20 Mythes et réalités concernant le TDA/H

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20 Mythes et réalités concernant le TDA/H

Répondez aux questions suivantes au meilleur de vos connaissances.

1. Le TDA/H est un trouble nouveau, apparu à cause de notre mode de vie actuel.
Vrai

Faux

2. Le Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité – TDA/H disparaît à l’adolescence.

Vrai

Faux

3. Tous les enfants agités ont un TDA/H.

Vrai

Faux

4. Les symptômes liés au TDA/H varient en fonction des circonstances.
Dans quelles circonstances note-t’on une amélioration du comportement ?

a) Quand l’enfant est fatigué.

b) Face à une personne nouvelle ou dans une situation très nouvelle.

c) Lors d’activités en grand groupe.

d) Lorsque l’élève est en face d’un matériel pédagogique peu stimulant.

5. L’attention et la concentration dont font montre certains enfants atteints de TDA/H lorsqu’ils jouent à des jeux vidéo prouvent qu’ils seraient capables d’être plus attentifs en classe s’ils étaient plus motivés.

Vrai

Faux

6. Pour qu’un enfant soit diagnostiqué TDA/H il doit être très agité, sauter et grimper partout, et ne pas être capable de rester assis plus de 10 minutes.

Vrai

Faux

7. Les médicaments qui traitent le TDA/H peuvent causer les effets secondaires suivants : insomnie, irritabilité, maux de tête ainsi que maux de ventre.

Vrai

Faux

8. La prise de médication par un enfant atteint de TDA/H peut mener à un problème de toxicomanie à l’adolescence.

Vrai

Faux

9. Les médicaments prescrits pour traiter le TDA/H produisent un effet calmant.

Vrai

Faux

10. Les enfants atteints de TDA/H naissent avec des vulnérabilités biologiques affectant la capacité d’attention et le contrôle de soi.

Vrai

Faux

11. Un enfant peut être correctement diagnostiqué comme ayant un TDA/H et être très calme.

Vrai

Faux

12. Les enfants qui présentent un TDA/H se concentrent mieux sur leurs tâches lorsque l’environnement est silencieux et non-stimulant.

Vrai.

Faux.

13. Les enfants qui présentent un TDA/H se comportent mal par manque de volonté ou par opposition. Ils ne veulent pas suivre les consignes et compléter les tâches demandées.

Vrai.

Faux.

14. Le TDA/H est un trouble médical qui ne peut être traité que par médication.

Vrai.

Faux.

15. La plupart des enfants atteints de TDA/H deviennent des adultes « normaux » puisque les symptômes finissent par s’estomper.

Vrai

Faux

16. Le TDA/H peut être héréditaire.

Vrai

Faux

17. Si une médication est prescrite, les interventions éducatives ne sont plus nécessaires.

Vrai

Faux

18. Si un enfant a d’excellents résultats scolaires un jour et des résultats désolants le lendemain, il est possible qu’il soit atteint de TDA/H.

Vrai

Faux

19. Les enfants atteints de TDA/H se comportent généralement mieux dans les situations un à un qu’en groupe.

Vrai.

Faux

20. Il y a de plus en plus d’enfants atteints de TDA/H.

Vrai

Faux

Réponses

1. Faux
La fréquence du TDAH ne varie pas au travers des décennies, ni en fonction des différentes populations et donc des différents modes de vie. Il est admis qu’un environnement peu structuré, une accumulation de stimulations et notre rythme de vie actuel peuvent augmenter les symptômes ou les rendre plus difficiles à gérer. Des cas de TDA/H sont déjà décrits dans des livres médicaux du 19ème siècle.

2. Faux
Le TDAH persiste jusqu’à l’âge adulte dans au moins 50 à 70% des cas. L’idée que le TDAH disparaît à l’adolescence vient de l’époque où l’on se préoccupait surtout du symptôme « hyperactivité motrice », qui lui diminue le plus souvent avec l’âge.

3. Faux
Certaines causes médicales, psychologiques ou éducatives peuvent être la cause d’une agitation chez l’enfant. On parle alors d’hyperactivité réactionnelle.
Le diagnostic différentiel se révèle essentiel pour faire la part des choses, d’autant que les deux phénomènes (TDAH et agitation réactionnelle) peuvent coexister chez le même enfant.

4. B
Ce type de situation impressionne et captive l’enfant ce qui le stimule à se freiner. Dans les 3 autres situations, il aura tendance à être dispersé et à manquer de contrôle sur son comportement.

5. Faux
L’enfant peut arriver à se concentrer (ou à se laisser captiver) sur une activité très stimulante . C’est plus une question de niveau de stimulation que de motivation.
Ecouter en classe nécessite une attention beaucoup plus active, qui est difficile à maintenir même quand la motivation est excellente.

6. Faux
L’Hyperactivité est loin d’être présente dans tous les cas de TDA/H. Beaucoup de personnes atteintes souffrent uniquement de Déficit d’Attention, sans manifestation d’Hyperactivité. L’abréviation TDA/H signifie d’ailleurs « Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité ».

7. Vrai
Chez certains patients, ces médicaments peuvent causer des effets secondaires comme de l’insomnie, de l’irritabilité, des maux de tête et de vente, etc.
Ceux-ci diminuent ou disparaissent en général spontanément au bout de quelques semaines.
Ils peuvent cependant aussi être liés au dosage, au moment de la prise, etc.
Ces médicaments nécessitent un suivi régulier et parfois une réévaluation du traitement par le médecin prescripteur.

8. Faux
Les statistiques auraient même tendance à démontrer une tendance inverse. Le TDA/H augmente le risque de toxicomanie, mais le traitement le diminue. A moins que ce ne soit le diagnostic lui-même…

9. Faux
Les médicaments qui traitent le TDA/H ont un effet plutôt excitant. Leur spécificité est d’exciter plus « le frein que l’accélérateur ». Mais une personne plus concentrée, moins dispersée, aura l’air plus « calme ». Si un patient est trop calme sous l’effet du médicament, c’est à considérer comme un effet secondaire.

10. Vrai
Mais les symptômes peuvent n’apparaître que plus tard car ces compétences ne sont pas encore très utilisées au début de la vie.

11. Vrai
Le diagnostic de TDA/H implique toujours une distraction, ou des difficultés de concentration, mais pas nécessairement de la nervosité.

12. Vrai
La distractibilité (se laisser facilement distraire) implique que toute stimulation extérieure va détourner l’enfant de son travail scolaire. Notons que certains adolescents étudient mieux avec de la musique parce qu’elle filtre les bruits extérieurs.

13. Faux
La règle est qu’au départ, ils n’y arrivent pas. Ceci dit, à force de ne pas y arriver, beaucoup développent une « mauvaise volonté » par la suite.

14. Faux
Un traitement multimodal est indispensable dans le cadre du TDA/H. La médication n’en est qu’un aspect. Psychoéducation, thérapies et autres donnent d’excellents résultats souvent meilleurs quand ils sont accompagnés de l’aide de la médication. Certains patients sont traités sans médicament.

15. Faux
Le TDAH persiste jusqu’à l’âge adulte dans au moins 50 à 70% des cas. L’hyperactivité motrice diminue le plus souvent avec l’âge mais le trouble de l’attention, l’impulsivité, les difficultés à s’organiser peuvent rester un problème majeur au quotidien.

16. Vrai
C’est le facteur causal principal d’après les études les plus récentes.

17. Faux
La médication sert à diminuer les symptômes sur le court terme et les mesures éducatives à augmenter la maîtrise des symptômes sur le long terme. Le traitement médicamenteux permet d’ailleurs de rendre plus efficaces les mesures éducatives.

18. Vrai
C’est même très caractéristique, surtout si ces variations persistent sur le long terme. Ceci s’explique par un bon niveau scolaire mais une concentration très variable.

19. Vrai
Ce sont des situations qui favorisent une pensée cohérente. En situation de groupe, des stimulations visuelles auditives et émotionnelles multiples peuvent amener à une dispersion des idées.

20. Faux
Il y  plus de diagnostics car le TDA/H est mieux connu. Les études de population montrent une grande stabilité dans le temps.

Document rédigé par le Docteur Denis Verheulpen, neuropédiatre.

Copyright © TDA/H Belgique asbl – http://www.tdah.be – All Rights Reserved.

 

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Nouvelle brochure ! «  Le TDA/H : Petit guide à l’intention des animateurs extrascolaires »

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TOUJOURS PRÊT POUR LE TDAH !

Tu es animateur,

Tu travailles dans un club sportif, une association culturelle, un centre de loisir, un mouvement de jeunesse, une école de devoirs, une académie, une plaine de jeux…

Tu accueilles dans ton groupe un jeune qui :

– respecte difficilement les consignes,

– oublie fréquemment son matériel, perd régulièrement ses affaires,

– se laisse distraire par n’importe quel stimulus extérieur,

– agit ou réagit avant de réfléchir,

– rencontre des difficultés à se faire des amis ou semble avoir du mal à les garder,

– semble mû par un moteur tournant à plein régime.

Tu te demandes comment lui offrir du soutien tout en encadrant ton groupe ?

 

Voici la solution !

L’asbl TDA/H Belgique est heureuse de t’annoncer la sortie de sa nouvelle brochure

 

«  Le TDA/H : Petit guide à l’intention des animateurs extrascolaires »

 

Objectif :  offrir une aide concrète aux animateurs qui accueillent, parmi leur public, des jeunes atteints de TDA/H.

Bonne lecture, et surtout, parles-en autour de toi !

Cette brochure, réalisée, notamment, avec le soutien de la Province de Brabant Wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, complète la collection d’outils édités par l’asbl TDA/H Belgique.

Pour vous la procurer : http://www.tdah.be/index.php/documentation/nos-brochures

 

Colloque « Le TDAH: Présent et Devenir » 24-25 Mai 2019 à Nice, France

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Pour vous inscrire c’est ici : https://www.helloasso.com/associations/tdah-paca/evenements/journees-mediterraneennes-du-tdah-international-conference-on-adhd-nice

LES JOURNÉES MÉDITERRANÉENNES DU TDAH

« Le TDAH: Présent et Devenir »

24-25 Mai 2019

Centre Universitaire Méditerranéen, 65 Promenade des Anglais, Nice, France

24 Mai 2019

08.00-08.30 Accueil des participants et visite des stands

08.30-08.40 Allocution de bienvenue Dr Hervé Caci

08.40-08.45 Allocution du doyen de la Faculté de Médecine de Nice, Pr Patrick Baqué

08.45-09.00 Présentation de l’association TDAH-PACA , Marylin Quilichini

09.00-09.05 Introduction à la séance plénière: Pr Manuel Bouvard, Psychiatre

TDAH et troubles associés

09.05-10.05 TDAH ou faux-TDAH Dr Annick Vincent, Psychiatre. (Quebec)

10.05-11.05 TDAH et Trouble du Spectre Autistique Pr Manuel Bouvard

11.05-12.05 TDAH et Haut Potentiel , Dr Perrine Vandamme, Psychiatre

(Fin de session: TDAH et troubles associés)

12.05-13.50 Pause Déjeuner sur place

TDAH De l’enfant à l’adulte

13.50-14.50 Les trajectoires des enfants TDAH Dr Caci, Psychiatre, Pédopsychiatre

14.50-15.50 Le TDAH chez l’adulte: l’expérience Française Pr. Frank Jean Baylé Psychiatre

(Fin de session: De l’enfant à l’adulte)

15.50-16.50 Les femmes et le TDAH, Sari Solden, Psychologue, auteur (USA)

16.50-17.10 Pause café

17.10-17.40 Présentation des formations: “Savoir mieux être” Isabelle Wolfe (Quebec)

17.40-17.55 Clôture de la première journée avec les orateurs, Pr Manuel Bouvard

19.30-21.30 Apéritif offert à tous les participants, rencontre avec les orateurs

——–

25 Mai 2019

08.30-08.55 Accueil des participants et visite des stands

08.55-09.00 Introduction de la séance plénière Pr.Bouvard, Psychiatre

A l’école et à la maison

09.00-10.15 Stratégies éducatives à l’usage des parents, Sharon Saline, Psychologue et

auteur ( USA)

10.15-11.15 Aménagement pédagogiques Sébastien Henrard, Psychologue, Centre de

l’attention ( Belgique)

11.15-12.15 Communication non violente. Enfants tyranniques, Pr. Diane Purper

(Fin de session: à l’école et à la maison)

12.15-13.45 Pause Déjeuner

Traitements et Stratégies Non-Médicamenteux

13.45-14.45 Méditation de pleine conscience et TDAH, Petronela Mercas PsyD

Petronella Mercas, Psychologue ( France/ Canada)

14.45-15.45 Les Stratégies non-pharmacologiques pour prendre soins de son attention

Dr Annick Vincent Psychiatre, clinique Focus (Canada)

15.4516.00 Pause café

16.00-17.00 Présentation des formations “ Savoir Mieux être” Isabelle Wolfe Clinique

Focus.

(Fin de session: Non-Médicamenteux)

17.00-17.05 Présentation du conférencier Ledercick Horne

17.00 -18.05 LeDerick Horne: Le chemin vers le succès et la réussite
(Empowering students with learning disabilities) USA

18.05-18.20 Clôture et bilan des journées méditerranéennes Dr. Caci, Pédopsychiatre

18.20-20.30 Réception et cocktail sur invitation

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Plus d’infos ? Présentation Journées du TDAH 090219

Les différentes formes d’attention

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« L’attention est un terme large qui recouvre la vigilance, la concentration , et l’intérêt. C’est le contrôle , l’orientation et la sélection par l’individu d’une ou plusieurs formes d’activités durant une période de temps qui ne peut être maintenue longtemps »
LIEURY A. 1996

Les différents types d’attention

– Attention focalisée. 
C’est la possibilité de répondre avec discernement à une stimulation spécifique visuelle, auditif ou tactile.

– Attention soutenue. 
C’est la possibilité de maintenir une réponse comportementale constante pendant une activité continue et répétée. Une sous-composante est la vigilance une autre composante contient la notion de contrôle mental, qui consiste à manipuler une information en la gardant à l’esprit.

-Attention sélective. 
Celle-ci permet d’écarter les distractions, c’est-à-dire, les informations qui perturbent l’action voulue. Ces distractions peuvent être externes (visuels, auditifs, etc.) ou internes (rêveries, soucis).

-Attention alternante. 
Ce niveau réfère à la flexibilité mentale qui permet le va-et-vient de l’attention entre plusieurs foyers nécessaires.
Exemple: l’étudiant qui doit pendant un cours continuellement alterner entre écouter un cours et prendre des notes; ou la secrétaire qui doit taper une lettre, répondre au téléphone et répondre aux demandes de renseignements.

– Attention divisée 
C’est la possibilité de répondre simultanément à plusieurs demandes (p.ex. écouter la radio en conduisant une voiture, tenir une conversation en préparant un repas). Cela ressemble fort à l’attention alternante, mais son traitement à part résulte des possibilités thérapeutiques séparées.

 

A partir de janvier 2019 à 1470 Bousval : Ateliers « Se sentir plus confiant face au TDA/H de son enfant »

Ateliers « Se sentir plus confiant face au TDA/H de son enfant »

Pourquoi de tels ateliers ?

Devenir parent constitue un vrai défi auquel nous ne sommes pas toujours préparés, d’autant plus si notre enfant présente des difficultés d’attention et de comportement hyperactif.

C’est la raison pour laquelle deux psychologues, Emmylou Depaepe et Florence Thiry, proposent des ateliers collectifs à destination des parents dont un enfant souffre de TDA/H. Nous sommes convaincues que le groupe est l’occasion de partager les ressentis avec d’autres personnes dans la même situation dans un cadre bienveillant et dénué de jugement.

Ces ateliers visent avant tout à augmenter votre confiance en vous en tant que parent. Divers exercices vous seront proposés pendant et entre les séances de groupe.

Comment cela se déroulera-t-il ?

Dans le courant du mois de janvier, un premier entretien individuel aura lieu avec une des deux psychologues. Cet entretien aura pour objectif d’expliquer le contenu des ateliers et d’évaluer l’adéquation de votre demande avec les ateliers proposés.

Ensuite, 4 ateliers auront lieu le lundi de 19h30 à 21h30 pendant les mois de février et mars, à un rythme de 2x/mois. Les dates seront les suivantes : 11/02/2019, 25/02/2019, 11/03/2019 et 25/03/2019.

Après les vacances de printemps, un dernier entretien individuel permettra de faire le point sur ce que le groupe vous aura apporté ainsi que sur les éventuelles pistes de suivi.

Informations pratiques

Le prix s’élève à 300€. Cela comprend les 2 entretiens individuels et les 4 ateliers. Les membres de TDA/H Belgique, en ordre de cotisation, bénéficient de 10%.

Le groupe peut accueillir de 4 à 8 participants (pas de couples).

Les entretiens individuels et les ateliers auront lieu au Centre Médico-psychologique « Le Grand Arbre » situé à Rue du Grand Arbre 1A, 1470 Bousval.

Les inscriptions se font par téléphone au 0471/37.06.86

Les médications pour traiter le TDA/H et leur utilisation pendant la grossesse.

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Les médications pour traiter le TDA/H et leur utilisation pendant la grossesse.

La reconnaissance récente du TDA/H comme un trouble qui persiste tout au long de la vie et qui touche 3 à 5 % de la population laisse des centaines de femmes en âge de procréer avec des questions par rapport à l’innocuité de prendre un traitement pour traiter ce trouble pendant leur grossesse.

Traitements utilisés pour traiter le TDA/H

Jusqu’à présent, les stimulants restent le traitement de choix pour le TDA/H. Cela inclus le méthylphénidate (Rilatine, Rilatine MR, Concerta), les amphétamines (Dexedrine et adderall) et la pémoline (Cylert). En plus, les antihypertenseurs (Catapres et tenex) et les antidépresseurs tricycliques (Desipramine et Imipramine) ont toujours été des traitements de première ligne pour le traitement du TDA/H. d’autres antidépresseurs seuls ou en combinaison avec des stimulants peuvent aussi être prescrits pour traiter le TDA/H ou des affections proches. Cela inclus les SSRI (inhibiteur sélectifs de recapture de sérotonine) comme le Prozac, Zoloft et Paxil et plus récemment le Wellbutrin.

Innocuité

Lorsqu’on évalue l’innocuité de n’importe quel médicament pendant la grossesse, plusieurs questions se présentent. Est-ce que le médicament a un effet négatif sur le fœtus en développement qui débouche sur des lésions physiques ou des problèmes neurologiques, cognitifs ou comportementaux ? Est-ce que le médicament prédispose les mères à un accouchement prématuré ou à la naissance d’enfants de petit poids ? Est-ce que la prise de médicament au cours de la grossesse provoque un état de manque chez le nouveau-né lorsqu’il n’est plus exposé au médicament ? Est-ce qu’il y a d’autres effets à long terme suite à l’exposition avant la naissance ?

La réponse à ces questions n’est pas toujours évidente. Les études sur humains peuvent poser des problèmes éthiques alors que les études sur animaux ne sont pas des solutions parfaites. Les dosent administrées aux animaux de laboratoire dépassent de beaucoup les doses habituellement utilisées chez l’adulte, ne permettant donc pas une généralisation à la femme enceinte.

Données disponibles

Jusqu’à présent, aucune étude contrôlée conçue pour étudier l’innocuité de l’utilisation de stimulants dans une population de femmes enceintes n’a été entreprise. Cependant, la question de savoir si les amphétamines causent des problèmes à leur progéniture a été évaluée dans des études sur animaux et dans plusieurs études portant sur des femmes accros aux amphétamines et à d’autres drogues.

Amphétamines

Dans des études sur animaux, des problèmes cardiaques ont été rapportés dans la descendance de souris ayant reçu une dose d’amphétamines 41 fois plus élevée que la dose habituelle chez l’homme. Cependant, aucun effet négatif n’a été rapporté dans la progéniture de lapins ayant reçu 7 fois la dose utilisée chez l’homme ou chez des rats ayant reçu 12.5 fois la dose maximale utilisée chez l’homme.

De nombreuses études portent sur le cas d’enfants dont les mères ont pris des amphétamines pendant le premier trimestre de leur grossesse ou tout au long de celle-ci. Les femmes en question prenaient des amphétamines comme coupe-faim ou étaient accros aux amphétamines. Ces études sont résumées dans le livre « drogue pendant la grossesse et l’allaitement- un guide de référence pour les risques fœtaux ou néonataux, 4 ème édition par Briggs, Freeman et Yaffe publié par Williams et Wilkins (Baltimore, 1994, p 44a-51a).

Une de ces études porte sur 52 mères ayant été exposées à la Dexédrine et 50 non-exposées. Aucune anomalie cardiaque n’a été trouvée dans les deux groupes. Cependant, lorsque ces enfants exposés à la Dexédrine ont été suivi trois ans plus tard, les chercheurs ont mis en évidence des problèmes cardiaques dans cette population.

A l’heure actuelle, en étudiant toutes ces données, la recommandation qui prévaut est que les amphétamines devraient être utilisées chez la femme enceinte quand le bénéfice potentiel pour la mère dépasse le risque pour le fœtus.

Méthylphénidate

Aucune étude satisfaisante n’a été menée sur modèles animaux concernant l’effet du méthylphénidate pendant la grossesse ou l’allaitement. On ne sait donc pas à l’heure actuelle si le méthylphénidate cause des problèmes au fœtus lorsqu’il est consommé par des femmes enceintes. Plusieurs études ont cependant été consacrées aux cas d’enfants ayant été exposé au méthylphénidate pendant la grossesse. Dans une étude réalisée par le «Collaborative perinatal project » qui impliquait 3082 paires mère-enfant, 11 mères avaient été pris du méthylphénidate sans conséquence néfaste sur leurs enfants. Un deuxième groupe a été identifié en 1993. Sur 13 nouveau-nés de ce groupe, un présentait un problème cardiaque. De plus, un cas d’utilisation abusive du méthylphénidate par voie intraveineuse pendant la grossesse a été rapporté. Dans ce cas, l’abus du médicament a été associé à une naissance prématurée, un retard de croissance et un état de manque à la naissance mais aucune malformation ou retard de croissance n’a été observé par la suite chez l’enfant.

Antidépresseurs

Tricycliques

L’utilisation d’antidépresseurs tricycliques n’est pas recommandée pendant la grossesse car des cas isolés d’anomalies congénitales ont été rapportés sans qu’on puisse établir un lien de cause à effet.

Inhibiteurs sélectifs de recapture de sérotonine (SSRI)

Les résultats d’une première étude prospective de l’effet des SSRI (Levox, Paxil, Zoloft) sxur le fœtus in utero ont été publiés récemment. Dans cette étude, 267 femmes de 9 centres médicaux qui avaient appris qu’elles étaient enceintes alors qu’elles prenaient un SSRI ont été comparées à 267 femmes n’ayant pas été exposées à des substances susceptibles de poser problèmes pendant la grossesse. Aucune différence n’a pu être notée entre les femmes ayant pris un SSRI pendant le premier trimestre de leur grossesse et les autres. Il en a été conclu que ces médicaments employés aux doses recommandées ne provoquaient pas d’augmentation du risque de malformation majeur. Il n’y avait pas non plus d’augmentation du risque de fausse-couche, d’enfant mort-né ou de naissance prématurée. Ces résultats sont en accord avec des études précédentes et des essais sur animaux réalisés avec le Prozac . Cette étude ne s’est pas penchée sur le comportement des enfants plus tard. Des études précédentes ont montré un lien entre l’exposition fœtale au Prozac et des anomalies du comportement par la suite.

Antihypertenseurs

Clonidine

Des études réalisées sur le lapin à des doses trois fois plus importantes que la dose maximale recommandée chez l’homme n’a montré aucune preuve de problème sur la progéniture. Aucune étude réalisée dans de bonnes conditions n’a été menée chez la femme enceinte mais, comme les essais sur animaux ne sont pas toujours extrapolables aux humains, ce médicament n’est pas recommandé pendant la grossesse.

Médication pendant l’allaitement maternel

Les informations récentes montrent que les amphétamines sont concentrées dans le lait maternel et peuvent causer des problèmes d’addiction et d’état de manque. Il est donc déconseillé d’utiliser ces médicaments pendant l’allaitement. Le Wellbutrin est aussi secrété dans le lait et ne devrait pas être pris par des femmes qui allaitent à cause du risque de réaction sérieux chez l’enfant. Il en est de même du Prozac. On ne sait pas si le Zoloft est secrété dans le lait mais à cause de cette possibilité, il faut être prudent avec ce médicament si on allaite. Une étude récente a montré que les mères qui prenaient du Paxil ne présentaient pas de trace détectable du médicament dans leur sang alors que de faibles concentrations étaient retrouvées dans le lait. Ces enfants ne présentaient pas selon leurs parents et leur pédiatre d’effets indésirables. Comme la Clonidine (Catapres) est excrétée dans le lait humain, il faut être prudent lorsqu’on l’administre à des femmes allaitantes.

Comme pour chaque traitement, les « pours » et les « contres » doivent être discuté par le médecin prescripteur avec sa patiente avant de s’embarquer sur la voie d’un traitement. Dans le cas où la patiente est ou pourrait être enceinte, le risque pour le fœtus en développement doit être pris en considération.

Beaucoup de femmes souffrant de TDAH expliquent que pendant leur grossesse avec les hauts taux d’œstrogènes et l’augmentation du sentiment de bine être, elles se sentent bien et fonctionnent de manière optimale sans médication. Un traitement stimulant peut donc ne pas être nécessaire pendant cette période et l’utilisation continue d’antidépresseurs doit aussi être discuté. Pour les autres femmes qui pourraient toujours avoir besoin d’un traitement pour fonctionner, on recommande une franche discussion avec leur famille et leur thérapeute. Si elles choisissent de renoncer à leur traitement pendant leur grossesse, elles doivent prendre du temps pour s’assurer qu’elles fonctionnent bien afin de vivre une grossesse en bonne santé. Les femmes souffrant de TDAH doivent prendre des mesures complémentaires pour s’assurer de mener une vie « en douceur » pendant cette période. Elles doivent privilégier une réduction du stress lorsque c’est possible, prendre plus de temps pour elles, augmenter la structuration de leur vie. Faire appel à une baby-sitter pour les jeunes enfants, se faire aider pour le ménage et les lessives peut aider à garder une bonne organisation et que tout se passe sans heurts. Travailler avec un coach ou un thérapeute peut aussi être important à considérer.

Après l’arrivée du bébé, elles auront aussi besoin d’aide. Prévoir une aide supplémentaire ou renoncer à l’allaitement maternel afin de pouvoir reprendre leur médication sont deux options à discuter avec le thérapeute et le pédiatre du bébé. Souvenez-vous qu’une maman calme peut être plus importante pour le bébé et le reste de la famille qu’une maman qui allaite son nouvel enfant.

Nous espérons que cet article aidera les femmes dans leurs discussions avec leur médecin et qu’elles seront mieux informées afin de décider du bénéfice de continuer ou pas à traiter les symptômes de leur TDAH. Il ne doit cependant jamais remplacé un avis médical. La décision de prendre des médicaments pendant la grossesse peut avoir de sévères conséquences et ne doit se faire qu’après discussion avec le médecin qui peut donner un avis basé sur la connaissance des antécédents uniques de chaque femme et son état de santé actuel ainsi que des circonstances.

Traduction pour TDA/H Belgique de « Medication Use during Pregnancy: A Concern for Women with AD/HD » by David W. Goodman, MD and Patricia O. Quinn, MD inUnderstanding Women with AD/HD , Kathleen Nadeau, Ph.D. and Patricia Quinn, MD

(Eds.) copyright 2002, Advantage Books.

Troubles d’apprentissage : ateliers de groupes participatifs « orientés solutions » à 7301 Hornu

Troubles d’apprentissage : ateliers de groupes participatifs « orientés solutions »
au Centre Thérapeutique du Hainaut – Avenue Biesman, 21 à 7301 Hornu
à partir de décembre 2018
Pour plus d’informations et inscriptions : joelle.polidori@gmail.com

Les membres de l’association TDA/H Belgique en ordre de cotisation bénéficient d’une réduction de 10%.

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