Témoignage : Je viens d’apprendre que je suis atteinte de TDA/H

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Je viens d’apprendre que je suis atteinte de TDA/H

Du plus loin que je me souvienne , jamais je ne me suis aimée et jamais je n’ai laissé la possibilité à quelqu’un de m’aimer. J’ai toujours eu cette sensation d’être de trop, que ce soit en famille ou ailleurs.
Étant bavarde ( trop), on me le faisait remarquer ce qui amplifiait mon sentiment de gêner ..

A l’école , le temps était long , j’avais peur des autres qui me brusquaient , me rejetaient et se moquaient sans cesse de moi . Ce qui se terminait bien souvent par des bagarres et c’est justement cette réaction qui m’affolait car je ne contrôlais plus rien , je tapais encore et encore !

J’avais aussi cette peur de ne pas comprendre qui m’angoissait à longueur de temps , cette façon de buter sur des choses si simples alors que certaines plus compliquées me paraissaient si logiques .

A la maison , j’étais agressive envers tout le monde , je tapais beaucoup .
J’avais des accès de colères phénoménaux , incontrôlable et pour que cette rage qui montait en moi puisse exploser je trouvais n’importe quelle excuse.
Ensuite , je fracassais la plainte du mur du couloir , je criais , j’hurlais comme une hystérique , tapais sur tout ce qui se trouvait autour de moi et n’arrivais pas à m’arrêter . Maman me traînait tant bien que mal sur mon lit pour être certaine que je ne me fasse pas de mal , ensuite je me débattais jusqu’à épuisement . Les fessées , les disputes , l’eau fraîche
sur le visage , rien ne me calmait , il fallait attendre que la  » crise » passe . Tout cela se terminait bien souvent à l’hôpital ou j’entendais dire que c’était à cause de maman ce qui me rendais encore plus malade car je culpabilisais du mal que cela pouvait lui faire .

J’avais très fréquemment des migraines terribles qui me clouaient sur place allant jusqu’aux vomissements . Rien ne fut trouvé lors des examens qu’on m’a fait passer .

J’étais soignée pour l’insomnie , mais je ne dormais pas beaucoup mieux malgré les gros traitements ! Les nuits étaient longues , pleines de pensées embrouillées , et pleines d’angoisses et de pleurs .

Vers l’âge de 8 ou 9 ans , ont commencé les idées noires . J’en avais marre , ras le bol de passer pour une folle ! Je ne m’aimais pas et de toute façon tout le monde serait mieux sans moi …..

J’ai commencé par des couteaux que j’essayaient d’enfoncer dans mon ventre mais malgré de nombreux essais je n’avais pas compris qu’une pointe ronde ça n’irait pas .
Puis , un jour , alors que maman était dans son bain , j’en ai profité pour avaler une bouteille entière du sirop qui devait m’aider a dormir . Lorsque maman s’en aperçu elle m’empêcha de m’endormir , la gorge me brûlait , on me conduisit à l’hôpital .

Je refusais l’idée de ne pas avoir réussit et à mon retour je tentais sans cesse de nouvelles choses : sauter par la fenêtre ( si souvent que maman y fit mettre des chaînes) , marcher sur la route , trancher mes veines avec un rasoir (trop vieux pour bien couper ) etc….

Je n’étais plus capable d’approcher quelqu’un sans que cela ne finisse en bagarre , j’avais cette impression que personne ne me comprenait , j’étais différente et je ne savais pas pourquoi .
Je me sentais rejetée , repoussée et en marge de toute sociabilité .

En CE2 , je me suis même battue avec une institutrice , c’était bien la première fois que je me laissais aller ainsi en classe , car même si c’était très dur je réussissais à me contenir à l’école pour mieux exploser à la maison .

Je passais mes nuits entre livres et cahiers , ce qui fait que malgré mes nombreuses absence je réussissais a garder un niveau scolaire correcte .

Le temps passa ainsi , entre angoisse et folie , jusqu’à l’adolescence .
Cette adolescence que j’ai passée bien trop seule , enfermée dans ma chambre , à vivre dans mes rêves , dans mon univers .
J’avais un mal de vivre immense et je ne voulais pas l’exprimer pour ne plus faire de mal à personne , alors je me réfugiais dans mes livres mais malheureusement la charge était souvent bien trop lourde et je finissais
dans des excès de colères injustifiées . Ou alors , je partais en courant avec dans l’idée de fuir le plus loin possible .

Cette adolescence ou j’ai commencé à fumer à l’âge de 14 ans , ou je pleurais si souvent , ou je me sentais encore plus différente qu’avant , ou je ne pouvais plus sortir seule et ou la vie n’avait plus ni sens ni but .

Cette adolescence ou les autres ne se moquaient plus de moi seulement pour mon comportement mais aussi pour mon physique.

J’avais toujours autant de mal à aller à l’école mais j’essayais de passer outre cette angoisse , même si c’était une torture .
Je passais mes nuits à apprendre et mon travail bien que correcte me paraissait peu récompensé .
Mes absences répétées dues non seulement à la déprime mais aussi aux différentes interventions chirurgicales que j’ai subit au niveau des jambes me firent perdre le fil et je n’y arrivais plus .

C’est alors que je rencontrais mon futur mari , j’avais 17 ans . Je décidais d’arrêter l’école sur un coup de tête , niveau 3°sans diplôme .

Je me suis mariée à 18 ans . Les gens m’effrayant de plus en plus , ayant toujours cette angoisse et ce sentiment d’être de trop , je ne gardais pour seul contact que la famille proche .

Aujourd’hui j’ai 25 ans passé ,2 enfants magnifiques qui ont chacun des problèmes de comportements que j’espère de tout coeur régler le plus rapidement et le plus efficacement possible mais je culpabilise beaucoup .

Mais je suis toujours là , avec mes angoisses , ma sensation de ne pas être aimée , de n’avoir ma place nulle part . Avec ma tendance agressive et mes réactions au quart de tour , mes paroles qui partent bien au delà de ce que
je veux dire ….
Ma vie trop routinière est parsemées de colères démesurées , d’un besoin d’occupation permanente (je pense que cela doit m’éviter de penser) de nuits blanches ou ma tête est trop pleines de pensées confuses et surtout cette déprime qui fait quasi partie de moi .

Je ne me sent capable de rien sauf d’agir et réagir trop vite et trop fort et j’ai le coeur lourd de tout cela .

Je viens d’apprendre que je souffre de TDA/H… peut être que la lumière est au bout du chemin?

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