées

Néanmoins, dans certaines écoles où la prise de conscience s’est produite et où l’information a circulé, un pas a été franchi: « Mes enfants sont dans une école qui a instauré des classes spéciales pour les enfants qui éprouvent des problèmes scolaires pour diverses raisons . L’enseignement y est plus motivant , avec moins d’élèves et un suivi plus rigoureux . Les résultats pour mon fils cadet qui la fréquente sont très bons !», témoigne Pascale De Coster.

Mais toutes les écoles ne peuvent pas nécessairement organiser de telles classes passerelles, que ce soit pour des raisons pratiques (manque de locaux, de professeurs) ou quasi philosophique: « Si vous ne pouvez pas compter sur une équipe enseignante qui s’engage à fond dans un tel projet , il vaut mieux ne pas tenter l’expérience . Dans notre école , les enseignants on pris cela comme un défi , une nouvelle orientation dans leur carrière . Mais cette approche nouvelle demande du temps . L’évaluation différenciée heurte le sentiment d’équité auquel se cramponnent de nombreux profs : chacun est égal devant la loi . Or , nous sommes arrivés à la conclusion qu’il n’était précisément pas équitable de vouloir évaluer de la même manière , en fin de parcours , des enfants qui n’avaient pas eu les mêmes chances au départ . C’est tout un changement de mentalité que nous avons dû opérer », explique la directrice d’une école qui a mis sur pied une classe passerelle, dans la brochure publiée en décembre dernier par la Fondation Roi Baudouin.

 

 

 

 

T.D.A. quoi?

 

Les troubles déficitaires de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) expliqués aux parents et aux enseignants

On entend de plus en plus parler d’enfants hyperactifs ou hyperkinétiques. Nombreux sont ceux qui se posent des questions à ce sujet. La Fondation Roi Baudouin publie une brochure qui aborde le sujet de manière claire et accessible à tous (1) .

L’agitation ou la distraction d’un enfant ne sont pas nécessairement un problème grave en soi. Mais il arrive que l’enfant comme son entourage se sentent débordés et impuissants. Qu’entend-on par TDA/H? Qui peut-on consulter? Quels sont les différents traitements? Quelle est l’origine du TDA/H? Voilà autant de questions abordées par cette brochure dans une volonté de clarification du propos mais aussi de rigueur scientifique. Le plus important n’est pas de donner une étiquette, mais de trouver ensemble ce qui aidera l’enfant à s’épanouir.

Cette brochure est le fruit d’un travail interdisciplinaire et s’adresse à tous ceux, parents, enseignants, animateurs, médecins généralistes ou pédiatres, etc., qui se posent des questions sur le TDA/H. Elle se veut avant tout rassurante et explicative.

La brochure « T.D.A. quoi », de Karin Rondia , est téléchargeable sur le site http://www.kbs/– frb.be . Elle peut aussi être demandée par courriel à publi@kbs-frb. be ou par téléphone auprès du centre de contact de la Fondation Roi Baudouin: 070 233 728.

(1) Cette brochure clôture un parcours organisé par la Fondation Roi Baudouin autour de ce thème.

 

 

 

Le défi est donc de savoir comment permettre à ces enfants de ne pas décrocher complètement, de se retrouver dans des filières qui ne leur conviennent pas. Une pédagogie adaptée, les moments de remédiation, la détection des problèmes à temps, des classes spécifiques: voilà autant de pistes qui peuvent être suivies, si direction, enseignants et parents sont prêts à chercher une solution ensemble.

Et pour ce qui concerne les autorités, ce trouble est-il reconnu? « Aujourd’hui , il est clair que du fait du remboursement des traitements médicamenteux , le TDA / H est effectivement reconnu . Néanmoins , il y a un problème fondamental : le remboursement est autorisé si la prise en charge est pluridisciplinaire , sous contrôle du médecin – conseil ; cela implique qu’il y ait également des mesures sociales et éducatives ainsi qu’un suivi psychologique . Or , chacun sait que les psychothérapies ou les visites chez un psychologue ne sont pas remboursées . De même pour poser le diagnostic : la consultation de psychologues est indispensable , mais ne bénéficie pas du remboursement … On peut donc dire que le gouvernement a donné des conditions que n’importe quel patient ne peut pas nécessairement se payer … Le pas suivant serait de mettre en place des centres d’évaluation financés correctement et veiller à avoir des soignants des différentes disciplines reconnus pour obtenir un remboursement et une prise en charge correcte des enfants en souffrance », conclut le Dr Xavier Schlogel.

Carine Maillard

 

Mon fils : texte d’une chanson qu’une maman d’enfant atteint de TDA/H a écrite pour son fils

Ton mal de vivre

Te bouffe la vie

Mon fils

Pour un sourire

Un rayon de vie

Mon fils

Si tu savais ce que je donnerais

Pour que tu t’acceptes comme t’es

Que tu croies en toi

Mon fils

Tu te regardes dans un miroir

Mon fils

Et tu ne voies que le noir et puis le noir

Tu te sens seul

Tu voudrais seulement

Qu’on t’aide à t’en sortir

A t’aimer comme t’es

 

R :

Il serait temps

Que tu comprennes

Que tout compte fait

Tu es comme tu es

Il serait temps

Que tu comprennes

Que tout compte fait

On t’aime comme t’es

C’est dans tes veines

Au fond de toi

Que tu trouveras

Cette force en toi

Je sais que tu l’as

Mon fils

Mon fils

 

Tu te demandes si tu es le seul à voir

Et à comprendre ton côté si noir

Ce simple monde, qui est en toi

Et dont tu n’as plus envie

Tu te sens mal

Mon fils

En toi s’entassent

Toutes les colères

Mon fils

Mais tant d’amour

Sommeille en toi

Mon fils

Il est temps maintenant

Que tu y croies

Que tu avances

Tu n’es pas seul

Mon fils

 

R :

Il serait temps

Que tu comprennes

Que tout compte fait

Tu es comme tu es

Il serait temps

Que tu comprennes

Que tout compte fait

On t’aime comme t’es

C’est dans tes veines

Au fond de toi

Que tu trouveras

Cette force en toi

Je sais que tu l’as

Mon fils

Mon fils

 

Quelques liens intéressants pour occuper nos enfants


Kidzo.net : Site de jeux pour enfants en Flash

Jeux en Flash pour enfant de 3 à 10 ans : Coloriages, puzzle, jeux de cartes, jeux éducatifs…

www.kidzo.net

 

 

Les jeux de Lulu le lutin malin. Site de jeux educatifs en ligne pour enfants de 4 a 12 ans et plus

Jeux educatifs en ligne pour enfants (maternelle et elementaire ; 4 a 12 ans et plus)

perso.wanadoo.fr/jeux.lulu

 

tralalere.com : le site musical des 3-10 ans

www.tralalere.com

 

 

 

 

Le TDA/H et la vie de couple

Le TDA/H et la vie de couple

par Kathleen Nadeau, Ph.D.

 

Il est permis de télécharger ou reproduire l’article qui suit, de créer des hyperliens s’y référant ou de l’inclure dans un site web à la condition de bien mettre en évidence en tête dudit article la déclaration suivante:

 

Ce matériel éducatif est rendu disponible grâce à la courtoisie de Darryl Peterson et de Attention Deficit Disorder Resources, un organisme sans but lucratif qui a son siège social à Tacoma dans l’État de Washington et dont l’objectif est d’aider les personnes déficientes attentionnelles à réaliser leur plein potentiel. Notre abondante documentation ainsi que notre revue trimestrielle sont en vente à l’adresse suivante: ADD Resources, 223 Tacoma AveS, #100, Tacoma, WA. 98402. – Tél.: (253) 759-5085 – Courriel (en anglais): addresources@nventure.com – Site web: www.addresources.org. – Source francophone: le TDA des adultes.

 

 

Comme, dans notre pratique, nous rencontrons de plus en plus d’adultes déficients attentionnels, nous sommes confrontés non seulement avec les problèmes du TDA mais aussi avec les problèmes et le stress que le TDA amène dans le couple. Plusieurs groupes de soutien ont surgi aux USA pour aider les parents d’enfants DA/H. Les conjoints des déficients attentionnels ont eux aussi besoin d’aide mais rien n’existe pour eux à ce moment-ci. Nous espérons que cet article attirera l’attention sur les conjoints de déficients attentionnels et incitera ces derniers, les conjoints, à rechercher de l’aide pour mieux fonctionner dans leur couple.

 

Comment sont les conjoints des déficients attentionnels? Il ne peut y avoir d’autre réponse à une question aussi générale que: «Ça dépend.» On retrouve toute la gamme des problèmes dans les familles des DA. À une extrémité du continuum, on retrouve les couples où les deux partenaires sont DA. Dans de tels couples, le problème évident est la situation de confusion et de crise perpétuelle. Les deux conjoints ont tendance à agir sans réfléchir, sans planifier, ce qui amène la confusion au quotidien. «Mais je croyais que tu allais conduire John à sa pratique de soccer! Ne sais-tu pas que ma voiture est en réparation cette semaine? – Tu ne m’as jamais dit que tu faisais réparer ta voiture. Ne te souviens-tu pas que mon cours d’éducation physique commence cette semaine et que tu as promis de conduire John au soccer?» Pour de telles familles, le traitement consiste à se concentrer sur des techniques d’organisation simples, structurées, pratiques, pour chacun des membres. Chaque conjoint est davantage conscient du manque de planification de l’autre que de ses propres oublis, et les conflits surgissent habituellement d’un blâme mutuel.

 

Cependant, la grâce salvatrice de ces familles tient au fait qu’aucun des deux conjoints ne s’attend ou n’exige de l’autre un haut niveau de clarté ou d’organisation. Si les deux sont relativement à l’aise dans la confusion et les signaux contradictoires, alors la tension est à son plus bas niveau. Toutefois, des problèmes surgissent fréquemment. Il est possible que aucun des conjoints ne sachent faire un bon usage de son temps, ne puisse suivre à la trace les états financiers ou les consultations médicales, prévoir les dépenses à venir, ou assurer le bon fonctionnement de la voiture. Les situations de crise sont donc nombreuses.

 

Bien qu’il existe de tels couples, la situation la plus fréquente est celle où un adulte DA a un conjoint structuré et organisé. Vu leurs difficultés à gérer leur vie quotidienne, les adultes DA ont souvent tendance à s’associer avec des «organisateurs». Ce dernier (cette dernière) sera celui (ou celle) qui prendra les rendez-vous chez le dentiste ou le médecin, qui contactera les ouvriers d’entretien, qui équilibrera le compte de banque, et qui se chargera de régler les impôts. Souvent cette relation prendra l’allure d’une relation mère-fils ou père-fille où un des conjoints fonctionne à plein régime alors que l’autre est maintenu dans un rôle d’irresponsable, de dépendant.

 

Dans un tel couple, les problèmes surgiront pour diverses raisons. L’un ou l’autre des deux conjoints finit par nourrir des rancunes. L’«organisateur» finit par s’attendre et à exiger davantage de participation de la part de son conjoint. Cette situation se produit souvent lorsque arrivent les enfants et que les responsabilités s’accroissent. Celui des deux qui s’est occupé d’entretenir la maison et d’équilibrer le budget est de moins en moins capable de le faire et d’assumer les multiples responsabilités qu’amènent les enfants. La tension et les conflits s’accumulent au fur et à mesure des frustrations de l’«organisateur». Le conjoint DA, avec la meilleure intention du monde, consent à assumer davantage de responsabilités. Malheureusement, vu son peu d’expérience et ses piètres qualités organisationnelles, il assumera sa tâche à peu près, à la dernière minute; souvent même, il oubliera. Ce que l’autre interprètera en disant: «Tu t’en fous, n’est-ce pas? Tu t’attends à ce que je fasse tout!»

 

De la même façon parfois, l’autre conjoint finit par maugréer contre le contrôle que l’organisateur exerce sur lui ou sur elle. Souvent, c’est un schème répandu, les adultes DA apprennent à mieux s’organiser quand ils arrivent dans la trentaine. Le conjoint «organisateur», et parfois contrôlant, sur qui on avait l’habitude de se fier dans les années précédentes, sera peut-être perçu alors comme un dominateur. Le conjoint DA acquiert de la maturité et finit par s’affirmer; il ou elle aura alors l’impression que les attentes de l’autre sont opprimantes et inutiles. Il ou elle aura le sentiment que son enthousiasme et sa spontanéité sont constamment remis en cause par son conjoint plus attentionné et plus sûr de lui.

 

La thérapie de couple devra viser à aider chacun des conjoints à changer de rôle. L’«organisateur» craindra peut-être de perdre son utilité et ultimement de perdre l’amour de son conjoint. Autant l’«organisateur» finira par trouver pénible la responsabilité qu’il ou elle a choisi d’assumer, autant aussi il ou elle sera sûr-e que l’autre ne peut pas se passer de lui ou d’elle. En thérapie, l’«organisateur» apprendra qu’il peut avoir une autre valeur pour son conjoint et que le rôle de pseudo-parent ne convient plus. D’autre part, le conjoint DA apprendra qu’il ne peut pas simplement manifester son désir que l’autre cesse de le superviser; il doit aussi assumer la part des responsabilités qu’il veut voir son conjoint céder.

 

Gestion du budget. Vu leur manque d’organisation et leur peu d’attention aux détails, les adultes DA peuvent facilement perdre la tête dans des questions financières. Ils sont incapables de prévoir les dépenses importantes à venir. Aussi, les maisons d’adultes DA sont souvent encombrées d’objets hétéroclites qui n’ont plus leur utilité: des équipements d’exercice physique qui accumulent la poussière, de dispendieuses caméras utilisées une fois et oubliées par la suite. Les difficultés financières ne sont pas dûes nécessairement à des achats compulsifs mais plutôt à une piètre organisation. Factures accumulées jamais payées. Un manque de crédit occasionné par une attitude délinquante de ne jamais payer ses factures. Un mauvais dossier financier qui finit par créer un problème quand vient le temps des rapports d’impôt. Des retraits au guichet automatique jamais comptabilisés. Des chèques sans fonds par manque de prévoyance. Souvent le conjoint DA doit admettre et accepter qu’il a besoin d’un certain contrôle et d’un support externe tel qu’une conjointe payeuse de factures, qu’il n’a besoin que d’un montant fixe d’argent de poche chaque semaine, qu’il ne doit pas avoir une carte de crédit plafonnée trop haut.

 

Le fouillis et la désorganisation. L’ordre et la propreté sont souvent des questions chroniques dans les couples dont un des partenaires est DA. À cause d’un manque d’organisation, d’énormes quantités de déchets peuvent s’accumuler. On laisse la paperasse s’accumuler avec l’intention d’y mettre de l’ordre «un de ces jours». Des accessoires de jeu ou de loisir seront rangés «temporairement» dans le vivoir ou la chambre à coucher et y resteront. La conjointe aura beau supplier de faire le ménage, ses supplications resteront lettre morte pendant des années. Ce qui sera souvent interprété comme un refus entêté de la part du conjoint DA ne sera en fait qu’une incapacité de planifier, de structurer et de compléter ce qui semble être une tâche impossible. Certains couples en arrivent à un compromis en créant une «chambre à désordre» dont on gardera la porte fermée. La solution n’est jamais simple.

 

Les «organisateurs» finissent par croire qu’ils donnent toujours sans jamais recevoir. Ils finissent par croire aussi que tout repose sur leurs épaules. Ils auront beau critiquer, se plaindre et, à l’occasion, se bagarrer, ils finiront toujours par avoir l’impression que «si une chose doit être faite, c’est eux qui doivent la faire». Ils deviennent tellement prisonniers de leur rôle de sauveur qu’ils ont l’impression que personne à la maison ne peut répondre à leurs besoins. La thérapie dans de tels cas doit permettre au conjoint non DA d’avoir le contrôle sur le temps et la manière dont les choses doivent être faites. […]

 

Les oublis. Voilà une des caractéristiques du TDA: les oublis et les absences d’esprit. Depuis le fait de se verrouiller à l’extérieur de sa voiture ou de laisser la liste d’épicerie à la maison, les difficultés peuvent aller jusqu’à oublier de noter et de se souvenir des dates importantes ou des rendez-vous importants. Le conjoint non DA connaîtra les nombreuses déceptions d’anniversaires oubliés ou d’engagements non remplis.

 

Les retards continuels (Chronic lateness). Les retards continuels sont étroitement liés aux oublis. Les adultes DA sont de piètres gestionnaires de leur temps. Ils ont tendance à s’engager tellement à fond dans une chose qu’ils en oublient tout le reste. Souvent ils sous-estiment le temps qui sera nécessaire à une activité. Surchargeant leur agenda, ils se précipiteront d’un engagement à un autre et seront constamment en retard. Même dans une journée relativement bien planifiée, pour des adultes DA, il existe toujours des possibilités d’être en retard. S’ils pensent qu’ils ont tout leur temps, ils essaieront de gagner 10 minutes de sommeil, de lire un autre article dans leur quotidien du matin, ou encore ils prendront le temps d’arrêter au dépanneur en cours de route. Il est trop facile pour le conjoint d’un adulte DA de voir dans ces retards constants un manque de prévoyance surtout lorsque l’adulte en question déteste lui-même qu’on le fasse attendre. La personne qui fait attendre les autres sur une base quotidienne sera elle-même impatiente et frustrée si on la fait attendre.

 

Déménagements et changements d’emploi fréquents. Les adultes DA ont toute une histoire d’ennuis avec leur superviseur et leurs collègues de travail, ce qui engendre souvent toute une suite d’emplois occasionnels. Les déménagements et les changements d’emploi engendreront à leur tour l’ennui, l’impatience ou les attentes irréalistes. Parfois la décision de déménager sera prise de façon impulsive sans considération des conséquences. Même lorsque le conjoint DA conserve longtemps le même emploi, sa vie professionnelle n’en sera pas moins caractérisée par la frustration et les conflits perpétuels.

 

Problèmes relationnels. Certains adultes DA ont acquis fort peu de sociabilité et portent souvent peu d’attention aux indicateurs sociaux. Ainsi, un adulte DA plutôt volubile ne se rend pas toujours compte que la personne avec qui il parle a perdu intérêt dans son trop long monologue. D’autres ennuis relationnels surgiront du fait que l’adulte DA n’a pas appris à émettre ses opinions d’une manière diplomatique. Au moment d’un désaccord, par exemple, l’adulte DA se laissera emporter par une vague d’émotions fortes et ne se rendra pas compte de son comportement offensant ou inapproprié. Aussi les adultes DA sont souvent portés à interrompre les autres dans les conversations. De tels schèmes de comportement n’occasionnent pas que des problèmes aux adultes DA, ils mettent parfois aussi les conjoints dans l’embarras.

 

Le diagnostic et le traitement du TDA des adultes sont essentiels. L’aide psychologique en combinaison avec une médication est essentielle. L’adulte DA doit reconnaître ses zones problématiques et en assumer la responsabilité; il (elle) doit découvrir des stratégies lui permettant d’améliorer son organisation et sa mémoire. La consultation peut aider à faire prendre conscience des ennuis interpersonnels que l’individu devra s’efforcer d’améliorer au travail autant qu’à la maison.

 

Contrairement à ce qu’on a souvent entendu dans le passé, les adultes DA peuvent grandement bénéficier d’une médication. Cependant la médication du TDA des adultes n’est pas chose simple et elle doit être prise en charge par un médecin, souvent un psychiatre ou un neurologue expérimenté dans le traitement du TDA des adultes.

 

La thérapie de couple peut s’avérer extrêmement utile. On peut y aborder la question de «l’utilisation du TDA en tant qu’excuse». On peut aider les partenaires à mieux solutionner leurs problèmes, à mieux identifier les rôles qu’ils ont été amenés à jouer, et à améliorer leur relation. La thérapie de couple aide également le conjoint à ne pas prendre trop au sérieux les problèmes occasionnés par un TDA de manière à désamorcer des problèmes chroniques.

 

 

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TDA/H: Trouble de l’attention (déficit d’attention) avec ou sans hyperactivité

(AD(H)D: Attention Deficit (Hyperactivity) Disorder

DA/H: déficient-e attentionnel-le avec ou sans hyperactivité

Titre original: «If Your Spouse Has ADD –

What It’s Like to Be Married to Someone with ADD»

Paru dans A.D.D. Reader, a collection of short, easy-to-read articles

by nationally-prominent authorities… p.74s

produit et distribué par ADDult Support of Washington for Adults with A.D.D.

Traduction: GLM, novembre 2002

 

Conseil du jour : la boite à bisous

La boîte à bisous

 

 

Il était une fois un ex-enfant, qui était devenu un adulte important, très sollicité et très occupé. Quand je précise important, je veux dire qu’il avait acquis dans le monde de l’éducation une certaine réputation, qu’il était consulté et donnait de-ci, de-là des conférences sur la famille et l’école. Par ailleurs il avait élevé plusieurs enfants, devenus à leur tour des adultes et depuis quelque temps il songeait à prendre sa retraite professionnelle sans y parvenir, pour se consacrer au jardinage, qui était sa grande passion.

 

Toute son enfance, cet homme avait été élevé essentiellement par sa mère, aujourd’hui âgée de soixante-dix-neuf ans, qui vivait seule dans un petit appartement dans une lointaine ville de province. Et curieusement, avec l’âge, la distance entre la mère et le fils leur semblait à l’un comme à l’autre de plus en plus longue, de plus en plus grande, de plus en plus difficile à franchir. Vous l’avez deviné, il y avait entre cet homme et cette femme âgée un attachement profond. Au-delà des sentiments d’affection et d’amour qui circulaient entre eux, s’était développée au cours des vingt dernières années une relation d’échanges et de partages qui apportait beaucoup à l’un et à l’autres.

 

Mais aujourd’hui la distance qu’il y avait entre eux commençait à peser, surtout à la mère. Elle trouvait qu’elle ne voyait pas beaucoup son fils et en tout cas pas suffisamment. Bien sûr ils se téléphonaient, il lui envoyait des petits mots, des poèmes, des petits dessins humoristiques, elle lui répondait toujours dans le jour qui suivait, mais cette maman trouvait que cela ne remplaçait pas sa présence, et surtout les petits bisous de tendresse qu’ils pouvait se donner quand ils étaient proches l’un de l’autre. L’homme se rappela avoir lu quelque part que, lorsqu’une situation est bloquée au niveau de la réalité, on pouvait toujours tenter de l’ouvrir et de la nourrir en pratiquant des démarches symboliques. Comme il était un petit peu bricoleur, il décida de fabriquer une boîte à bisous et de l’offrir à sa mère.

 

Vous ne savez peut-être pas comment fonctionne une boîte à bisous? C’est relativement simple, à condition de respecter quelques consignes élémentaires. Tout d’abord, la boîte doit avoir un couvercle qui s’emboîte très soigneusement, de façon à ne rien laisser échapper de son contenu quand elle n’est pas utilisée. Mais vous devez l’avoir toujours proche de vous, dans un lieu d’intimité pour pouvoir vous en servir à votre convenance. Après avoir rempli la boîte de bisous variés, d’intentions de tendresse et de pensées positives, vous refermez le couvercle et l’offrez à la personne de votre choix. Le destinataire, le soir de préférence, ou à d’autres moments de la journée quand le besoin s’en fait sentir, peut soulever délicatement le couvercle et accueillir ainsi un baiser ou deux, à lui seul destinés, ou encore recevoir un message de tendresse sous la forme d’un pétale de rose ou d’une graine de tournesol. Il doit faire très attention et ouvrir la boîte à bisous avec précaution, car les baisers sont très volatils, ils ont tendance à se répandre dans la nature à le recherche de ceux qui peuvent les accepter.

 

Quand la boite est vide, celui qui la possède peut demander à la personne significative de sa vie de la remplir et de la renvoyer soigneusement fermée. Ainsi le jour arriva où la mère de cet homme, après avoir accueilli son fils chez elle pendant un court séjour, se vit offrir une belle boite en bois de santal, avec une très belle forme, très parfumée, délicatement décorée. Son fils lui expliqua qu’il s’agissait d’une boîte à bisous et lui apprit comment elle fonctionnait.

 

«Chaque fois que je viendrai te rendre visite, je remplirai la boîte de bisous pour toi toute seule, maman. Je te demande de veiller à ne pas l’ouvrir trop vite, à ne pas la laisser à portée de tes petits-enfants, qui, eux, sont de très grands consommateurs de bisous et auraient vite fait de vider ta boîte en une seule soirée…»

«Tu es sûr que cette boîte est pour moi toute seule»?

«Pour toi toute seule! D’ailleurs les bisous que je dépose dedans je ne les destine à personne d’autre qu’à toi, maman. C’est une façon pour moi d’être présent, proche de toi, et de témoigner de mon affection tous les jours».

«Elle me semble un peu petite, tu ne crois pas»?

«Elle paraît petite, mais elle contient beaucoup, beaucoup de bisous, de pensées tendres pour toi»!

«Et quand la boîte sera vide, je pourrai t’appeler pour que tu viennes la remplir à nouveau»?

«Je vois que tu as bien compris le fonctionnement de ma boîte à bisous»!

 

Au début, cependant, ce ne fut pas aussi simple que cela. La mère avait tendance à ouvrir sa boîte plusieurs fois par jour, en l’approchant de son visage et même de son oreille gauche, car elle était un peu sourde de la droite. Un matin même, un peu inquiète, elle voulut vérifier s’il y avait encore des bisous et ouvrit la boîte avec un peu trop de précipitation, ce qui fait que la plupart des bisous s’envolèrent. Mais, après quelques semaines d’entraînement et d’apprivoisement mutuel, la boîte à bisous fonctionna parfaitement. Et fut acceptée avec beaucoup de respect par la maman. La vielle dame et elle s’entendirent à merveille jusqu’à la fin de sa vie.

 

Si vous ne voulez pas me croire, faites un jour l’expérience et offrez une boîte à bisous à ceux que vous aimez….quand ils sont loin de vous.

 

Jacques Salomé

 

« Il est temps de commencer à changer le système d’éducation pour aider les enfants aux prises avec le TDA/H à réussir à l’école.

Des interventions éducatives sont nécessaires à tous les niveaux, qu’il s’agisse de la formation avant et pendant l’emploi pour mettre à jour les connaissances des enseignants sur le TDA/H ou de l’adoption de stratégies d’enseignement pouvant être utilisées dans les classes ordinaires pour faciliter la réussite scolaire chez les élèves ayant un TDA/H.

Ces stratégies doivent tenir compte des caractéristiques cognitives et comportementales du TDA/H.

Les stratégies visant à répondre à des besoins scolaires particuliers (p. ex., stratégies d’étude, habiletés de lecture et d’écriture) peuvent être utilisées de manière à réduire la charge cognitive imposée sur la mémoire de travail des élèves (p. ex., appui pédagogique, aides à l’enseignement, outils habilitants) et à favoriser une parti-cipation cognitive de haut niveau. »

– Tannock, Martinussen et Chaban, 12 avril 2005