Aménagements quoi ?

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Aménagements quoi ?

Dès la rentrée scolaire de septembre 2018, par décret, chaque école sera tenue d’offrir aux élèves « à besoins spécifiques », des aménagements raisonnables.
« Un aménagement raisonnable est une mesure concrète permettant de réduire, autant que possible, les effets négatifs d’un environnement inadapté sur la participation d’une personne à la vie en société. Il peut s’agir par exemple pour un enfant dyslexique de pouvoir bénéficier d’un ordinateur ou d’une tablette afin de réduire les erreurs possibles liées à une prise de note difficile »1 .
En fait, ce décret ne fait que concrétiser dans l’enseignement, ce que plusieurs textes de loi prévoyaient déjà.

Appliquer les aménagements raisonnables c’est passer de l’égalité à l’équité.
Sous prétexte d’égalité, il ne nous viendrait pas à l’esprit de donner la même nourriture à un enfant de deux ans qu’à un adolescent de 17 ans.
Appliquer les aménagements raisonnables, c’est donner vie à la maxime d’Albert Einstein « Tout le monde est un génie, mais si on juge un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide »

Appliquer les aménagements raisonnables exige peu de choses : une connaissance et une acceptation bienveillante des limites de l’élève : « Il a des difficultés pour se concentrer, j’utiliserai donc plus de relances de l’attention » ; c’est encore pouvoir connaître mes propres besoins et être créatif pour y répondre « je suis dérangé par le bruit qu’il fait en bougeant sa chaise, de simples balles de tennis aux pieds des chaises lui permettront de bouger à moindre bruit » ; c’est aussi pouvoir me remettre en question, un aménagement qui n’apporte pas l’amélioration espérée peut toujours être amélioré.

Certains ont peur de stigmatiser l’élève s’ils leur offrent des aménagements raisonnables…
Là encore, bon sens, bienveillance et créativité permettront de faire des miracles.
Plutôt que regarder l’élève aux besoins spécifiques comme quelqu’un qui retarde les apprentissages, je peux considérer que ce que je mets en place pour lui peut servir aussi pour les autres.
Des enseignants ont disposé dans leur classe des casques individuels pour permettre aux enfants qui ont des difficultés de se concentrer à cause des bruits environnants, de les utiliser lorsqu’ils en éprouvent le besoins. Ces casques sont à disposition de tous, tout élève peut avoir besoin un moment donné de s’isoler pour mieux se concentrer.
Eviter la stigmatisation passe aussi par la discrétion, lorsque je fais une relance d’attention je la fais pour tous, si je constate que cela ne suffit pas pour l’élève aux besoins spécifiques, je conviens d’un signe discret avec lui plutôt que de l’appeler en lui sommant de faire attention.

Il n’est pas de la compétence de l’enseignant de distinguer au premier coup d’œil tous les troubles dont peut être atteint un élève ; dans une classe, il peut y avoir un enfant atteint de dyslexie, un autre de dyscalculie, un autre de dyspraxie, un autre de trouble de l’attention, un autre encore peut avoir un haut potentiel intellectuel…
C’est là que le partenariat avec les parents et aussi avec les divers intervenants qui suivent l’enfant (médecin, neuropsychologue, ergothérapeute, logopède, etc.) revêt toute son importance.
Ils sont en mesure de donner les explications nécessaires.
Par ailleurs, dans le cadre de la formation continue destinée aux enseignants, il existe maints modules dédiés aux troubles spécifiques et aussi des modules destinés à élargir son panel d’outils pédagogiques, notamment le concept des intelligences multiples, la gestion mentale, la méthodologie…

Et puis, un enseignant est un être humain, cette bienveillance que nous exigeons de lui envers nos enfants, lui aussi en a besoin.
Si nous constatons qu’il n’applique pas les aménagements demandés pour notre enfant, une rencontre pour un dialogue sain et constructif avec lui et avec la direction de l’établissement sera plus efficace qu’une attitude revendicatrice ou qu’une partie de pseudo-dialogues au travers de notes inscrites de part et d’autre dans le journal de classe.

Laissons mûrir bon sens et bienveillance dans le fond de notre cœur durant ces vacances, c’est avec ces valeurs que se prépare une rentrée merveilleuse pour chaque enfant.

André

1Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, « A l’école de ton choix avec un handicap », Bruxelles, juin 2013, p. 9.

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