Le Trouble de l’attention chez l’adulte: la souffrance intérieure

Le Trouble de l’attention chez l’adulte: la souffrance intérieure
par Lynn Weiss, Ph.D.

Il est permis de télécharger ou reproduire l’article qui suit, de créer des hyperliens s’y référant ou de l’inclure dans un site web à la condition de bien mettre en évidence en tête dudit article la déclaration suivante:
Ce matériel éducatif est rendu disponible grâce à la courtoisie de Darryl Peterson et de Attention Deficit Disorder Resources, un organisme sans but lucratif qui a son siège social à Tacoma dans l’État de Washington et dont l’objectif est d’aider les personnes déficientes attentionnelles à réaliser leur plein potentiel. Notre abondante documentation ainsi que notre revue trimestrielle sont en vente à l’adresse suivante: ADD Resources, 223 Tacoma AveS, #100, Tacoma, WA. 98402. – Tél.: (253) 759-5085 – Courriel (en anglais):
addresources@nventure.com – Site web:www.addresources.org. – Source francophone: le TDA des adultes.

Les personnes affligées d’un TDA (trouble de l’attention) sont terriblement conscientes de leurs problèmes (bien qu’elles en ignorent la provenance).

Elles savent mieux que quiconque l’écart entre leur potentiel et leurs réalisations concrètes. Et elles en ressentent une grande souffrance. Comme ces enfants et adolescents dont nous avons vu qu’ils savaient comment compléter leurs travaux scolaires mais ne pouvaient simplement pas se concentrer suffisamment pour y arriver. Et ils subissaient pour cela le blâme de leur entourage. Que ne sont-ils démunis et tourmentés.

À l’âge adulte, une personne DA (déficiente attentionnelle) aura une idée quant à la façon de résoudre le problème de liquidité financière de sa compagnie, mais elle sera incapable de colliger les informations nécessaires dans un rapport à remettre à son patron. Que ne sera-t-elle constamment frustrée! C’est à vous en dérégler l’estomac! Et c’est d’autant plus pénible que, d’aussi loin qu’elle se souvienne, la personne a toujours été ainsi.

Le deuil

L’incapacité d’assumer son potentiel crée un sentiment de perte. Et, comme dans toute perte, la perte de capacités présuppose un deuil et toutes les émotions inhérentes au deuil, c’est-à-dire le déni, la colère, le marchandage, la dépression et, finalement, la saine conclusion: l’acception de sa perte. Vient ensuite une vie remplie et sereine. Mais souvent il faut de l’aide pour assumer un deuil.

Pour les personnes DA non diagnostiquées et non traitées, ce deuil n’a jamais été assumée car la perte n’a jamais été identifiée. En conséquence, ces personnes sont prisonnières de la colère ou de la dépression qui sont pourtant normales pour des personnes en deuil. Au point de départ, la colère et la dépression non résolues ne sont ressenties que pendant l’enfance ou l’adolescence, à l’école. Mais elles seront ressenties également dans toute situation d’apprentissage ou de tâche à accomplir. Ainsi ces personnes seront frustrées et dépressives en permanence.

La colère

Voilà l’émotion la plus courante pour les personnes qui ont un déficit d’attention. Cette colère sera déclenchée par un incident anodin ou parfois même par aucune cause apparente, tout au moins aux yeux de l’entourage.

Les personnes DA souffrent de leurs colères incontrôlées pour de multiples raisons et sans doute aussi à cause d’un deuil non résolu. Entre autres raisons, le déficit d’attention rend la personne moins efficace qu’elle ne le serait normalement, d’où la frustration. Parce que la personne est incapable de contrôler son TDA, elle a l’impression d’avoir perdu le contrôle de sa vie et elle se sent démunie. La frustration et l’impuissance font mal, très mal. Et la colère est une défense spontanée contre la souffrance. Mais il y a toujours un sentiment sous-jacent à la colère, c’est l’impuissance, le désespoir, la peur ou la frustration.

Le débordement émotif

Le débordement émotif est un autre facteur sous-jacent à la colère des personnes déficientes attentionnelles qui s’ignorent. L’expression «l’émotivité à fleur de peau» a été conçue sur mesure pour elles. Elles sont tellement hypersensibles qu’elles sont incapables de trier les émotions agréables des émotions désagréables. Elles absorbent toutes les émotions instantanément et sans distinction au point qu’elles en sont inondées.

L’impression de débordement émotif fait que la personne DA se sent menacée et confuse, et elle réagit alors en désespoir de cause comme pour sauver sa peau.

Elle est consciente de tout ce qui se passe autour d’elle, elle a le coeur sur la main. On dira souvent qu’elle exagère, mais il n’en est rien si on tient compte de ce qu’elle ressent dans sa peau. Il nous semble à nous qu’elle exagère, mais si nous tenons compte de l’intensité des émotions qui l’habitent, ses réactions sont compréhensibles.

La vulnérabilité crée le besoin de se protéger; c’est ainsi que la personne s’enrage et pique des colères à propos de tout et de rien. «Éloignez la souffrance», voilà ce que veulent dire ses sautes d’humeur. Souvent la cause de ces sautes d’humeur est exagérée, mais elle est toujours là. Un mécanisme de défense? direz-vous, et vous aurez raison. Un mécanisme nécessaire aussi longtemps que la personne DA n’aura pas trouvé une façon plus efficace et moins dommageable de se protéger.

La confusion

On trouvera dans la personne DA non traitée la tristesse de se faire reprocher constamment d’être dans la lune, la douleur d’être méprisée, rejetée, ou parfois même physiquement punie pour un travail qui n’a pas été fait, qui ne pouvait pas être fait. On trouvera l’impuissance à comprendre ce qui a mal été, et ce qu’on aurait pu y changer. On trouvera aussi un désespoir profond.

Plus souvent, on y voit la confusion. «Pourquoi est-elle fâchée contre moi», demande le mari, «puisque j’ai fait de mon mieux.» Comme cet homme qui amène sa femme au restaurant, étant convenu qu’il paiera la facture, mais qui s’engage dans une conversation avec quelqu’un d’autre en faisant le plein d’essence, et dont la femme se demande ensuite où il est parti. Pourquoi es-tu fâchée contre moi? Pourquoi suis-je incapable de me concentrer sur ce que je dois faire? Pourquoi ne puis-je pas me rendre du point A au point B sans me laisser distraire? Qu’est-ce que je fais dans la vie?

Souvenons-nous que les personnes déficientes attentionnelles non diagnostiquées et non traitées trouvent que le monde est bourdonnant, affairé, tout va trop vite. Elles sont incapables d’apprivoiser leur environnement, de bloquer les stimuli indésirables qui leur empoisonnent l’existence. Ce n’est pas seulement le monde qui les rend confuses, mais aussi leurs réactions.

Les personnes qui ont un déficit d’attention sont colériques, frustrées, confuses et hors d’elles-mêmes. Elles sont parfois dépressives chroniques, prisonnières de leur deuil, un deuil dont elles ignorent l’objet. Leur crainte de l’échec est énorme et invalidante. Il n’y a pas de quoi à s’étonner quand on sait que leur vie entière n’est qu’une suite interminable d’échecs. Pourquoi une personne si habituée à l’échec entreprendrait-elle de nouvelles expériences ou s’engagerait-elle dans de nouvelles situations qui ne lui vaudront que de nouveaux échecs?

Tel est l’enfer des personnes qui doivent vivre avec un TDA.

Extrait autorisé du livre Attention Deficit Disorder in Adults
par Lynn Weiss, Ph.D, psychothérapeute et conseillère.

 

TDA: trouble de l’attention (déficit d’attention)
DA: déficient-e attentionnel-le
Source:  http://add.about.com/health/add/library/weekly 
Traduction: GLM, juin 2001.

 


 

 

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