Les adolescentes souffrant d’un trouble du déficit de l’attention/hyperactivité ont un risque accru de troubles de l’alimentation

Les adolescentes souffrant d’un trouble du déficit de l’attention/hyperactivité ont un risque accru de troubles de l’alimentationUne étude a montré que les filles souffrant d’un trouble du déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH) ont un risque substantiellement plus important de connaître des troubles de l’alimentation au cours de l’adolescence que les filles ne souffrant pas de TDAH.

« Les adolescentes souffrant de TDAH développent souvent un complexe d’insatisfaction par rapport à leur image, ce qui peut conduire à des cycles répétés d’hyperphagie suivi par des auto-vomissements ; les comportements classiques de boulimie nerveuse », indique Amori Yee Mikami, le psychologue de l’University of Virginia, qui a conduit l’étude.

Les résultats ont été publiés dans l’édition en cours du Journal of Abnormal Psychology.

Le TDAH est un trouble qui affecte environ 5% des enfants en âge d’aller à l’école, et trois fois plus souvent les garçons que les filles. Il existe plusieurs symptômes qui peuvent varier d’un déficit d’attention à une faible organisation, une élocution excessive, un comportement turbulent et agressif, une agitation, une nervosité et une irritabilité excessive. De nombreux enfants atteints de TDAH souffrent de divers problèmes qui vont des mauvais résultats scolaires aux relations conflictuelles avec les parents et les professeurs ; et plus de la moitié de ces enfants ont de sérieuses difficultés à se faire des amis.

Du fait que ce trouble soit bien plus présent chez les garçons, les chercheurs sont encore en train de découvrir ses effets à long terme chez les filles.

« Nos résultats suggèrent que les filles peuvent développer un éventail de problèmes bien plus large au cours de l’adolescence que celui de leurs camarades du sexe masculin, » indique Mikami. « Elles sont à risque concernant les troubles de l’alimentation qui sont des problèmes presque exclusivement féminin. Nous savons que les troubles de l’alimentation surviennent 10 fois plus souvent chez les filles que chez les garçons. »

De plus, Mikami fait remarqué que le TDAH étant plus commun chez les garçons, beaucoup de filles atteintes par ce trouble peuvent demeurer non diagnostiquées et donc sans traitement.

« Les filles souffrant de TDAH peuvent être plus à risque que les adolescentes pour le développement de troubles de l’alimentation car elles ont déjà des comportements impulsifs qui les isolent, » indique Mikami. « En vieillissant, leur impulsivité peut les empêcher de garder un poids idéal et une alimentation saine, résultant alors à une prise de conscience de l’image de leur corps et des symptômes de d’hyperphagie et d’auto-vomissement. »

L’étude a été réalisée à partir d’un échantillon ethnique varié de 288 filles de la région de San Francisco Bay. On avait diagnostiqué un TDAH pour 140 d’entre elles, et 88 filles sans TDAH ont servi de contrôle pour la comparaison. Un examen a été effectué lors de l’enrôlement (l’âge variant de 6 à 12 ans) et cinq années plus tard.

Les filles appartenant au groupe « de type combinée » du TDAH (celles souffrant à la fois d’inattention et d’hyperactivité/impulsivité) étaient plus susceptibles d’avoir les symptômes de la boulimie nerveuse de l’adolescence, que les filles faisant partie du groupe « inattention » du TDAH (celles ne souffrant que de troubles de l’attention), et les filles du groupe contrôle. Les filles appartenant aux deux groupes TDAH étaient plus susceptibles d’être en surcharge pondérale, d’avoir eu des relations difficiles/critiques avec leurs parents dans l’enfance, et d’avoir été rejetées par leurs camarades, que les filles non atteinte de TDAH. Mikami pense que ces facteurs peuvent contribuer aux symptômes de boulimie nerveuse.

« Les médicaments stimulants utilisés pour traiter le TDAH ont un effet indésirable, en supprimant l’appétit, ils créent un risque pour les filles en surcharge pondérale d’abuser de ces molécules pour faciliter la perte de poids, même si nous n’avons pas encore enquêté sur cette possibilité, » indique Mikami.

Mikami demande aux parents et aux professeurs d’être attentifs aux adolescentes souffrant de TDAH car elles pourraient développer un tableau de symptômes spécifiquement féminin, allant bien au-delà des symptômes standard du TDAH, incluant les troubles de l’alimentation, la dépression et l’anxiété.

Article écrit le 2008-03-26 par © Copyright InformationHospitaliere.com
Source: Journal of Abnormal Psychology – « EurekAlert!, a service of AAAS » – InformationHospitaliere.com

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