Prise en charge médicamenteuse et non médicamenteuse du TDA/H​

Source : https://www.health.belgium.be/fr/avis-9547-prise-en-charge-medicamenteuse-et-non-medicamenteuse-du-tdah

Dans cet avis scientifique, qui propose des lignes directrices aux responsables des politiques en matière de santé publique, le Conseil supérieur de la Santé de Belgique formule des recommandations sur la prise en charge médicamenteuse et non médicamenteuse du TDA/H chez les enfants, les jeunes et les adultes.

Des premiers soins pour le TDAH au trajet de soins élaboré

Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) est un trouble
neurodéveloppemental qui peut survenir à différents stades de la vie. La caractéristique
essentielle est un schéma persistant de problèmes de concentration, et/ou d’hyperactivité/
impulsivité qui entraîne des problèmes à l’école, au travail ou dans la vie sociale. Le TDA/H a
déjà fait l’objet de deux avis du Conseil Supérieur de la Santé (CSS), un premier au sujet de
la sécurité et des effets secondaires des stimulants (publié en 2011) et un deuxième
concernant les bonnes pratiques cliniques en matière de reconnaissance, de diagnostic et de
traitement du TDAH (publié en 2013). Suite à une demande du SPF Santé Publique, le CSS
a actualisé ses recommandations sur les interventions, et les ont élargies aux adultes.

Importance du diagnostic

Pour une prise en charge adéquate du TDA/H, il est d‘abord important que le diagnostic soit
correctement posé. Pour cela, les recommandations de l’avis de 2013 restent d’application.
Le diagnostic du TDA/H chez un enfant n’est pas une mission du médecin généraliste, ni des
enseignants ou d’autres professionnels de première ligne. Il doit être posé par une équipe
d’experts de deuxième ou troisième ligne. Les adultes devraient eux aussi être orientés vers
un spécialiste des soins de santé mentale ayant une formation dans le diagnostic et le
traitement du TDA/H à l’âge adulte, de préférence en collaboration avec un psychologue ou
un orthopédagogue clinicien.

Quand prescrire des médicaments ?

En cas de TDA/H, le CSS recommande, à tout âge, de commencer par une offre psychoéducative pour le patient lui-même et son entourage (parents, enseignants…). Cela veut dire qu’ils sont informés sur le développement et l’évolution des symptômes du TDA/H, l’impact des symptômes sur leur vie quotidienne, l’influence de leur environnement et les options de traitement.

Si la psychoéducation n’est pas suffisante, d’autres interventions doivent être envisagées.
Elles seront choisies en fonction de plusieurs facteurs, tels que l’âge, la sévérité du TDA/H, la
présence de troubles du comportements ou d’autres pathologies, l’effet des mesures déjà
prises, et les préférences du patient. Les différents trajets de soins sont détaillés dans l’avis.

En-dessous de 6 ans, les médicaments ne sont pas recommandés. A partir de 6 ans, on peut
mettre en place, selon les cas, un traitement médicamenteux seul, une intervention non
médicamenteuse seule, ou une combinaison des deux. Les interventions non
médicamenteuses recommandées sont, en fonction des cas, les programmes d’entrainement
aux habiletés parentales, la formation des enseignants et la thérapie cognitivocomportementale.

Régimes spécifiques : pas de preuve d’efficacité

Il n’y a actuellement pas suffisamment de preuves scientifiques pour recommander d’autres
interventions, telles que la relaxation, les thérapies créatives, le neurofeedback et
l’entraînement cognitif informatisé, pour le traitement du TDA/H. Il n’y a pas non plus de preuve
de l’effet de l’activité physique ou de régimes alimentaires spécifiques, bien qu’une
alimentation et un mode de vie sains soient évidemment recommandés).

Remboursement des médicaments

Pour que ces recommandations puissent être mises en pratique, il est nécessaire d’adapter
l’organisation des soins de santé mentale et le remboursement des interventions.
Alors que certaines formes seulement de médicaments sont remboursées pour les enfants (et
aucune pour les adultes), le CSS recommande par exemple de rembourser toutes les formes
si le prescripteur suit les directives. Le CSS recommande également que le soutien
psychologique ne soit pas une condition pour le remboursement des médicaments, car ce
soutien n’est pas toujours nécessaire, ou ne le reste pas quand le patient est stabilisé. Enfin,
le CSS recommande que le remboursement actuel du méthylphénidate soit étendu à toutes
les formes de médicaments à libération retardée, que le critère d’âge de 6 à 17 ans soit
abandonné, et que le remboursement simultané de deux formes de méthylphénidate (à courte
et longue durée d’action) soit possible.

Accessibilité des interventions psychologiques

Le CSS considère que les interventions non médicamenteuses ne sont actuellement pas
suffisamment disponibles et accessibles. L’aide psychologique est encore trop peu
remboursée, et n’est donc pas accessible pour de nombreuses familles. En outre certaines
formes de prise en charge ne sont pas encore suffisamment disponibles en Belgique.
Le CSS réitère donc les recommandations déjà faites en 2013 : il faut davantage de
professionnels formés aux programmes d’accompagnement, un meilleur remboursement des
psychologues, davantage de programmes d’entraînement aux habiletés parentales, et une
meilleure formation des enseignants à ce sujet. Le CSS recommande en outre d’investir dans
des équipes plus multidisciplinaires.

L’avis, dans son intégralité, (CSS_9547) se trouve sur le site internet du Conseil Supérieur
de la Santé : https://www.health.belgium.be/fr/avis-9547-prise-en-chargemedicamenteuse-et-non-medicamenteuse-du-tdah.



Le site du Conseil Supérieur de la Santé : http://www.css-hgr.be.


A propos du Conseil Supérieur de la Santé (CSS)
Le Conseil Supérieur de la Santé est l’organe d’avis scientifique du SPF Santé
publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement. Dans le but de
garantir et d’améliorer la santé publique, le Conseil formule des avis scientifiques
afin de guider les décideurs politiques et les professionnels de la santé. Grâce à son
réseau d’experts et ses collaborateurs internes, le Conseil se base sur une évaluation
multidisciplinaire de l’état actuel de la science pour émettre des avis impartiaux et
indépendants. Ainsi, le CSS applique un système de gestion des conflits d’intérêts
potentiels. Le Conseil élabore ses avis sur demande de la Ministre ou de sa propre
initiative et les publie.
Tous les avis publics et brochures sont disponibles sur le site : http://www.css-hgr.be

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