Aide-moi derrière mon masque : Texte rédigé par un jeune adulte qui vient d’être diagnostiqué TDA/H

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Je te donne l’impression que je suis fort
je te donne l’impression que je suis sécure
que tout est ensoleillé en moi
à l’intérieur comme à l’extérieur.
Que « confiance » est mon nom
et que « calme » est mon surnom.
Que la mer est calme et que c’est moi le maître.
Que je n’ai besoin de personne
et que je m’arrange tout seul…
Mais ne me crois pas,
je t’en supplie, écoute ce que je ne dis pas…
Regarde-moi, tout semble bien aller;
je fais un visage sévère ou je ris tout le temps,
mais sous mon vrai masque toujours changeant qui me cache,
là est mon vrai moi, mon moi confus, apeuré, seul,
mais je le cache depuis si longtemps.
Personne ne doit le savoir,
mes faiblesses me font peur,
alors je joue au plus fort et j’ai peur
que l’on découvre ce petit enfant enfermé en moi,
qui a tellement soif d’amour et de tendresse
et qui aurait le goût de pleurer.
Alors, je me protège contre toi,
j’ai peur d’être découvert.
Je me protège de ton regard de bonté,
de ton oreille trop attentive.
J’ai peur que ton regard et que ton écoute
ne soient pas suivis d’accueil et d’amour.
J’ai peur que comme les autres tu me laisses tomber.
J’ai peur de baisser dans ton estime
alors je fais semblant d’être un autre
en disant par mon attitude « ne m’approche pas ».
Et pourtant, je voudrais que tu approches.
J’aurais besoin de t’ouvrir mon coeur
mais j’ai peur que tu ries de moi.
et si tout à coup tu riais de moi,
ton rire me ferait mourir et l’enfant blessé en moi
s’en remettrait très difficilement.
J’ai peur, j’ai peur de ma fragilité
et j’ai peur de ton regard,
j’ai peur que tu découvres qu’au fond de moi,
je ne suis rien
et que je suis si tendre, si fragile, si faible
là où toi tu parais si fort.
J’ai peur que tu vois que je ne suis
qu’un petit enfant blessé sous ma carapace.
Un petit enfant qui a refoulé ses larmes depuis si longtemps.
J’ai peur que tu le voies et me rejettes.
Alors je joue mon jeu, je fais semblant,
je me durcis, je fais des farces,
je joue mon jeu de théâtre
avec mon décor d’homme fort,
mon décor extérieur de sécurité.
Et pourtant, à l’intérieur, je tremble.
Je tremble comme un enfant fragile.
C’est pour cela que je m’amuse
à te parler de n’importe quoi.
Je te dis des riens et je te parle de tout,
sauf de ce qui crie en moi.
Je te parle de tout sauf de mon coeur,
sauf de ma blessure qui saigne.
Mais je t’en supplie,
ne te laisse pas tromper
par mon attitude froide, ou fermée, ou trop superficielle.
Je t’en supplie, écoute mon coeur qui ne parle pas,
mais qui aimerais tant pouvoir le dire pour me libérer.
Car toi seul pourrait me faire croire
que je vaux vraiment quelque chose,
qu’il y a du bon en moi
et que quelqu’un pourrait m’aimer pour moi-même.
Je voudrais m’ouvrir à toi.
Je voudrais être spontané, tendre et vrai;
car au fond, je déteste me cacher
et jouer ce jeu de masques
que je joue depuis si longtemps.
Je voudrais être moi-même mais je n’ose pas, j’ai peur.
J’ai peur de ne pas être accepté.
J’ai peur d’être jugé, rejeté,
et je suis enfermé derrière les barreaux de ma prison intérieure
et ne sais plus comment ouvrir la porte.
Alors je t’en supplie, approche-toi doucement…
il faut que tu m’aides.
Écoutes ce que je ne dis pas
et aime-moi derrière mon masque.
Peut-être que par ton amour inconditionnel
qui capte au-delà des apparences et des mots,
j’apprendrai à aimer la personne que je suis!!!

Texte rédigé par un jeune adulte qui vient d’être diagnostiqué TDA/H

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L’hyperactivité : au-delà des a priori

L’hyperactivité : au-delà des a priori

L’histoire du TDAH est marquée, dès le début du siècle dernier, par les premiers travaux scientifiques du Dr George Still, médecin londonien. Depuis lors, les recherches se sont multipliées, faisant l’objet de discussions scientifiques rigoureuses sur la caractérisation des symptômes, l’évolution et les approches thérapeutiques. Les troubles de comportement et les décrochages scolaires chez les enfants font partie des motivations les plus fréquentes de consultation en pédopsychiatrie. Il ne s’agit pas d’assimiler tous les enfants turbulents au TDAH. De même, les enfants ayant un TDAH n’ont pas forcement un trouble de comportement. Le TDAH est l’une des psychopathologies les plus fréquentes chez les enfants en âge scolaire (3 à 5%). Il peut persister à l’adolescence et à l’âge adulte, avec des conséquences parfois très néfastes sur le développement psychoaffectif et l’apprentissage.

Un  » moteur dans le dos  »

Ce trouble résulte soit d’une inattention, soit d’une instabilité motrice et d’une impulsivité excessives par rapport au niveau de développement, soit plus fréquemment une combinaison des deux. Le processus d’attention est une aptitude cognitive et comportementale qui permet l’accomplissement d’une tâche durable (attention soutenue). Elle doit pouvoir être sélective, permettant de sélectionner des stimulations environnementales pertinentes et partagée pour passer d’une tâche à l’autre par exemple. Ces processus sont altérés dans le TDAH.

L’hyperactivité (classiquement décrite comme un  » moteur dans le dos d’un enfant « ) est caractérisée par des mouvements permanents, limités chez l’adolescent et chez l’adulte à un sentiment subjectif d’impatience motrice. Ces caractéristiques cliniques pourraient être la conséquence d’un déficit dans le contrôle de l’inhibition : un mécanisme cérébral très complexe pouvant être défini comme un processus d’autorégulation permettant de différer une réponse à un stimulus, d’interrompre une réponse en cours et de protéger une activité cognitive des interférences de l’environnement.

Souffrance et stigmatisation

La sévérité des symptômes est variable dans la journée et s’aggrave lorsque les situations exigent un effort d’attention soutenue. Ces manifestations attentionnelles et comportementales apparaissent dans de multiples contextes et entraînent une gêne et une souffrance incontestable. On ne peut réduire le TDAH à un phénomène exclusivement socioculturel caractéristique des sociétés dites développées, incriminant l’éducation, les structures familiales, les méthodes pédagogiques d’apprentissage scolaire. Ceci génère une stigmatisation chez les enfants/adolescents et une culpabilité chez leurs parents liée à un sentiment d’incompétence éducationnelle. Il s’agit de bien différentier les aspects normatifs propres au développement et ceux appartenant à la psychopathologie. La frontière étant parfois très ténue, le diagnostic doit reposer sur une approche très rigoureuse.

Origines multifactorielles ?

Les mécanismes cérébraux impliqués dans le TDAH demeurent encore inconnus. Les études pharmacologiques, l’expérimentation animale et les études d’imagerie cérébrale suggèrent néanmoins une dysrégulation de certains neurotransmetteurs cérébraux impliquant en particulier le système dopaminergique et noradrénergique. Les études d’épidémiologie génétique ont pu mettre en évidence une héritabilité importante du trouble. Ainsi, les hypothèses actuelles convergent-elles vers une  » origine multifactorielle  » à  » déterminisme complexe  » impliquant une interaction entre les facteurs génétiques et environnementaux.

Recherches en cours

Les facteurs génétiques sont supposés être multiples avec des effets mineurs, ce qui rend difficile leur identification. Nos travaux de recherche, menés dans le Laboratoire de recherches psychiatriques de l’Hôpital Erasme du professeur Mendlewicz, visent à identifier des gènes de susceptibilité du TDAH. Des données visant à explorer de nouveaux phénotypes seront examinées (caractéristiques cliniques, imagerie cérébrale, tests neuropsychologiques ). Ce projet s’intègre dans d’étroites collaborations (INSERM en France, NIMH aux États-Unis) et vise à contribuer à la compréhension des mécanismes cérébraux incriminés. L’identification de facteurs génétiques dans le TDAH pourrait permettre une approche diagnostic encore plus rigoureuse et déboucher sur de nouvelles perspectives préventives et thérapeutiques. Il vise enfin à explorer l’interaction entre gènes et environnement, abordant ainsi la grande complexité des pathologies multifactorielles.

 

Dr Isabelle Massat

Chercheur qualifié du FNRS. Laboratoire de recherches psychiatriques, Faculté de Médecine, ULB

TDA/H : Quel est le réel problème ?

Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité.(TDAH) : Quel est le réel problème ?
Russell A. Barkley, Ph.D.
Research Professor of Psychiatry

 

Trouble déficitaire de l’attention / Hyperactivité (TDAH) est le nom courant d’un trouble développemental spécifique qu’on voit chez les enfants et les adultes qui se décompose en déficits dans l’inhibition comportementale, le maintient de l’attention, la résistance à la distraction et la régulation de son activité personnelle par rapport à une situation (hyperactivité ou agitation).

Ce trouble a eu de nombreuses étiquettes différentes au cours du siècle passé, y compris le syndrome d’enfant hyperactif, réaction hyperkinetique de l’enfance, dysfonctionnement minimal de cerveau, et trouble déficitaire de l’attention (avec ou sans hyperactivité), ou ADD (TDA en français).

En dépit des noms changeants pour ce trouble, ses symptômes les plus évidents sont demeurés les mêmes pendant presqu’un siècle.

Ils incluent :

. Altération de l’inhibition de réponse, de l’impulsivité, ou de la capacité à attendre la satisfaction.

Ceci représente une incapacité de s’arrêter et de réfléchir avant d’agir : attendre son tour pendant les jeux, au cours d’une conversation avec d’autres, ou quand on doit attendre dans une file ; pour interrompre leur réponse rapidement quand il devient évident que leurs actions ne sont plus efficaces ; pour résister à des distractions tout en se concentrant ou travaillant ; pour travailler avec des vues à long terme plutôt que d’opter pour les plus petites, plus immédiates ; et réprimer une réaction forte ou immédiate à un événement, comme peut l’exiger une situation.

. Activités excessives ou activités qui sont inadaptées aux exigences d’une situation. Les symptômes reflétant ce problème sont l’agitation excessive, une incapacité à rester immobile, une impatience sur le « qui vif », un excès de mouvements par rapport à ce qui est nécessaire pour accomplir une tache, tel que tortiller leurs pieds et jambes, tapoter des choses, se balancer assis, ou leurs changements de positions et de maintien quand ils exécutent une tache relativement ennuyeuse. Les enfants les plus jeunes avec ce désordre peuvent avoir un fonctionnement excessif, sauter, et toute autre activité motrice brutale. Même si ceci tend à diminuer avec l’âge, les adolescents avec TDAH sont plus agités et remuants que leurs pairs.

. Difficulté pour maintenir leur attention ou faible persévérance pour soutenir un effort. Ce problème est très visible quand l’enfant doit faire quelque chose d’ennuyeux, pénible, ou prolongé, ou qui inclut des activités répétitives qui ne l’interpellent pas personnellement. Les enfants avec TDAH ne parviennent pas à se remotiver comme leurs camarades, et leur niveau de motivation et leur volonté sont très faibles, comparés à d’autres de leur âge quand ils manquent d’intérêt pour des taches importantes qu’ils doivent exécuter. Ils décrivent bien leur lassitude face à de telles taches et par conséquent passent d’une activité inachevée à l’autre, sans les achever. Perdent facilement leur concentration pendant une tache ennuyeuse et prolongée, des activités routinières, une incapacité à reprendre une tâche inopinément interrompue. Ainsi, ils sont facilement distraits pendant une activité manuelle demandant une grande concentration. Ils ont aussi des soucis pour terminer des taches routinières, sans supervision, une incapacité à se maintenir durablement sur une activité, quand ils travaillent seul.

Bien que ce soient les trois domaines les plus communs de difficultés associée au TDAH, la recherche menée pendant les dix dernières années suggère que ceux qui sont TDAH pourraient avoir des difficultés dans le fonctionnement des domaines mentaux suivants :

1) L’oeil de l’Esprit(se rappeler de faire des choses, ou la mémoire de travail). La mémoire de travail fait référence à la capacité de garder à l’esprit l’information qui sera utilisée pour diriger ses actes, soit maintenant, soit plus tard. Elle est essentielle pour se souvenir de faire

des choses dans un futur proche. Les personnes avec TDAH ont souvent des problèmes avec la mémoire de travail. Ils sont oublieux de choses qu’ils devraient faire. Ils semblent incapables de garder à l’esprit des informations importantes dont ils auront besoin pour diriger leur action plus tard. Cela les rend désorganisés à la fois dans leur pensée et dans leurs activités lorsqu’ils perdent souvent le fil du but de leur activité. Un des composants du noyau de notre mémoire de travail est notre capacité d’imagerie visuelle – nous pouvons réactiver des images d’événements significatifs du passé et les garder « en ligne » à l’esprit pendant que nous les utilisons pour nous guider dans ce que nous faisons. Par exemple, quand nous conduisons à travers une ville, nous pouvons rappeler un plan de la ville et en garder l’image à l’esprit tout en utilisant ce plan pour nous guider dans notre conduite en ville. C’est pour cela que les enfants avec TDAH sont souvent décrits comme agissant sans anticipation ni projection de leurs actes. Ils ne regardent pas en arrière afin de regarder en avant, il n’apprennent pas de leurs erreurs du passé. Et ils sont moins capables d’anticiper et de préparer des événements futurs aussi bien que d’autres. Récemment, la recherche a suggéré que les personnes avec TDAH ne peuvent pas sentir ou utiliser le temps de manière aussi adéquate que d’autres dans leurs activités quotidiennes, de telle manière qu’ils sont souvent en retard pour des rendez-vous ou échéances, mal préparés pour des activités à venir, et moins capables que d’autres de suivre des activités ou des plans sur le long terme. Notre sens du temps et capacité à nous y diriger vient aussi de cette capacité mentale de garder à l’esprit l’information dont nous avons besoin pour nous diriger. Ce n’est pas

surprenant alors que des problèmes avec la gestion du temps et l’organisation d’événements à venir sont communs aux adolescents et aux adultes.

2. La voix de l’Esprit (Langage interne et respect des règles).

Les enfants avec TDAH ont un retard significatif dans le développement de leur langage interne. C’est la voix privée à l’intérieur de l’esprit de chacun que nous utilisons presque continuellement tout au long de la journée. Nous l’utilisons pour converser avec nous-mêmes, contempler des événements, et diriger ou commander notre propre comportement. Ce discours

privé est absolument essentiel pour le développement normal de la contemplation, de la réflexion, et de l’auto-régulation. Son retard chez les personnes atteintes de TDAH contribuent à des problèmes significatifs pour suivre d’un bout à l’autre les règles et instructions, lire et suivre des directions attentivement, suivre d’un bout à l’autre ses propres plans, règles et listes de « choses à faire », et même d’agir avec des principes moraux et légaux à l’esprit. La voix de leur esprit est faible ainsi que son influence sur leur comportement. Quand ce problème est combiné avec leurs difficultés avec la mémoire de travail, ce problème de conversation avec soi ou discours privé résulte souvent en une interférence significative avec la compréhension à la lecture, spécialement en ce qui concerne des tâches de lectures complexes et inintéressantes, voire très longues.

3. Le coeur de l’Esprit. (L’autorégulation d’émotions, de motivations, et la vigilance). Les enfants et les adultes avec TDAH ont souvent des problèmes pour inhiber leurs réactions émotionnelles à des événements aussi bien que le font d’autres de leur âge. Ce n’est pas que les émotions dont ils font l’expérience sont inappropriées, mais que les personnes avec TDAH vont probablement avoir une plus grande tendance à manifester publiquement les émotions dont elles font l’expérience que ne le ferait quelqu’un d’autre. Elles ont l’air d’être moins capables d' »intérioriser » leurs sentiments, de les garder pour elles-mêmes, et même de les modérer que ne le feraient d’autres.

En conséquence, il est probable qu’elles apparaissent aux yeux d’autrui comme émotionnellement moins mûres, plus réactives avec leurs sentiments, plus impétueuses, de tempérament plus rapide, et facilement frustrées par les événements. Les difficultés qu’elles éprouvent à générer une motivation intrinsèque pour des tâches qui n’ont pas de récompense immédiate ni ne les interpellent est couplée avec ce problème de régulation de l’émotion.

Leur capacité de créer une motivation privée, pulsion ou détermination les fait souvent apparaître comme si elles manquaient de volonté ou d’autodiscipline puisqu’elles ne peuvent pas rester avec des choses qui ne leur procurent pas de récompense immédiate, de stimulation ou d’intérêt.

Elles semblent ne pas pouvoir mettre de coeur à l’ouvrage. Leur motivation reste dépendante de l’environnement immédiat en ce qui concerne la force et la durée qu’elles vont consacrer au travail, alors que d’autres développent une capacité de se motiver intrinsèquement en l’absence de récompense immédiate ou d’autres conséquences.

 

Également en relation avec ces difficultés de régulation des émotions et de la motivation, il y a celle à réguler leur niveau général de vigilance (d’éveil) afin d’aller à l’encontre de demandes situationnelles. Les personnes avec TDAH trouvent difficile de s’activer et de s’éveiller de manière à initier un travail qui doit être fait, se plaignent souvent d’être incapables de rester alertes voire même éveillées dans des situations ennuyeuses, et ont souvent l’air de rêvasser ou « dans un brouillard » alors qu’elles devraient être plus alertes, focalisées, et activement engagées dans une tâche.

4. La plaine de jeux de l’esprit (La capacité de résoudre des problèmes,l’ingéniosité, et la flexibilité dans la poursuite d’objectifs à long terme.)Très souvent, lorsque nous sommes engagés dans des activités dirigées vers un but, les problèmes que nous rencontrons sont des obstacles entre nous et nos objectifs. Dans ces moments-là, les individus doivent être capables de générer rapidement une variété d’options dans leur tête, de considérer leurs issues, et de sélectionner parmi elles celles qui semblent les plus pertinentes pour surmonter l’obstacle de telle manière qu’ils peuvent continuer dans la direction de leur objectif.

Les personnes avec TDAH trouvent de tels empêchements entre leurs buts et elles plus difficiles à surmonter; elles abandonnent souvent leurs objectifs face aux obstacles et en ne prenant pas le temps de penser à d’autres options qui pourraient les aider à se diriger vers leur objectif avec succès. Ainsi elles peuvent apparaître comme moins flexibles dans leur approche de situations problématiques, plus portées à répondre automatiquement ou sur impulsion, ou plus simplement plus portées à arrêter et abandonner. Elles ont l’air moins créatives pour dépasser les barrages sur la route entre elles et leurs objectifs que d’autres.

Ces problèmes peuvent même être évidents dans le discours ou l’écriture de ceux qui ont ce trouble, car ils sont moins capable d’assembler rapidement leurs idées dans une explication cohérente et organisée de leur pensée. Et, ainsi, ils sont moins capables d’assembler leurs actions et idées dans une chaîne de réponses qui remplirait effectivement le but qui leur a été assigné, qu’il soit de nature verbale ou comportementale.

Il apparaît maintenant que la capacité de générer rapidement une variété d’options de réponses dans nos têtes vient d’une capacité de jouer avec l’information. Ce qui veut dire que nous avons une capacité à manipuler, séparer, recombiner nos images, idées, et pensées, à jouer avec leur contenu, à voir quelles combinaisons nouvelles nous pouvons créer.

Alors que la plupart de ces combinaisons ne sont pas très utiles, quelques unes d’entre elles sont de véritables nouvelles manières de faire les choses qui peuvent nous aider à atteindre nos objectifs plus qu’efficacement. J’appelle cela la plaine de jeux de l’esprit parce que c’est là que nous pouvons manipuler et recombiner d’anciennes idées et les refondre en de nouvelles tout en cherchant après celles qui peuvent nous être véritablement utiles.

Conclusion:

Tout ceci suggère que le TDAH est bien plus que seulement un problème avec l’attention et la concentration ou simplement des difficultés avec le fait d’être trop actif. Le TDAH semble interférer avec ces capacités mentales uniques qui nous donnent la capacité de contrôle de soi.

Nous utilisons ces capacités pour regarder à travers le temps, pour déterminer les issues probables de ce que nous pouvons faire avant que nous le fassions, pour sélectionner celle qui va contenir en elle la promesse des plus grandes récompenses à long terme, et ensuite pour nous soutenir en tendant vers nos objectifs à venir.

Ce sont les choses que les personnes avec TDAH trouvent les plus difficiles à faire : penser avant d’agir et ensuite utiliser leurs pensées pour les guider à travers les situations sociales vers un futur plus rempli de succès. Nous apprenons qu’appeler le TDAH un problème avec l’attention est comme dire que l’autisme consiste à parler drôlement ou à faire voleter ses mains.

Bien que vraies ces vues ne captent que peu la nature plus profonde du trouble ni ne nous disent ce qui ne va pas de manière que nous puissions mieux comprendre comment le gérer.

 

Le TDAH est en fait un trouble du développement de contrôle de soi humain. Les aider à gérer ce retard dans l’auto-régulation est le sujet d’une autre colonne mais, clairement, le premier pas vers la prise en main efficace de n’importe quel trouble de l’enfant est d’avoir la meilleure compréhension possible de ce qui ne va pas dans ce trouble. Notre science du TDAH nous amène plus près de cette compréhension que jamais auparavant.

Le TDA/H est-il un trouble nouveau ?

Le TDA/H est-il un trouble nouveau ?

En 1798, un médecin et auteur écossais, Sir Alexander Crichton (1763-1856) a décrit dans son livre « Une enquête sur la nature et l’origine du dérangement mental : compréhension d’un système concis de la physiologie et pathologie de l’esprit humain et l’histoire des passions et de leurs effets », dans le chapitre « Attention », une « agitation mentale » similaire au TDA/H.
« L’incapacité de maintenir un degré d’attention constant sur tout objet, résulte presque toujours d’une sensibilité anormale ou pathologique des nerfs, avec pour conséquence que la faculté d’attention est constamment tiraillée d’une perception à une autre. Le trouble peut remonter à la naissance ou être les séquelles de maladies.
Lorsque le problème remonte à la naissance, il est décelé dès le plus jeune âge; ayant pour effet que la personne est quasi dans l’incapacité de fixer son attention sur toute forme d’éducation. Rarement le degré atteint est tel que l’instruction en est perturbée; et fort heureusement, il diminue généralement avec l’âge ».
« Dans cette maladie de l’attention, s’il est correct de l’appeler ainsi, chaque perception semble agiter la personne et lui donne un degré anormal d’agitation mentale. Les personnes marchant dans la pièce, un léger bruit tout comme le fait de bouger une table, la fermeture brusque d’une porte, un excès de chaleur ou de froid, trop de lumière ou pas assez de lumière, tout perturbe constamment l’attention chez ces patients. Dans la mesure où l’attention se détourne facilement à chaque perception ».
« Ils ont un nom particulier pour l’état de leurs nerfs, qui est assez expressif par rapport à leurs sentiments. Ils disent qu’ils ne tiennent pas en place ».
Le Docteur Crichton a suggéré que ces enfants bénéficient d’une intervention scolaire spéciale et a noté qu’il était évident qu’ils auraient un problème et ce malgré l’effort fourni.
« Tout enseignant public aurait dû remarquer que nombreux sont ceux que la rugosité et la difficulté de la grammaire latine et grecque répugnent et que ni la terreur de la baguette ni l’indulgence ne pouvait provoquer chez eux l’envie soudaine d’attirer leur attention ».
Alexander Crichton avait deux siècles d’avance sur son temps en ce qui concerne ses observations sur ce qu’on appelle maintenant le TDA/H. Il a écrit sur les caractéristiques frappantes de ce trouble, y compris les problèmes liés à l’attention, l’agitation, le commencement précoce, et sur la manière dont ce trouble peut affecter l’instruction.

Sir George Frederick Still (1868-1941), le père de la pédiatrie britannique a présenté en mars 1902 une série de 3 conférences au Collège Royal des médecins à Londres, sous le nom de « Conférence Goulstonian ».
Ces conférences portaient sur certaines conditions psychiques anormales chez les enfants.
Il y décrivait 43 enfants qui avaient de sérieux problèmes d’attention, qui étaient souvent agressifs, provocants, résistants à la discipline, très émotifs ou passionnés, qui faisaient preuve de peu d’inhibition, qui avaient de sérieux problèmes d’attention soutenu et avaient de grandes difficultés à étudier malgré une intelligence normale. De nombreux historiens du TDA/H ont déduit que les enfants qu’il avait décrits, auraient probablement été qualifiés, à l’heure actuelle, d’enfants atteints de TDA/H.

Références :
– Alexander Crichton : Une enquête sur la nature et l’origine du dérangement mental : compréhension d’un système concis de la physiologie et pathologie de l’esprit humain et l’histoire des passions et de leurs effets. 1798.
– Certaines conditions psychiques anormales chez l’enfant : the Gouldstonian lectures ». The Lancet’, 1902;1:1008-1012.
– Russell A. Barkley : La pertinence des Conférences Still sur la déficience de l’attention et l’hyperactivité avec déficit, A Commentary. 2006; 10; 137 J Atten Disord.
– George F. Still Certaines conditions psychiques anormales chez l’enfant : Extraits de trois conférences 2006; 10; 126 J Attend Disord.

– Palmer, E.D., and Finger, S. 2001. Une des premières descriptions de l’ADHD (inattention sous-type): Dr. Alexander Crichton et « l’agitation mentale » (1798). Revues sur la psychologie et psychiatrie de l’enfant, 6, 66-73.

 

source : http://www.tdah.be/tdah/tdah/questions-reponses