Commet reconnaître des élèves non motivés ?

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Comment reconnaître des élèves non motivés ?

Voici quelques exemples de comportements typiques des élèves non motivés.

  • Pose des questions sur des connus pour montrer son intérêt.
  • Attribue l’échec à un manque de capacités. 
  • A une faible opinion de ses capacités. 
  • Ne prend de risques pour ne pas montrer les limites de ses capacités intellectuelles. 
  • Abandonne facilement. 
  • Ne persiste pas face à un obstacle. 
  • Prétend qu’il n’y a rien à faire et ne veut pas essayer. 
  • Affirme ne pas être fait pour telle ou telle tâche. 
  • Évite l’échec en refusant de répondre ou en commettant une drôlerie. 
  • Se vante de ne pas travailler ou de ne pas avoir étudié. 
  • Affirme à ses pairs de ne pas avoir étudié alors que des efforts sérieux ont été faits. 
  • Se sent coupable de ne pas avoir fait d’efforts. 
  • Feint l’attention en donnant l’impression de travailler et de réfléchir. 
  • S’autopunit après un échec. 
  • Est anxieux et nerveux à l’approche d’un examen.
  • Rêve en classe et songe à toute autre chose. 
  • Est dérangeant et indiscipliné. 
  • Ne s’intéresse qu’aux questions d’examens en demandant à l’enseignant si tel ou tel contenu sera dans l’examen. 
  • Trouve des excuses pour des travaux non faits. 
  • Ridiculise les efforts des autres. 
  • N’étudie que pour l’examen. 
  • Affirme n’avoir étudié qu’à la dernière minute. 
  • A de faibles attentes en affirmant qu’obtenir juste la moyenne sera déjà beaucoup.

    Inspiré de http://jafar.uqar.uquebec.ca/technoeduc/aut97/enberr01/index.html

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Trucs et astuces

L’ Avale-Soucis de Déborah

Le principe : l’enfant y glisse ses soucis, disputes, craintes etc…. écrites sur un papier le soir, avant d’aller au lit, afin de les faire disparaître par l’Avale-Soucis.

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Témoignage : Infernal ?

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Infernal…ça dépend de votre seuil de tolérance.

Pour nous, infernal ressemble à ça:

5h30: Lever, claquer la porte de sa chambre en sortant, arrivée en trombe dans la chambre à coucher et réclamer en chantant le petit déjeuner. Et surtout sans s’arrêter jusqu’à ce qu’on lui donne.
Petit déjeuner stressant, car à moitié sous la table avec les couverts qui tombent et les verres qui renversent. Et notre fils qui est partout, sauf justement à table. Et vous, vous ne déjeunez en tout cas pas.

7h00: Tentative d’habillage, lavage qui prendra environ 45min. Sous stimulation constante et rappel à l’ordre permanent.

8h00: Lui (notre fils) veut déjà partir pour l’école alors que ce n’est pas l’heure. Vous le rattraper 3 ou 4 fois dans la cage d’escalier parce qu’il n’a pas encore fini de s’habiller, mais qu’il est déjà dehors.

11h15: Retour de l’école. Pétage de plomb intermédiaire pour relâcher la pression. Il court dans toute la maison, crie, se pend aux cadres de portes, ouvre les fenêtres pour hurler, s’enfuit de l’appartement, cherche son frère et sa soeur jusqu’à ce que ça pète.

12h00: Repas pour personne. Lui (notre fils toujours) fait le zouave à table, on lui rappelle constamment les règles de bonne conduite, tout tourne autour de lui, on ne s’entend plus respirer.
Les petits sont dégoûtés par ce charivari, personne n’a mangé correctement.

13h15: Départ pour l’école et re- des histoires pour se laver les dents, aller aux toilettes…Avec lui tous les gestes de la vie quotidienne deviennent compliqués.

15h30: Retour de l’école, goûter en vitesse debout devant la table. Là, le temps nous est compté jusqu’à la prochaine dépressurisation. Il faut sortir.

18h00: J’essaye de faire minimum 2h par jour dehors avec lui pour ne pas tourner gaillouffe. Mais même dehors, il est monté sur les murets (d’où il est tombé forcément), a traversé les routes comme un bandit, a lancé des pierres en l’air et les a reprises sur la tête, je le rappelle toutes les 3min. Même en pleine campagne, il arrive à me faire des conneries.

18h30: Comble de l’horreur, le repas du soir. Il vaut m’aider pour tout, mais fait tout de travers et renverse tout. De bonne foi, il veut nettoyer, mais c’est pire… On ne mange pas, on flic, on recadre. Lui s’amuse avec sa nourriture, la lance, fait des petits tas qu’il écrase, tape contre le coin de la table ou contre le mur, parle pour toute la maison, se lève pour tout et pour rien…Ah! mon mari est rentré du travail, j’avais même pas remarqué…

19h00: Essai de mise en pyjama, lavage de dents, passage aux toilettes, ça c’est la théorie. En pratique, course Rodéo, il nous nargue, ne fait en tout cas pas ce qu’on lui demande.

20h00: L’histoire du soir saute, parce que les livres ça va trop long à lire, il préfère plier les coins des pages ou vous secouer le livre alors que vous tentez de récupérer la ligne où vous étiez.

20h30: Histoire abrégée. Mise au lit sans succès. Monsieur se balade encore dans les couloirs avec ses bouts de ficelle pour son téléphérique. Il revient constamment vers nous: « parce qu’il avait encore juste un truc à nous dire… »

23h00: Vous, vous allez vous coucher. Mais sa chambre est toujours allumée, il y a des bouts bougies partout (ah, oui, celles qu’il vous a volé la nuit passé) et qu’il a écrasé sur le tapis de sa chambre… parce que voyez-vous, il neige dehors…alors dedans aussi.

5h30: le lendemain, il se lève et vous avec et vous constatez avec dépit qu’il a dessiné sur les murs pendant la nuit parce que nous lui aviez repris toutes ses feuilles de papier, cartons divers, plastiques pour qu’il arrête de faire des bricolages pendant la nuit.

Et voilà, la journée recommence…celle qui ressemble tellement à celle d’hier avec toujours les maîtres mots: opposition, autorité, surveillance, rappel à l’ordre, consignes, dangerosité…

Quelqu’un d’autre me l’aurait raconté que j’aurais rit et que je me serais demandé si il exagérait pas même un tout petit peu. Moi, après 5 ans, ça ne me fait plus rire.

Sur ce site, vous trouverez plein d’histoire comme celle-ci. Des fois, ça fait du bien de la raconter à ceux qui la vivent aussi.

Alors, infernal, à vous de voir.

Y a pas quelqu’un d’autre pour nous raconter d’autres histoires qui nous, nous ferons rire?

Témoignage : vivre avec le TDA/H au quotidien

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Vivre avec le TDA/H au quotidien

Lundi, 6h30, le réveil sonne. Une autre semaine qui commence. Un jour de semaine comme un autre… Enfin, pas tout à fait.

Alors que ma moitié s’affaire en cuisine pour préparer les pique-nique de toute la famille, je termine de me préparer, et vérifie que tous les vêtements des enfants sont prêts pour le gros rush du matin.

7h… Les réveils ont sonné dans les chambres des enfants. Comme souvent, quand il faut se lever, personne n’est au rendez-vous. Quand je pense qu’ils ont fait la java dès 6h30 samedi matin.

7h15, Valentin déboule l’escalier (le mot est faible). Il est d’excellente humeur, chouette. Il me fait un câlin, avec intensité, la même intensité que celle avec laquelle il pose chacun de ses gestes, qu’ils soient guidés par la joie, la tristesse, la colère, l’affection, la frustration, l’impatience… Troubles de l’hyperactivité et de l’impulsivité disent les spécialistes…

Il est levé suffisamment tôt que pour avoir le temps de prendre son petit déjeuner à la maison, mais je sais déjà que le temps nécessaire à chaque étape de l’habillage peut perturber le programme. Comme toujours depuis la rentrée, pour parer aux programmes perturbés justement, les tartines du matin et les laits chocolatés sont prêts à être emportés et à être consommés dans la voiture, sur le long trajet qui nous sépare de l’école, cette école que nous avons choisie avec tant de soin, d’attentes et de convictions.

Je suis armée de patience, malgré la fatigue et les insomnies. Ouf, ce matin je suis un peu épargnée. Ils sont tous de bonne humeur, s’habillent et brossent leurs dents sans se faire trop prier. Un bon point.

Je ne crie pas trop vite victoire, il faut encore réussir à leur faire mettre leurs chaussures, étape clé avant le départ de la maison. Combien de fois vais-je devoir leur demander de mettre leurs chaussures ? Va-t-il falloir finir par les sortir moi-même de l’armoire où elles attendent comme chaque jour ? Combien de fois va-t-il falloir les faire assoir devant la paire, ou poser celle-ci juste devant leurs pieds sans perdre patience ? « Où sont vos appareils dentaires ? Les grands, avez-vous pensé à descendre avec l’appareil et la boîte » ?

7h50, on démarre enfin, avec près de 10 minutes de retard sur le programme, et en plus il y a des déviations. J’essaye de ne pas me mettre la pression, et de leur épargner un mauvais départ. Après tout, je n’avais qu’à m’organiser mieux, me lever 10 minutes plus tôt…

Heureusement, ça roule bien depuis quelques semaines. Nous arrivons à l’heure à l’école. La journée ne commence pas si mal finalement.

8h40, la cloche sonne. L’animatrice de Valentin semble absente. J’ai toute confiance en sa remplaçante, mais suspecte que la journée de mon petit homme sera plus difficile aujourd’hui.

Antoine réclame son câlin avant d’entrer en classe. Sans le câlin du matin à l’arrivée de son animatrice, c’est la grosse angoisse. J’ai appris à vivre avec la grande sensibilité de mon fils, et j’aimerais que contrairement à moi il arrive à la dépasser, donc je le rassure et suis à l’écoute de ses émotions. Il s’éloigne, satisfait de notre embrassade, le sourire aux lèvres. Chouette, aucune larme ne perle à la base de ses yeux. Décidément cette nouvelle école convient parfaitement à Antoine. Il est enfin épanoui. Nous n’avons pourtant pas fait dans le détail point de vue particularités pour nos enfants… Quand on gagne enfin une bataille, une autre commence.

8h50, la cloche des maternelles sonne. « Maman, tu viens un petit peu dans ma classe ». Je me joins à Yanis pour une petite histoire, un petit puzzle. Dix minutes pour mieux se séparer. Un bisou, un câlin. Aujourd’hui il me laisse partir sans insister pour prolonger l’instant « encore un petit peu ». La journée s’annonce gérable.

9h10, j’arrive au bureau. Pas trop mauvais record ce matin. Je sais qu’une grande quantité de travail m’attend, mais je prends quand même le café avec les collègues avant d’entamer la course contre la montre. J’ai besoin de respirer pour mieux repartir entre mes deux « métiers ». J’ai la chance d’avoir des chouettes collègues de travail, humains et compétents, et d’être employée par des personnes flexibles et qui me portent la confiance que je pense mériter. Je ne sais pas comment je gèrerais ma vie tellement remplie sans ça.

La journée se déroule comme elle se doit, j’essaye de rester détendue, je gère mon temps. Les dossiers c’est bien plus facile à gérer que les humains finalement. Pourtant je jongle avec des piles de paperasse, des délais auxquels je ne peux déroger, mais aujourd’hui ça va, le stress reste en sourdine. Et puis, j’aime mon métier.

16h, je surveille l’horloge de mon ordinateur, il va bientôt falloir se déconnecter, pour entamer la deuxième partie de ma journée.

Je me prépare à aller chercher mes petits monstres à l’école. J’ai pris une bonne résolution après avoir craqué il y a quelques semaines. Je vais essayer de ne pas trop m’inquiéter de comment s’est passé la journée de Valentin. Après tout, si un événement particulièrement marquant avait lieu, il me le dirait, ou je le verrais à sa mine triste ou fâchée. Et puis les animatrices me relayeraient les faits importants. Pour les détails, il vaut mieux ne pas trop en demander, car je n’arrive pas encore à prendre de la distance par rapport aux difficultés de mon fiston, même maintenant que je connais la cause de celles-ci. Ma nature empathique et très sensible prend le dessus, et je ressens chaque difficulté de mes garçons comme un échec dans mes efforts éducatifs. Je sais, c’est une erreur, mais c’est ainsi.

16h20, faut que je file, je vais être en retard. 16h30, j’arrive à l’école. Je récupère mes trois enfants sans trop de difficultés. D’habitude il y en a au moins un qui fait de la résistance, ou l’autre qui est introuvable. Je suis preneuse !

Nous sommes à l’avance pour le rendez-vous de 17h15 chez la neuropsychologue, mais j’ai oublié de prévoir un goûter. Je rassemble mes forces, et annonce aux enfants que je vais aller leur chercher quelque chose au magasin juste à côté de l’école. Bien sûr, ils veulent m’accompagner. Je mets les choses au point : on reste calme dans le magasin, on ne crie pas et on reste à mes côtés. Je me lance dans un périple que je fais en général tout pour éviter. Heureusement, deux boissons et trois en-cas plus tard, nous sommes déjà à la caisse, et la file est supportable. Heureusement car Yanis commence déjà à se faire remarquer.

17h, nous voilà prêts à nous rendre chez la neuropsychologue, pour la troisième des vingt séances hebdomadaires. Les enfants se désaltèrent et se sustentent, je distribue des lingettes pour essuyer les bouches et mains afin de les rendre un minimum présentables. « Valentin, retire ton gilet mon chéri, il est noir de crasse ». Voilà, on entre dans la salle d’attente, avec 5 minutes d’avance.

Yanis et Valentin se disputent le jus de fruit. La psychologue du bureau d’à côté manifeste son mécontentement en venant fermer la porte de la salle d’attente. Désolée, j’habite à 45 km, je n’ai pas d’autre choix que de venir conduire Valentin accompagnée de ses deux frères.

17h15, la neuropsychologue est toujours bien à l’heure, ça me fait plaisir. Valentin entre dans son bureau, et pendant quelques minutes nous faisons le point et échangeons des documents. Juste quelques minutes pour que la voisine vienne à nouveau se manifester. Ca confirme mon sentiment : mes enfants sont trop bruyants… Ha ces éléments perturbateurs ! Mieux vaut le prendre sur le ton de l’humour, ça détend.

Il fait trop mauvais pour que j’emmène Antoine et Yanis faire une ballade cette fois, et puis je suis fatiguée. Nous passerons les 45 minutes de la séance dans la salle d’attente, il y a tout ce qu’il faut pour les occuper, et j’ai des documents à lire, des documents pour m’informer sur les troubles de mon Valentin. Finalement, je n’y lis que des choses que j’avais déjà découvertes dans d’autres fascicules. Dommage, j’aurais aimé trouver encore plus de réponses, encore plus de tuyaux pour étayer mon imagination pourtant débordante.

18h, fin de la séance. Nous échangeons quelques mots avec la psychologue dans la salle d’attente. Il a très bien fait ça, mais il était temps que ça se termine. Normal, après une journée comme ça, il faut que toute cette énergie sorte me confirme-t-elle. A peine sorti du bureau, Valentin se montre en effet bien excité, monte sur le dos de son grand frère. Je règle la séance, et sur ces quelques minutes Valentin et Yanis ont fait la java sur la table de massage, et y ont laissé s’échapper tout le sable de leurs chaussures, poches, et rebords de pantalons. Je présente mes excuses, tente un rapide nettoyage, lance un rapide « à la semaine prochaine », et je file. Le temps de fermer la porte, Yanis a déjà appuyé deux fois sur le bouton de la sonnette à l’entrée. La « voisine » va encore apprécier.

C’est parti pour 45 minutes de route. Ouf, ils sont fatigués, pas trop de papotes bruyantes et de disputes dans la voiture. Direction l’Académie de musique pour le cours de clarinette d’Antoine.

19h, Frédéric m’attend devant l’Académie. Je lui laisse les deux petits, je monte au cours avec Antoine. J’aime autant ça, finalement ça me laisse un moment de calme au son bienveillant de la musique, même si une fausse note vient perturber l’harmonie de temps en temps.

19h50, je rentre à la maison, éreintée. Je m’installe pour manger. J’ai beaucoup de chance, j’ai un mari qui cuisine, bien qu’aujourd’hui ce sera du riz avec un plat préparé. Qu’importe, c’est bon quand même. J’ai de la chance, mais je l’envie parfois. J’aimerais être avant tout le monde à la maison, profiter d’un instant de calme même si ce n’est pas pour se prélasser, et laisser le soin à quelqu’un d’autre de gérer les enfants, leur scolarité, traitements, et diverses activités. Mais c’est un choix qu’on a fait ensemble, il ne m’y a pas forcée, et j’en suis même en grande partie à l’origine, alors je ne peux pas lui en vouloir. Mais quand même, il arrive que la fatigue entraîne des sentiments peu honorables. Alors parfois, oui, je lui en veux.

20h30, Valentin a dû monter dans sa chambre il y a 15 minutes parce qu’après au moins 5 remarques pour qu’il ne mange pas avec ses doigts, il récidivait, comme à chaque repas. Je monte le voir, il joue tranquillement. Je lui demande de descendre brosser ses dents. Il dit avoir faim. Je le laisse finir son assiette en le surveillant du coin de l’œil.

21h, si j’avais su je me serais abstenue, il se serait couché en zappant les normes d’hygiène ce soir.

Le lundi l’heure du coucher est décalée, on ne peut pas faire autrement. De toute façon, même quand les enfants montent à 19h30, il n’est pas rare d’entendre une petite souris redescendre une, voire deux heures plus tard.

L’excitation est à son comble, mais je parviens quand même à envoyer tout le monde au lit. C’est papa qui raconte les histoires ce soir. Pour la première fois depuis bien longtemps, je passe mon tour. En général on se partage la tâche, mais je dois encore travailler, 2 heures en principe, car tenter d’assumer parfaitement mon rôle de maman ne m’autorise pas à ne pas assumer mon rôle d’ « employée modèle ».

Pourtant je n’ai pas de courage ce soir. Qu’importe, pour la première fois depuis 8 mois, je reporterai à demain le labeur qui m’attend.

Je regarde en arrière et je vois tout le chemin parcouru. Tant de moments difficiles. Maintenant qu’on a une explication, je devrais me féliciter d’avoir d’instinct commencé à mettre en place les bonnes réactions, à utiliser les mots justes, à me détacher du regard accusateur des personnes dans les lieux publiques, celles qui jugent sans savoir, tout ça avant même de lire et entendre tous ces conseils qui abondent dans le sens de la pédagogie que je m’étais promis d’appliquer, ou du moins d’essayer.

Je devrais me féliciter pour ce choix d’école qui permettra sans doute à Valentin de garder une meilleure image de lui, ou du moins de retrouver cette image positive qui tend à lui faire défaut, comme pour à peu près tous les enfants qui présentent les mêmes troubles que lui.

Pourtant je me sens encore douloureusement blessée. Ce handicap qui ne se voit pas ou du moins ne se comprend pas, car il n’a de traces perceptibles que dans le comportement, ces réflexions douloureuses et stigmatisantes auxquelles Valentin et nous devrons encore souvent faire face, cet épuisement qui fait partie intégrante de notre vie à force de faire face à autant de vivacité, d’impulsivité, à force de devoir sans cesse redoubler d’imagination, maintenir des limites fermes mais avec suffisamment de douceur, et nous maîtriser quand nos limites sont atteintes voire largement dépassées, ce sentiment d’avoir dû affronter cela sans répit, avec si peu de soutien jusqu’à ce jour… Ce handicap, comme tous les handicaps, est tellement injuste pour le cœur d’une maman.

Malgré tout l’amour que je porte à chacun de mes enfants, malgré mon instinct de les protéger de tous les maux, il m’est arrivé d’avoir des pensées très culpabilisantes. Il m’est arrivé d’en vouloir à mon fils d’être tel qu’il est, alors que je le chéris plus que tout et que je prône la richesse de la différence de chacun d’entre nous. Il m’est arrivé de me dire que ma vie aurait été tellement plus simple, et plus agréable parfois, si nous avions choisi de n’avoir qu’un enfant, alors là même que je ne concevrais même pas la vie sans chacun de mes fils à mes côtés.

Bien sûr, ces pensées ne font que traverser mon esprit, et au fond de moi, les qualités de chacun de mes enfants et les richesses que m’apportent leur sourire et leur affection si profonde et si sincère valent plus que tous les trésors du monde, et valent bien plus qu’une vie tranquille et sans anicroches.

Mais voilà, je suis une maman certes, mais une maman fatiguée. Alors ces quelques pages m’ont permis de m’alléger d’un peu de cette tristesse que j’ai dans le cœur, pour mieux repartir demain.

22h30. En principe, à cette heure-ci, je devrais refermer ma connexion à distance… En principe… Ce lundi n’est pas un lundi comme les autres, mais comme chaque jour, avant de me coucher, je vais aller embrasser Yanis, Antoine et Valentin, et leur glisser un dernier « Je t’aime, fais de beaux rêves » dans le creux de l’oreille. Il paraît qu’il faut répéter les choses trois fois tout bas quand ils dorment… J’espère qu’ils m’entendent !

Témoignage : Je voudrais comprendre

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Je voudrais comprendre

Je m’appelle Antoine. J’ai 30 ans. Une amie, atteinte du TDA/H, m’a dit il y a quelques semaines, alors que je m’étais confiée à elle, qu’elle reconnaissait chez de nombreux symptômes de la « maladie » (je ne sais pas comment appeler ça). Au début, j’ai souri. Je ne la prenais pas au sérieux. Plus tard, par curiosité, je me suis renseigné sur ce qu’était le TDA/H. Beaucoup d’explications, de témoignages, d’avis extérieurs m’ont surpris. J’ai également passé plusieurs tests sur internet, et à chaque fois, les résultats étaient très parlants. Comme il ne s’agit en rien de l’avis d’un expert, je ne les ai pas vraiment pris au sérieux… Mais j’ai réfléchi. Je n’ai jamais été vraiment hyperactif. Mais à l’intérieur, mon cerveau bouillonne sans arrêt. Des idées, parfois sans importances, parfois me poussant à créer, parfois au contraire, très négatives, noires, destructrices.

Quand j’étais petit, j’avais très souvent des remarques de la part des professeurs, des mots dans le bulletin, disant que je n’écoutais jamais. Que j’étais dans la lune. Mes parents me le disaient aussi. Je n’arrivais pas à me concentrer très longtemps sur mes devoirs. Mes parents devaient m’y forcer et rester sans cesse près de moi pour que je les fasse jusqu’au bout. Sans quoi, je faisais toutes sortes de choses à côté, ou simplement je regardais par la fenêtre, ou dans le vide, un son, un mouvement, un rien me distrayant directement. Ou alors je rêvais. Pourtant, face à des activités qui m’intéressaient, ou quand je faisais du sport, quand je jouais, par exemple, là j’étais très concentré.

Mon comportement n’a finalement inquiété personne : si je n’ai jamais été brillant à l’école, je réussissais tout de même. A force d’acharnement, de secondes sessions à l’école secondaire, de remarques de la part des professeurs, mais je réussissais.

Les choses sont devenues plus difficiles par la suite, et le sont de plus en plus. En effet, j’ai voulu étudier la psychologie à l’université. Les cours me plaisaient, mais j’étais incapable de les étudier. Il y avait tellement de choses que je pouvais faire (je suis passionné par tout un tas de choses), tellement de distractions. Même enfermé dans ma chambre sans télévision, sans ordinateur, sans rien, il me suffisait de regarder par la fenêtre pour m’imaginer tant de choses… J’ai donc doublé, recommencé, raté, abandonné. Je suis parti travailler. Sans diplôme, je n’ai rien trouvé de vraiment intéressant, et je n’ai tenu qu’un an. J’ai repris des études d’assistant social. Les problèmes furent les mêmes : aucune concentration durant les cours ou lorsque j’essayais d’étudier. Heureusement, la matière était largement moins conséquente qu’à l’université. Finalement, à force de patience, de persévérance et de l’aide de mes proches, j’ai décroché le diplôme. Je pensais sincèrement que le plus dur était derrière moi. Pourtant, j’étais loin de la vérité.

J’ai trouvé rapidement un travail comme assistant social, dans le milieu des logements sociaux. Un contrat à temps plein, à durée indéterminée. J’étais fier de moi. Malheureusement, il y avait tellement de choses à intégrer – que mes collègues m’expliquaient et me réexpliquaient – les entretiens avec les bénéficiaires, les visites à domicile, la guidance budgétaire… Je mélangeais tout, je me décourageais, je décourageais les personnes qui travaillaient avec moi, et même celles que j’étais censé aider. J’écrivais tout, pour rester concentré, pour ne rien oublier, mais alors je perdais les papiers, les documents. Quand il fallait mettre à jour les dossiers, écrire un rapport, envoyer un courrier, prévoir une visite à domicile, incapable de m’organiser malgré tous mes efforts, je faisais les choses dans un désordre total, morceau par morceau, distrait par tout, angoissé par la somme de choses à faire. En fin de compte, au bout d’un an, le directeur m’a convoqué et m’a signifié que j’étais viré.

J’ai plutôt bien réagi, me disant que c’était l’occasion pour un nouveau départ. Deux mois après j’avais déjà un travail. Cette fois, comme éducateur dans une école. Pour la surveillance, pas de souci. Mais pour la gestion des dossiers, c’était autre chose. J’y suis resté 4 mois. Dans une autre école, ils m’ont gardé 6 mois. C’était à chaque fois au terme de mon contrat, mais ils ont préféré engager quelqu’un d’autre pour l’année scolaire suivante.

Aujourd’hui je suis sans emploi et j’ai peur que tout recommence. A chaque fois, ma confiance, mon amour propre, en prennent un coup. J’ai peur de ne jamais y arriver.

A côté de ça, je ne reste jamais sans rien faire. Je suis particulièrement actif dans le domaine artistique (dessin, peinture, musique, …), parce que c’est la seule chose dans laquelle je peux m’exprimer. Mais je me lasse vite, trop vite de tout. Je me suis inscrit à l’académie, à des clubs de sport, mais à chaque fois, j’arrête au bout de quelques mois. Même dans mes relations amoureuses, je n’arrive pas à garder qui que ce soit plus de quelques années tout au plus, voire quelques mois. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Je pense que personne ne me comprend et je me sens vraiment seul.

Je n’ai pas non-plus de motivation et je n’arrive pas à prendre des décisions. Je suis, du plus loin que je me souvienne, quelqu’un de stressé, d’anxieux. Je suis régulièrement atteint de crises d’angoisses. J’ai un flux incessant d’idées me martelant la tête, souvent morbides, infiniment tristes, terrorisantes. J’ai été voir des psychologues, des psychiatres. On m’a diagnostiqué une dépression, un trouble d’anxiété généralisé, on m’a prescrit des médicaments. Mais rien ne change vraiment. Oui, je me sens triste, abattu, angoissé, mais aujourd’hui je pense sincèrement que le problème n’est pas là. Ou pas seulement.

Ce mail ressemble à un témoignage, mais j’ai également des questions. Je ne sais absolument pas si je suis atteint du TDA/H. J’aimerais pouvoir avoir l’avis d’un professionnel. Mais je ne sais pas vers qui me tourner. Est-il ne fut-ce que possible que tous ces symptômes soient dus à cette maladie? Qui dois-je aller voir? Qui peut m’aider?

Je voudrais déculpabiliser par rapport à ma vie, à mon comportement, mon parcours. Je voudrais arrêter de me sentir coupable et responsable de ces échecs, de la déception de mes proches. J’essaye de m’en sortir, de passer au-dessus de tout ça, mais ce n’est vraiment pas facile.

Le témoignage de Mélodie

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Je suis une jeune fille de bientôt 23 ans, récemment diagnostiquée dyspraxique visuo-spatiale avec troubles logico-mathématiques au mois février dernier, mais aussi un trouble attentionnel de type impulsif (mais sans hyperactivité).

Je ne cache pas que j’ai un parcours plus que compliqué, je souhaite donc vous donner mon témoignage.

Depuis toute petite, on voit bien que « quelque chose » cloche chez moi…On essaye de comprendre mais mes parents ne pensent absolument pas à un trouble dys ou un TDA/H, personne ne leur en a jamais parlé, ils ne savaient même pas que cela puisse exister.
Les années passent mais les difficultés persistent et s’aggravent. Il y a entretemps un déménagement difficile à l’étranger, dans un pays qui est celui de mon père mais pas le mien, car je connais très peu ma famille et ne parle pas la langue.
Nous retournons en Belgique, après trois ans d’absence. Mes parents divorcent deux ans plus tard, et mon père décède ensuite en 2009.

A l’école secondaire, c’est la catastrophe complète : les bulletins rouge sur rouge qui s’enchaînent dès la première année, les profs qui parfois ne veulent même plus  me donner cours, car je cite : « Tu ne comprends quand même rien, à quoi bon t’apprendre quelque chose ? », les remarques, les moqueries, les humiliations sont mon lot quotidien. L’isolement aussi ; personne ne veut être avec cette fille étrange qui fait et dit plein de bizarreries.  Je n’ai pas d’amis, et je suis toujours seule pour tout.
Je me renferme complètement comme une huître sur ma souffrance et je cache tout ce que je peux cacher au fond de moi-même. Mes parents se désespèrent et ne savent plus quoi faire avec moi. Les échecs continuent et continuent encore. On attribuera ensuite mon mal-être au déménagement, au divorce et au décès de mon père.
Je passe de PMS en PMS et personne ne me trouve rien, on se contente uniquement de me faire des tests d’orientation pour savoir où me caser l’an prochain si je rate encore.
En rhéto, burn-out complet et état dépressif profond : je ne m’en sors absolument plus. Je décide d’arrêter l’école à six semaines pile des examens et de la  fin de l’année.  J’ai 21 ans et mes échecs successifs (j’ai doublé plusieurs fois) m’ont épuisée physiquement et mentalement. J’en ai assez et je voudrais qu’on me fiche la paix ! J’y retourne à contrecoeur et sans aucune envie deux semaines plus tard, après une interruption médicale. L’époque des examens approche et miracle divin, aucun échec sauf en mathématiques ! J’ai tout de même des repêchages en septembre que je réussis et j’obtiens donc mon diplôme.

J’apprends par un concours de circonstances tout à fait hasardeux en première année du supérieur que je pourrais être dyspraxique…
Dyspraxique, moi ? C’est quoi ce mot barbare au possible ? Mais pourquoi bizarrement ça me turlupine tellement d’un coup ? Parce que je m’y retrouve et  que ce texte est la meilleure description que l’on aurait pu faire de moi-même !
Je fonce chez une neuropsychologue demander un  bilan, qui tombe un mois plus tard…Oui, je suis bel et bien dyspraxique. Je tremble en sortant de son cabinet, j’ai l’impression que le sol se dérobe sous mes pieds. Mais je  comprends aussi que toutes mes années d’errance et d’échecs ne sont pas de ma faute. Quelques mois plus tard, dans la foulée, on me détecte aussi un TDA de type impulsif mais sans hyperactivité.

Ma vie est désormais envahie par une sarabande de mots jusqu’à peu familiers ou inconnus. Je m’habitue à mon « nouveau » statut. J’avoue que je sais que je suis fatigante à la maison, mais aussi à l’école. Certains jours ça « pète » comme on dit. Il y a des jours où ça va, d’autres moins et où je ne supporte pas d’être ce que je suis. Je dois également vivre les remarques du style, « oui mais tu dois faire un  effort, c’est pas si compliqué, etc… » Ben si c’est compliqué justement ! On échange de cerveau pendant une semaine, ça te dit de vivre que ce que je vis tous les jours pour que tu comprennes ?

J’ai bientôt 23 ans et c’est seulement maintenant que je vis presque en paix : j’apprends, comme les « grands », à vivre avec mes particularités et les accepter. Je suis différente et c’est comme ça. Que l’on m’aime ou qu’on me déteste, le prix est le même : à prendre ou à laisser. Je sais qui sont mes alliés ou pas, je compose avec et j’avance avec ceux qui croient en moi.

Actuellement je suis en première année en langues modernes à l’Université Libre de Bruxelles, une option qui me plaît bien, puisque j’adore ça !  Et je compte bien aller jusqu’à ce master qui me fait tant rêver…

Voilà, ceci est mon témoignage, ma vie d’individu différent…Mon plus grand voeu ? Que tous les enfants différents aient le droit à la scolarité qu’ils méritent, car ils sont fantastiques ! 🙂

Témoignage : les bénéfices de la médication

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Les bénéfices de la médication

Bonjour. Je voulais juste apporter mon témoignage. Ma fille de bientôt 17 ans a été diagnostiquée TDA à l’âge de 5 ans. Elle a pris du Méthylphénidate jusqu’à ce qu’elle décide il y a 2 ans de ne plus prendre de médicament.
Je n’ai pas voulu l’obliger et du coup elle a eu 2 années d’échec scolaire.
Elle se retrouve en juin avec 7 examens de repêchage alors qu’elle refait son année.
Je parviens à lui faire comprendre qu’elle a besoin de sa médication et elle la reprend le 15 août.
Son professeur particulier de Mathématiques voit tout de suite une différence et finalement, ma fille réussit ses 7 examens!
Voilà encore une preuve que la médication est une sacré aide pour ces enfants.

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