Lettre que Vincent, ado atteint de TDA/H a écrite à ses parents.

Lettre que Vincent, ado atteint de TDA/H a écrite à ses parents.

Y’a une question que je me demande avant de me coucher le soir …
Savent-ils au moins qui je suis ?
Pourquoi me regardent-ils d’une drôle de manière ?
Pourquoi ne me regardent-ils même pas du tout ?
Pourquoi je semble étranger à leurs yeux ?
Pourquoi me fait-on porter le blâme chaque fois que quelque chose va de travers ?
Savent-ils vraiment qui je suis ?
Pourtant, je les connais depuis longtemps …

J’habite avec eux, sous le même toit, depuis des lunes déjà …
Aussi loin que je puisse me souvenir, je suis leur frère, leur fils …
Pourquoi me traitent-ils différemment des autres ?
Pourquoi ?
Ai-je fait quelque chose de mal ?
Quelque chose qui les auraient dérangé ?

Ces temps-ci, je n’existe pour eux que dans les moments où ils ont besoin de moi …
Des trucs, des astuces, j’en ai à revendre …
Des idées, j’en oublie tellement j’en ai …
Mais j’ai toujours été mis à part, donc je me suis retiré tranquillement…
Tranquillement mais sûrement …

J’ai commencé à me taire sur mes idées personnelles, de peur de me faire écraser …
De peur aussi de déplaire, sûrement …
Si vous trouvez que je ne parle pas beaucoup, que je ne suis pas souvent là …
Si c’est le cas, vous venez à peine de vous ouvrir les yeux …

J’ai toujours été comme je suis maintenant, seulement, vous ne me voyiez pas …
Maintenant que vous commencez à me voir, il est trop tard pour comprendre …
J’ai vieilli, j’ai grandi en maturité, j’ai changé …

Maintenant, j’ai trouvé une personne qui m’aime pour ce que je suis …
Cette personne m’aime parce qu’elle s’est ouvert les yeux au bon moment pour me dire :
 » Je t’aime comme tu es, comme tu l’as toujours été …  »
Cette personne, je ne la force pas à m’aimer, elle m’aime de cœur …
J’ai trouvé en elle tout ce que j’ai toujours voulu retrouver chez une personne …
Elle me fait confiance, elle me comprends, elle me complimente …
Même si ce n’est souvent pas beaucoup, j’apprécie qu’on me parle de ce que je fais de bien …
Pas seulement de ce que je fais de mal …

On ne me dit pas que ce que je fais c’est bien …
On ne s’informe pas sur ce que j’aime, sur ce que je fais …
On se ferme les yeux en se disant qu’elle sait ce qu’elle fait …
Je suis à une période difficile de ma vie …
Je me demande sans cesse si je fais les bons choix …
Pour ça, vous ne m’aidez pas non plus …
J’ai besoin de vous autant que j’avais besoin de vous avant …

Cette lettre, je l’écrit pour mon frère et mon père …
Le frère qui fait tout, mais qui reçoit en échange …
Là est la différence avec moi …
Ce que je fais, on en entend jamais parler …
Lui, il lève le petit doigt et tout le monde le suit …
Simple exemple, c’est un sportif …
Je l’ai déjà été moi aussi, il y a longtemps …
J’ai lâché par manque d’intérêt …
On ne venait jamais me voir jouer, lui on s’en voulait de manquer un de ses matchs …

Aujourd’hui, il est dans l’élite de sa discipline …
Moi je me retrouve derrière un bureau et je travaille dans l’ombre …
Je travaille pour que des jeunes comme lui puissent pratiquer le sport qu’ils veulent …

En finale de mon texte, j’aimerais lancer un message à ces deux personnes …
Je me nomme David, j’habite à la même adresse que vous …
Je suis votre frère …
Je suis votre fils …
J’ai besoin de vous …
Besoin de votre soutien, de votre encouragement, de votre support moral …
De vos paroles quand je suis dans le besoin …
Besoin de votre amour …

…parce que je vous aime.

Vincent

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La complainte de l’élève atteint de TDA/H

La complainte de l’élève atteint de TDA/H

Je ne fais pas exprès
d’être à côté du sujet
parce que souvent dans la lune,
et qu’à gauche je tiens ma plume,
si j’écris comme un cochon,
et suis fâché avec la conjugaison,
de collectionner
les zéros en dictée,
remarques concernant
le comportement;
colles pour cahiers oubliés
ou devoirs non faits.
On me dit intelligent
voir précoce mais à l’école pourtant
je n’ai ni la cote,
ni les notes.

Je ne fais pas exprès
si mes contrôles sont inachevés
quand les trilles des oiseaux
me rappellent qu’il fait beau
et qu’il serait bon de lancer le bouchon
et taquiner le goujon
ou faire à vélo
une grande rando.
 » C’est fini,
il faut rendre copie  » !
Avec toutes ces questions
et mon trouble de l’attention
ce n’est pas encore cette fois,
que ma moyenne décollera.

Je ne suis qu’un élève solitaire
et pas sectaire,
qui a le désir de réussir,
mais repousse le moment d’agir,
qui voudrait tant mais ne peut rien
et rate tous ses examens.
Car je vis l’heure présente
et seul compte intensément
le plaisir de l’instant
et ne comprends ces humains
qui se soucient du lendemain.

Une psychothérapie ?
Aucun psy l’ouïe
ou la vue,
n’a encore rendu.
Être myope du cerveau,
est un sacré défaut
et il faudrait me dire
comment tenir
la vitesse et le cap
avec un tel handicap.
Et comme c’est pas inscrit  » ATTENTION
DÉFICIT DE L’ATTENTION  »
sur mon front,
alors je subis tous les affronts :
 » pas assez d’efforts  »
c’est trop fort !

Je ne l’fais pas exprès,
mais me faire redoubler,
ce ne sera pas comme cela
que je retrouverai l’estime de moi.
On veut m’apprendre l’anglais
alors que je peine en français.
Et si mes profs se désespèrent
de me voir appliquer la grammaire,
que dire des miens
qui sans aucun soutien,
entre un impulsif et un hyperactif,
s’ils pensent trop au certif,
ils tirent une drôle de mine
quand c’est pas la déprime !

Car pour me comprendre, c’est pas compliqué :
c’est vrai la dictée, c’est pas ma tasse de thé,
tandis que l’oral, c’est mieux pour l’moral
mis à part l’calcul mental
qui a pour effet
de me vider.
la carotte ?
c’est pas les notes.
le bâton ?
c’est pas bon :
les limites,
on me les a inscrites :
j’en ai le cuir tellement tanné
que je suis blindé.

Pour avancer
c’est pas compliqué :
quand on est différent,
c’est encouragements qu’on attend
et pas redoublement.
Mesdames et Messieurs les enseignants,
a dit le Ministre :
plus de professionnalisme,
de la nouveauté sans cesse renouvelée,
vous adapter, expérimenter et persévérer.
Régler les difficultés
c’est quand même votre métier !

Je ne suis qu’un élève insouciant
et indolent
sans doute un peu accro
aux jeux vidéo
et à l’ordi,
mais qui aime trop la vie.
Et vous les grands
qui suivez un traitement,
où elle est
votre volonté
pour arrêter la cigarette
et qu’y verriez-vous sans vos lunettes ?

Pour retrouver l’attention,
réussir mes opérations
et être bon en conjugaison
parler l’anglais
aussi bien qu’le français
être calé en dictée,
avoir la mémoire,
finir mes devoirs
et me redonner de l’espoir,
ne plus être qu’actif,
travailler au superlatif
et obtenir le certif
ne plus être imbuvable
et insupportable
et redevenir acceptable,
retrouver le contrôle,
changer de rôle
c’est trop drôle,
dégager de bonnes ondes
et faire la fête tous en ronde,
comme dans « Le meilleur des mondes »
de ce cher Huxley
un cachet bien dosé
il faudrait inventer !

Parce qu’elle calmerait les ardeurs,
ce serait la pilule du bonheur ?
Parce qu’elle procurerait des accessits,
ce serait la pilule de la réussite ?
Tout écolier il est vrai
en rêverait,
quand c’est pas les ados
pour le bachot,
les parents
pour s’éviter des tourments
les fatigués,
et les déprimes,
pour voir la vie en rose
et sortir du morose,
mais ce serait la détourner
de Rita et de Line à qui elle a été prescrite
pour pallier au déficit.
Tel le myope,
des verres correcteurs il porte,
qui trouve encore déplacé
de vouloir compenser ?

Mais je ne suis qu’un élève rebelle
et gare à untel
en situation
de frustration
qui ne saura voir venir
quand je commence à bouillir :
si je réponds,
il ne faut prêter trop attention,
si je crie fort et brandis le poing,
je ne mords point
si ça peut rassurer.
Et si un jour je suis traité,
ce sera faire l’impasse,
déjà ça’m tracasse,
de mes émotions,
mon imagination,
ma sensibilité
et spontanéité.

Mais rien n’est simple dans la vie,
je n’ai pas de soucis,
je ne suis que romance,
je ne suis qu’insouciance,
pourtant je suis triste dès le matin,
cache au plus profond du chagrin
et arrivé le soir
je crie mon désespoir.
Une abeille butineuse,
une fourmi travailleuse
vous pensez faire de moi ?
Moi je me vois
en face
d’un public venu en masse
illusionniste,
acrobate ou pianiste.

Puisque TDA/H on ne guérit pas,
plus tard ce qu’il faudra,
trouver la bonne inspiration
et la bonne solution,
comme se sentir utile pour le téléthon,
mais surtout pas me faire courir un marathon.
Que faire d’un élève souvent amer
et un peu en colère,
au coeur si noble mais influençable ?
C’est insupportable,
dans notre jungle, il est tout nu
et va se faire manger tout cru.

Vous autres Léonard, Antoine, Albert, *
on m’a dit qu’hier
vous étiez pareils.
Illustres contemporains,
Créateurs, savants et écrivains,
vous vous êtes accomplis.
Alors à tous les incompris
écoutez au moins cette leçon : vive la vie,
le génie
c’est pas pour aujourd’hui
mais demain
tous les espoirs sont entre vos mains.

Texte sous Copyright
publié avec l’autorisation de l’auteur
YC – 2002

* Léonard de Vinci, Antoine de Saint Exupéry,
 » L’imagination est plus importante que le savoir.  » Albert Einstein

source : http://www.tdah.be

Aimer c’est

Aimer c’est…

Aimer, c’est faire les cents pas après minuit, essayant d’apaiser tes pleurs par des berceuses, alors que tout mon être réclame le repos.

Aimer, c’est le dessin d’un géant écarlate sans bras et avec un seul œil, sous lequel on lit ces mots inoubliables, écrits d’une main tremblante:  »Ma maman est formidable »

Aimer, c’est lire la même histoire six soirs de suite, sans sauter un seul détail.

Aimer, c’est le dernier bonbon collant dans le sac en plastique légèrement léché et saupoudrée de sable et de poils de chien, mais que tu n’as pas mangé, parce que tu avais décidé de le garder pour moi.

Aimer, c’est la tasse de thé tiède et le biscuit mouillé placés avec tendresse a six heures et demi du matin près de mon lit, pour que je n’ai pas a me lever le jour de mon anniversaire.

Aimer, c’est choisir de dire  »non », même si tout le monde le fait.

Aimer, c’est mettre chemise et cravate pour le mariage de ton cousin, parce que nous te l’avons demandé.

Aimer, c’est te laisser partir, la gorge serrée, une prière au fond du coeur et un sourire aux lèvres, tandis que tu franchis la porte pour faire ton entrée dans le monde.

Aimer, c’est lutter pour partager avec toi les valeurs sur lesquelles notre vie est fondée, pour que toi, l’enfant du présent, tu aies un avenir clair et lumineux.

Intervention de l’asbl TDA/H Belgique lors de l’émission RTL+ du jeudi 11 mars 2010

Bonjour,

Voici plus ou moins mon intervention lors de l’émission de ce midi.J’ai retranscris de mémoire donc il y a surement quelques différences avec ce qui a été dit à l’antenne.

Amitié et chocolat belge

Pascale De Coster
Fondatrice TDA/H Belgique

TDA/H Belgique
http://www.tdah.be

Bonjour,
Je viens d’entendre tout qui vient d’être dit et au nom de l’asbl TDA/H Belgique et de toutes les personnes touchées par le TDA/H j’aimerais réorienter le débat.
Le Trouble Déficitaire de l’Attention est un trouble neurologique qui entraine de grandes difficultés d’apprentissage et d’adaptation scolaires et sociales.

Il faudrait s’intéresser à ses causes et conséquences à la place de focaliser sur la médication qui n’est qu’un angle extrêmement réducteur du problème.

Les parents se battent au quotidien contre le TDA/H de leur enfant.
Et à cela il faut ajouter la culpabilité générée par le regard des autres qui stigmatisent les enfants TDA/H et les prétendent mal élevés alors que c’est tout le contraire.
Toutes ces paroles isolent ces enfants et familles dans leur différence.

L’essentiel me semble avoir été aujourd’hui oublié : la souffrance.
Celle de l’enfant TDA/H qui se sent différent, bête, fou, rejeté, incompétent, nul et totalement incompris.
Celle des adultes atteints.
Celle des parents qui malgré leur amour et investissement quotidien voient leur enfant souffrir.

Aucun enfant atteint de TDA/H ne devrait dire :
– Est-ce que ça va être toujours comme ça la vie ? Parce que si oui, moi je ne veux plus vivre.
– J’en ai marre d’être moi, je veux être comme tout le monde.
– Maman, ma vie est trop dure. Je ne veux pas continuer, je veux mourir.

Le seul moyen de pallier à cette souffrance est de faire connaître et reconnaître le TDA/H pour ce qu’il est vraiment.

L’association TDA/H Belgique se bat jour après jour via son site internet, ses conférences, ses brochures et tant d’autres actions pour aider toutes les personnes atteintes de TDA/H à devenir des adultes heureux et épanouis.
J’espère que vous nous y aiderez.

La guitare contre l’hyperactivité

La guitare contre l’hyperactivité

Apprendre la guitare permettrait à l’enfant hyperactif d’améliorer son comportement, sa motricité et ses apprentissages en classe. Faire de la musique lui donnerait aussi le goût de la réussite.
« L’impact le plus probant est certainement celui de la motivation et de l’estime de soi », rapporte l’étudiante en éducation de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), Linda Essiambre. La thèse de doctorat de l’enseignante en français de la Commission scolaire des Phares de Rimouski démontre qu’il existerait même des liens entre l’apprentissage de la musique et du français chez ces jeunes. Cette étude fera bientôt l’objet d’un livre à paraître aux Presses de l’Université du Québec (PUQ).
Les bénéfices de la guitare
Amélioration de la motivation, goût de la lecture et de la mémorisation, jouer d’un instrument serait une expérience très positive pour les jeunes vivant avec un trouble de déficit d’attention avec hyperactivité (TDAH). « On répète à ces jeunes qu’ils ne sont pas capables. Et là, ils réussissent à apprendre un nouveau langage, celui de la musique! », s’exclame la chercheuse.
Ce sujet d’étude s’est imposé de lui-même lorsqu’elle a constaté les bénéfices de l’apprentissage de la guitare sur son fils. Diagnostiqué TDAH lorsqu’il était enfant, Charles-Frédéric, maintenant âgé de 22 ans, poursuit aujourd’hui des études supérieures à l’UQAR. Pour son fils, la pratique de cet instrument de musique a remplacé l’habituelle médication. « Ses huit années de guitare l’ont motivé pour poursuivre sa scolarité. Elle a été une bouée de sauvetage », soutient-elle.
La musique adoucit les mœurs
Contrairement à d’autres instruments de musique, comme les percussions ou le violon, la guitare sèche semble avoir eu un effet calmant auprès des élèves étudiés (six garçons et une fille, tous élèves de 4e secondaire, diagnostiqués TDAH).
Cette année d’apprentissage de la guitare a été positive : diminution de l’agressivité, amélioration du contrôle de soi, meilleure perception de soi, motivation et goût de la réussite. « Cela a permis de restaurer leur confiance en leurs capacités. Quatre d’entre eux sont même montés jouer sur scène au gala Méritas de leur école », rapporte la chercheuse.
Si leurs notes sont majoritairement restées les mêmes qu’auparavant, de nombreux enseignants ont tout de même relevé une grande amélioration de leur attitude en classe. Un autre effet secondaire de l’apprentissage de la musique!

source : http://www.sciencepresse.qc.ca/node/22560

«Enseigner au XXIe siècle implique de renoncer à certaines méthodes, qui ont pu séduire autrefois parce que l’école fonctionnait selon le modèle d’exclusion et éliminait impitoyablement tous ceux qui n’entraient pas dans le moule. Assumer résolument la diversité des élèves d’aujourd’hui suppose des évolutions pédagogiques majeures.»
Danielle Alexandre. Les méthodes qui font réussir les élèves (esf, 2011)