Les bulles

Je suis né remplis de bulles.
Je les connais bien. Elles sont là dans mon ventre.
Elles flottent, virevoltent, se gonflent, rétrécissent…

Maman dit que tout le monde a des bulles. Elle les appelle les émotions.

Avec le temps, j’ai appris à les connaître.
I y a …

La bulle d’AMOUR. Celle-là je l’aime bien. Elle est toute ronde, toute chaude, toute douce.
Elle se gonfle quand je suis heureux, et ça me fait rire.

La bulle de COLERE. Celle-là elle est horrible. Elle gonfle tellement parfois que j’en ai mal au ventre. Elle est toute noire et toute piquante.

La bulle de la PEUR est bizarre. Elle sursaute partout dans mon ventre, et il faut en appeller une autre pour la calmer.
Des fois elle se calme avec la bulle d’amour. Quand ma maman arrive par exemple. Mais des fois, elle appelle la bulle colère parce qu’elle ne trouve pas celle de l’amour, et alors je suis tout énervé et fâché puis je me fais gronder.

Le soucis avec les bulles, c’est de pouvoir les commander. Il faut les contrôler pour qu’il n’y en ait pas une qui écrase l’autre, ou qui me fasse faire quelque chose de mal.
Maman m’a expliqué que normalement, on a tous un « Maréchal bulle ». C’est une bulle d’intervention spéciale, un super-policier. C’est elle qui est en contact avec notre tête.

Le maréchal fait obéir les bulles. « Hé toi Colère! Calmes-toi tu etouffe tout le monde!! »
Et normalement les bulles obeissent…

Le problème que j’ai moi, c’est qu’il parait que je suis né sans maréchal. Ma tête a beau ordonner, les bulles n’obeissent pas sans bulle maréchal.

Alors maman m’a emmené chez le docteur. Il m’a posé des tas de questions, m’a ausculté, puis il m’a dit :

« Hum…je vois. Pas de maréchal chez toi. Ce qu’on va faire, c’est que je vais te donner un médicament. Ce médicament va placer dans ton ventre une « bulle de remplacement ». Malheureusement, il n’existe pas de bulle de remplacement du niveau d’un maréchal. Tu devras donc te debrouiller avec un colonel. »

Les colonels, c’est comme les marechaux. Mais ça a beaucoup moins d’expérience! Alors mon travail à moi, c’est d’entraîner mon colonet à diriger les bulles.

Par exemple quand la bulle de colère devient tellement grosse qu’elle veut etouffer toutes les autres, c’est à moi d’aider le colonel à la calmer.

Avec le temps, on y arrive. Mais ce n’est pas facile. On se fatigue beaucoup.

Des fois, je suis tellement occupé à contrôler mes bulles, que je n’entend pas ce que demande la maîtresse. Alors je me fais gronder.
Ou bien alors, j’ai tellement bien tout contrôlé à l’école, qu’à l’heure du goûter je suis fatigué et que mes bulles en profitent pour faire n’importe quoi dans mon ventre. Et moi ça me fait courir partout et crier aussi. Et maman n’est pas contente…

Ce qui est pratique quand on n’a qu’un colonel, c’est que notre bulle d’amour, on peut la laisser gonfler très fort.
Et que du coup, on peut la partager beaucoup plus facilement.

Moi, comme j’en ai beaucoup de celle-là, j’en offre à tous ceux que je rencontre.
Maman dit qu’avec mes morceaux de bulle d’amour et un peu de patience, les gens arriveront à en former une nouvelle.

La bulle de tolérance.

Tarek et Caroline 2009

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