Témoignage d’adulte : Louise

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Mais qui suis-je ? Louise ou TDA/H ?

C’est une des grandes questions que je me pose en ce moment. Après tant d’années où je me suis efforcée à me cacher de ce que je suis et bien oui, je peux dire que je me suis perdue. J’ai mis tellement de choses en place pour ne pas qu’on remarque que j’étais différente, pour effacer mes faiblesses sur lesquelles je n’arrivais pas à trouver un nom. Il m’aura tout de même fallu 24 ans pour découvrir que mon mal n’était pas un truc que je m’étais inventé et qu’il s’appelait TDA/H. Pousser les portes des bons spécialistes aura été difficile mais finalement bien moins difficile que de vivre une vie où on ne se sent jamais à sa place ou à la hauteur.

Avec comme la plupart des TDA/H une scolarité difficile où je criais à qui voulait bien l’entendre que je détestais l’école, oh oui je l’ai vraiment maudite. Malgré tous les efforts, jamais je n’arrivais au résultat que les autres avaient, ce qui était très frustrant. Petit exemple, les devoirs : certains faisaient leurs devoirs en une heure pendant que moi je restais des heures dessus sans parfois réussir à les terminer. Un véritable calvaire pour moi mais surtout pour mes parents qui ne savaient plus comment faire avec moi. Plutôt discrète et travailleuse j’ai toujours été aidée par mes profs même dans le secondaire.

Malgré tout je n’ai jamais réellement trouvé ma voie, après avoir essayé différentes options, j’ai fini par laissé tomber mais je ne pouvais quand même pas rester sans rien faire et j’ai donc dû découvrir le monde du travail, et quel monde pour une TDA/H qui s’ignorait. J’ai beaucoup souffert avec beaucoup d’échecs. Ou j’étais trop lente, distraite, les consignes difficiles à retenir et à respecter et donc vous vous en doutez mon estime de moi-même qui n’était déjà pas très élevée, s’est alors complètement éteinte.

Personne n’aurait pu imaginer une seconde ce que je vivais tellement j’arrivais à donner le change, même moi j’ai réussi à me persuader que tout était normal et que tout allait bien jusqu’au point de non retour et quelle violence je me suis faite quand je suis revenue les pied sur terre. Ca fait tout juste un an que j’ai été diagnostiquée et quelle année difficile j’ai vécue, à me battre un peu plus contre ce fameux TDA/H, une vraie guerre intérieure. 

Aujourd’hui, je suis en train de reprendre sérieusement le dessus et j’en suis très fière, et pouvoir enfin être heureuse, chaque pas que je franchis deviens une victoire et quand je regarde derrière moi je peux me dire que j’en ai franchis un gros nombre, le prochain gros défi que je me lance c’est de créer un avenir professionnel qui me comble vraiment. Les idées se forment mais reste à voir si elle sont réalisables pour que je puisse en faire profiter des gens qui le méritent amplement. J’aimerais pouvoir travailler avec des TDA/H qui ont juste besoin du petit coup de pouce. Enfin c’est un début d’idée… Je continue à méditer là-dessus !!!

La dernière chose que j’ai à dire c’est que chaque être à droit à avoir sa part du bonheur, et surtout ne vous oubliez pas vous-même.

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Témoignage d’adulte : le TDA/H n’est pas une malédiction

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J’ai toujours su que j’étais différente, mais cela ne fait que quelques mois (2 ou 3 ? le temps chez un TDA/H est quelque chose d’indomptable !) que j’ai mis un nom sur cette différence.

J’ai toujours cherché ce qui faisait cette différence, mais ce qui m’a beaucoup appris, ce qui m’a permis d’avancer dans la connaissance des troubles du TDA/H, c’est la naissance de ma fille, et les années passées à l’élever, à l’éduquer. Le coeur d’une mère perçoit des choses que les autres ne comprennent pas…. Les difficultés de ma fille à l’école et surtout le regard des autres, m’ont plus appris que n’importe quel livre.

J’avais entendu parler d’hyperactivité, comme tout le monde, mais je ne pensais pas être concerné, car je vis entourée de TDA/H et pour moi, ce sont les autres qui sont lents…….

Je n’ai pas épousé mon mari par hasard, comme je n’ai pas choisi mes amis par hasard non plus, je sais maintenant que je les ai choisi pour leur différence (leur TDA/H). J’arrive facilement à reconnaitre les enfants ou les adultes TDA/H, et je sais que ce trouble est beaucoup plus répandu que ce qu’il y parait. Je pense qu’il est héréditaire et qu’en plus de cela, les femmes TDA/H sont attirées par des hommes TDA/H et inversement, ce qui finit par faire des dynasties complètes de personnes atteintes par ce trouble.

Personnellement je suis d’apparence plutôt calme, c’est plus mon esprit qu’il faut occupé que mon corps. Lorsque je fais quelque chose, je dois toujours le faire le plus vite possible. Ce qui me caractérise c’est : vouloir finir avant de commencer. J’ai souvent l’impression que ma machine s’emballe, que je suis prise dans un train d’enfer, qui me donne le vertige. J’ai beaucoup de mal à supporter les autres que je ne trouve pas assez rapide, souvent je fais les choses à leur place et cela m’épuise. Pour avoir un peu de paix et retrouver un rythme normal, je m’isole, je passe alors pour une sauvage auprès des autres.

Je suis organisée, contrairement à beaucoup de TDA/H, car je sais que j’ai besoin d’être très structurée pour survivre. Donc, je range, je cadre, j’organise avec parfois des petits côtés maniaques qui sont « mes  » garde-fous…..

Le TDA/H de mon mari est différent du mien, il est plus « extériorisé », quand à ma fille âgée  de 22 ans, si dans son enfance elle était plutôt du genre insupportable, aujourd’hui elle semble canaliser sont trop plein d’énergie dans ces études pour ma plus grande joie !

En conclusion, le TDA/H n’est pas une malédiction, ça peut même devenir un avantage, le connaître et le faire connaître, apprendre à vivre avec  et  faire de ses différences un atout.

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Témoignage d’adulte : nous somme plein de ressources

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Nous sommes plein de ressources

Toute petite déjà, mes parents me décrivaient comme une super gentille petite fille, très speedée, ne comprenant pas bien les tâches et habitudes quotidiennes, hyper fonceuse n’ayant aucune conscience du danger et  fort distraite avec une imagination grandiose mais ayant un gros problème comportemental dans la vie de tous les jours, à l’école (où je me suis déjà  fait renvoyer en …maternelle) ne tenant pas en place.

Heureusement mes parents sont retournés très vite en Afrique pour y travailler et comme il n’y avait pas d’école où on allait c’est ma mère qui m’a appris à écrire, calculer…
J’ai vraiment été épanouie là-bas car mon côté sauvage ne dérangeait personne et me rendait heureuse.
Évidement il a fallu revenir ici en Belgique : j’avais 10 ans. Inutile de vous expliquer les difficultés que j’ai eues… J’ai pourtant réussi ma scolarité mais j’avais toujours des comportements incompatibles avec la normalité.

À l’adolescence j’ai fait les 400 coups, j’ai été renvoyée de deux  écoles surtout pour avoir séché les cours. J’ai appris à voler, à fumer à 14 ans, à rouler des joints à 15 et à fuguer.
J’ai bien vu un psy mais il ne m’a pas aidée.
J’ai fait des études en professionnelles : dès la 3ème je n’étudiais pas, je pensais instant présent et pas au futur.
Je suis partie à 17 ans de chez moi.
Vers 18 ans j’ai eu envie de faire des études. J’ai passé une année scolaire préparant au jury central et j’ai réussi et entamé des études en 3 ans. J’ai eu mon diplôme aussi parce que j’ai étudié motivée mais j’avais des problèmes de concentration et je n’arrivais pas bien à m’organiser, ce qui m’a suivi au travail et posait des soucis.

Je me suis mariée, j’ai eu mon premier enfant. J’adorais être maman mais je n’arrivais pas à m’organiser, à gérer les dépenses, à anticiper et… j’ai eu un enfant 14 mois après le premier.
Puis je suis partie sur un coup de tête.
J’ai perdu la garde de mes petits car je n’avais rien où aller et j’ai souffert de ne voir mes enfants que le week-end et les vacances.

Ensuite ce fut la descente : j’ai pris des drogues dures, j’ai perdu mon emploi, j’ai eu sept accidents de voiture.. et bien d’autres choses tristes et dures me sont arrivées.

Il y a 15 ans j’ai arrêté mes conneries avec l’aide d’un psy (traitement à la méthadone), j’ai refait ma vie avec la chance de retrouver un boulot ( le 8ème…) et rencontré un homme super.
J’ai récupéré la garde de mes deux enfants quand ils avaient 10 et 11 ans et j’ai eu deux garçons par la suite qui sont aussi TDA/H.

Je ne le voyais pas vraiment étant aussi speed qu’eux : c’est en consultant à la demande de l’école que le diagnostic est tombé pour les deux derniers et… je me suis comprise à travers eux.

J’ai consulté un spécialiste du TDA/H. Enfin j’ai pu me comprendre, et analyser cette vie que je ne comprenais pas : ce fut un choc.

Devoir prendre un traitement est une évidence et cela m’aide toujours beaucoup deux ans après.
La psychoéducation aussi : je vis mieux aujourd’hui et si je comprends bien mes deux derniers je crains que leurs vies ne soient pas un long fleuve tranquille…
Puissent- ils avoir la chance que j’ai eue et « un bon ange gardien ».
Leurs pédopsys me disent qu’ils ont plus de chance maintenant grâce à la connaissance du TDA/H, à la médication qui les aide beaucoup ainsi que toutes les prises en charge existantes.

Je pense que nous sommes pleins de ressources que les « autres » n’ont pas toujours et que c’est ce qui fait notre force .

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Témoignage d’adulte : oui c’est injuste

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Oui c’est injuste !


Oui, c’est injuste de passer son enfance a recevoir comme seul compliment « manque d’attention », « a les capacités mais peut mieux faire », « trop distrait »
Oui c’est encore plus injuste de vivre des années en souffrance avec ses parents. C’est horrible d’être passif devant notre propre capacité à décevoir, a ramener au néant les rêves d’avenir qu’ils font pour nous.
Ne jamais pouvoir répondre au « Quand vas-tu arrêter de rêver ? » ; s’entendre souvent dire « Tu étais si intelligent petit », »je suis tellement déçu »…

Et pourtant, je comprends. Tout. Vite. Et heureusement car si je ne comprenais pas vite, je ne pourrai pas faire vite et ma vie sociale sera entièrement détruite.
Cette capacité mise au seul profit de la mascarade de ma propre impuissance de contrôler ces jambes en constant mouvement, cette incapacité a discuter sans couper la parole, ce combat du quotidien voué a l’oeuvre mort-née.
La frustration de pouvoir tout imaginer et de ne pas avoir la force de s’imposer la réalisation.

Des années à subir l’étonnement des uns, la jalousie de la facilité, les moqueries, et jusqu’où les mots vont ?
« tu t’auto détruis »
« tu n’arrive à rien »
« pourquoi tu n’utilises pas tes capacités »
« tu n’es que mon fils biologique »

Oh, bien sur, j’ai appris à faire la part des choses, certains maux ne sont que les effets d’une même cause.

J’ai pleuré ne me rendant compte que d’autres vivaient ma vie.

Et pourtant, je me suis cru aliéné, malade, désaxé. Mais pas, je ne suis pas anormal.

Oui quand tu me parles, je sens tes émotions, je suis réceptif aux changements de tes intonations, au langage de ton corps.
Oui je ne sais pas finir, je ne sais pas me concentrer.
Mais j’aimerais.

Je vis conscient de cela depuis une vingtaine d’année. Plus précisément depuis le collège, où le degré d’attention requis augmente. Et forcement, j’ai plus suivi.
Du premier de la classe, je suis devenu un élevé moyen, puis au fur et à mesure, un des cancres. Paniqué, j’ai cherché des moyens de faire oublié.
J’ai volé, j’ai menti, j’ai triché.
J’ai changé 150 fois de centre d’intérêt.

Péniblement, j’ai obtenu mon bac. Cela fait maintenant 8 ans, pardon 9 ans, j’ai perdu mon année d’avance, que je n’ai jamais pu apprendre une leçon ‘par coeur’. Je lis des livres, oh oui, mais j’y lis des dizaines de pages en diagonale.

Je fume. Je savais que je ne devais pas commencer : je ne peux pas lutter contre mes addictions.Tant pis : je les agrémente. Ca m’aide.
Pendant 2 heures, mon esprit s’ouvre, ma conscience est apaisée.

Pourtant, je continue mes études. C’est encore pire. Non seulement les cours durent 4 heures, autant dire une éternité, mais le rythme est lent, très lent. J’essaye, je bute. Notamment sur le droit… Rire.. .Je le savais à l’avance, trop long, trop théorique, trop de lignes.
Je décroche des cours. Je me réfugie dans le cuites rituelles du vendredi soir.
Je vis à découvert, dans un studio que j’ai rendu insalubre au grands éclats de rire de ma bande de copains que depuis j’ai écoeuré.
J’arrête l’école. Je craque. C’est insoutenable de se sentir toujours plus médiocre.

Je trouve un job. Par hasard. Il est facile. Ca parle de chiffre, de plus value et il suffit de convaincre quelqu’un pour qu’il m’embauche. Pas de tache trop longue, je travaille vire, très vite. Trop vite. Je fais en 2 heures ce que les autres font en 6 heures (quoi que je les soupçonnes de ne pas se voir affecter plus de travail)
J’y rencontre une fille, je tombe amoureux. Mon dieu, c’est la première fois. Toutes les autres sont tombés dans l’oubli au premier baiser.
Je reste, je la veux. Le jeu dure 1 an.

Je fume 25 G d’herbe par semaine, même le matin avant d’aller travailler. Je me sens à la limite, mais c’est ce qu’il me faut pour supporter.

Je vais voir un psychiatre, il me parle de ma mère, mais il fait fausse route. Au bout de quelque temps, il me dit que je n’ai pas besoin de lui, que je n’ai rien, sauf des angoisses, normales à mon âge.

Nous nous marions, je travaille. Serait-ce le début de la normalité ?
Non, faut remplir les impôts, faire des paperasses débiles, gérer un compte, payer les charges, le loyer…Ca m’effraye rien que d’y penser.

Je vais voir un médecin, lui dit au combien il m’est difficile de dormir, que je me sens seul, mal, désabusé.
Il me dit que c’est dans ma tête.

Nous en avons un enfant. Mon fils. De suite après un autre, Ma fille.
Je les aime fort.

Je ‘travaille’ presque, je me vends, je communique, mais souvent, ça reste du vent. Parfois un sujet me passionne et m’absorbe, mais bordel, j’arrive toujours pas à finir.
Ils me disent ‘ingérable’, ‘ne sais pas écouter’, mais ‘brillant’, ‘créatif’ et ‘vendeur’.

Je veux arrêter de rêver. Je veux juste pouvoir finir ce que j’ai commencé.
Je vous demande d’empêcher mes jambes de bouger sans cesse, de pouvoir finir ce que j’ai commencé.

Hier j’ai été diagnostiqué TDA/H, une nouvelle vie commence peut-être ?

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Témoignage d’adulte : enfin

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Enfin !

D’écoles en écoles, d’échecs en échecs, pour moi d’humiliations en humiliations, bref, qualifié de turbulent, de fainéant et de très mauvais élève. J’en ai vraiment bavé pendant 29 ans.
À 24 ans on me diagnostique schizophrène encore un coup dur, étant très perturbé par ma vie de mauvaises nouvelles, je fais mon entrée dans les hôpitaux  psychiatriques. Durant cinq ans avec toujours  une hésitation sur ma maladie,  on me donne tous les médicaments qu’un schizophrène  prend, ils n’avaient pas d’effets positifs sur moi, cinq ans d’hôpitaux  psychiatriques en hôpitaux psychiatriques.
Jusqu’au jour où mon médecin étant en congé, c’est un nouveau psychiatre qui s’occupe de moi. Il me dit : je voudrais te prescrire un médicament qui soit ne va rien changer du tout ou qui va tout changer ! Evidemment, j’ai accepté !
Résultat, tout change et principalement ma concentration et ma spirale d’échecs prend enfin fin. Tout reste très dur pour moi parce que tout reste à prouver, je veux parler de ma capacité à vivre comme tout le monde. Voilà le résumé de mon parcours.

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Témoignage d’adulte : pourquoi ?

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Pourquoi je suis aussi sensible?
Pourquoi je suis attirée par les mecs barges?
Pourquoi je suis remuée jusqu’au fond des tripes quand y a du racisme et de l’intolérance aux actualités?
Pourquoi j’ai honte de ce que je suis, ce que je fais?
Pourquoi j’en reviens pas quand on me sourit?
Pourquoi je pleure quand on me manifeste de l’amitié?
Pourquoi je fais une fixation sur l’Algérie?
Pourquoi, pourquoi, pourquoi?
Pourquoi est-ce que je vis avec les nerfs à vif, que je suis hyper-sensible à tous les pb psychologiques des gens qui m’entourent, et pourquoi on me traite d’égoïste…

Avant, je me fermais au monde, je me protégeais, mais j’étais seule… simplement, les marques d’amitiés me perturbent autant que leur absence… Ca va passer? J’apprendrai à les accepter? 

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125 caractéristiques positives des personnes atteintes de TDA/H

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125 caractéristiques positives des personnes atteintes de TDA/H

Réfléchies Fiables Joyeuses Originales Généreuses Ouvertes d’esprit Battantes Curieuses Énergiques Loyales Joviales Importantes Intenses Douées Actives Rapides Fières Naturelles Hyperactives Imaginatives Altruistes Meneuses Artistes Intéressantes Adaptables Originales Aventureuses Intuitives Attachantes Créatives Affectueuses Obstinées Entreprenantes Intelligentes Dynamiques Indulgentes Compréhensives Pleines de ressort Sympathiques Multitâches Courageuses Enthousiastes Intéressées Non Conventionnelles Audacieuses Complices Endurantes Charitables Sportives Critiques Enrichissantes Indépendantes brouillardes Empathiques Extraverties Optimistes Sympa Protectrices Entêtées Franches Génératrices d’idées Serviables Observatrices Fantaisistes Flexibles Passionnées Résiliantes Sensibles Épatantes Persévérantes Spontanées Tenaces Innovatrices Fortes Participatives Résistantes Solidaires Travailleuses Minutieuses Impulsives Heureuses Responsables Captivantes Tolérantes Visionnaires Souriantes Assoiffées de justice Surprenantes Authentiques Engagées Sociables Volontaires Agiles Vraies Accueillantes Tenaces Uniques Précieuses Importantes Créatives Drôles Non conformistes Aimables Audacieuses Gentilles Bienfaisantes Magiques Astucieuses Réfléchies Ingénieuses Heureuses Déterminées Agréables Intrépides Remarquables Vives Polyvalentes Bienveillantes Attentives aux détails Leaders Merveilleuses Résilientes Volubiles Éloquentes Passionnantes…

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Voici quelques trucs pour aider un enseignant ayant dans sa classe un ou plusieurs élèves atteints de TDA/H.

– Il est important de bien connaître la problématique du TDA/H afin de pouvoir s’informer et adapter son enseignement.

– Demandez du support et de l’aide. Il devient très vite fatigant, pour un professeur, d’avoir deux ou trois enfants atteints de TDA/H, dans sa classe.

– Faites prendre conscience aux élèves des différences de chacun. (différences physiques, différences de rythmes de mémorisation, de stratégie par rapport au travail et à la réflexion).

– Faites accepter par l’ensemble de la classe la prise en charge particulière des enfants atteints de TDA/H.

– Développez l’entraide entre les enfants atteints de TDA/H et les autres.

– Faites prendre conscience à l’enfant atteint de TDA/H qu’un même objectif peut être atteint par des chemins différents.

– Soyez à l’écoute de l’attitude de l’enfant souffrant de TDA/H.

– Connaissez vos limites. N’ayez pas peur de demander conseil. En tant que professeur, vous ne pouvez pas vous croire un expert sur un tel sujet. Sentez-vous à l’aise de faire une demande d’aide quand le besoin se fait sentir.

– Demandez à l’enfant ce qui peut l’aider. Ces enfants savent souvent ce qui leur convient ou ne leur convient pas.

– Prenez le temps de créer un climat de confiance avec vos élèves.

– Rappelez-vous que les enfants atteints de TDA/H ont besoin de structures. Ils ont besoin que leur entourage construise au-dehors ce qu’ils ne peuvent construire à l’intérieur d’eux-mêmes.

– Fournir une liste ou un aide-mémoire à l’enfant afin qu’il puisse s’y référer lorsqu’il se sent perdu dans les nombreuses tâches qu’il a à effectuer. Ces enfants ont besoin de beaucoup de structures.

– Vérifiez dès le début si vous avez bien toute l’attention.

– Diviser les activités en petites étapes pour encourager le sentiment de maîtrise et réduire les risques d’échec et de frustration.

– Établissez souvent le contact visuel « les yeux dans les yeux « . On peut  » ramener  » un enfant atteint de TDA/H par le contact visuel. Faites-le souvent. Un coup d’oeil peut sortir l’enfant de sa rêverie ou lui donner la permission de poser une question ou encore lui donner un accord silencieux.

– Souvenez-vous de la partie affective de l’apprentissage. Ces enfants ont besoin d’aide pour trouver du plaisir dans la classe, de la maîtrise au lieu de l’échec et de la frustration, de la stimulation à la place de l’ennui ou de la peur. Il est important de se soucier des émotions qui accompagnent le processus d’apprentissage.

– Affichez les règles. Écrivez-les nettement et mettez-les en évidence. Les enfants seront rassurés, sachant ce que l’on attend d’eux.

– Répétez les instructions. Écrivez les instructions. Discutez des instructions. Répétez les instructions. Ces enfants ont besoin d’entendre les mêmes conseils plus d’une fois.

– Faites répéter les consignes à l’enfant

– Asseyez  l’enfant TDA/H près de votre bureau afin de limiter les sources de distraction et faciliter sa concentration sur les explications ou les travaux à faire.

– Posez des limites, des frontières. Ceci les contient et les calme, sans être répressif. Faites-le avec consistance, prévoyance, promptitude et fermeté.

– Élaborez un plan de travail aussi prévisible que possible. Affichez-le au tableau ou sur le bureau de l’enfant. Faites-y souvent référence. Si vous devez le modifier, comme tout bon professeur le fait souvent, avertissez bien à l’avance et donnez tout le temps de préparation nécessaire.

– Trouvez des prétextes ou des moyens qui lui permettent de bouger sans trop déranger par exemple en allant faire des commissions.

– Soyez pour la qualité plutôt que la quantité des devoirs.

– Restreignez la quantité d’écrit de l’élève atteint de  TDA/H sans pour autant en négliger la qualité.

– Donnez peu de travail à réaliser à la maison.

– Prévoyez de fournir une feuille avec des indications précises pour les devoirs à la maison.

– Donnez l’exercice corrigé.

– Assurez-vous de la lisibilité de l’écrit dans le cahier de texte.

– Trouvez des alternatives pour aider ces enfants. Par exemple, laisser la possibilité à l’enfant atteint de TDA/H de faire ses devoirs à l’ordinateur, car l’écriture est difficile pour lui. 

– Permettez-vous d’être décontracté, enjoué, original ; ayez du plaisir avec les enfants. Créez de la nouveauté pendant la journée. Les enfants atteints de TDA/H aiment le renouveau et y répondent avec enthousiasme ; de plus, leur attention aussi bien que la vôtre se conserveront bien mieux.

– Évitez de tomber dans l’excès de stimulation ; car comme une marmite sur le feu, tout peut sauter ; soyez toujours prêt à réduire la chaleur. La prévention demeure la meilleure façon de gérer le désordre en classe.

– Ne manquez pas de mettre en relief toute forme de réussite. Ces enfants vivent tant d’insuccès qu’ils ont besoin qu’on les considère d’une façon positive. On ne peut trop souligner ce point ; ces enfants ont besoin et profitent des éloges qu’on fait d’eux. Ils aiment les encouragements. Ils s’en abreuvent et en sortent grandis. Sans cela, ils retournent dans leur coquille et perdent de leur vitalité. Très souvent, le côté dévastateur du TDA/H ne vient pas de la condition elle-même, mais du dommage qu’il crée à l’estime de soi. Aussi, faut-il prodiguer plein d’encouragements et de félicitations à ces enfants.

– Annoncez ce que vous allez dire avant de le dire. Puis dites-le. Et redites ce que vous avez dit.

– Simplifiez les instructions, simplifiez les choix, simplifiez les explications.

– Un système de récompense peut modifier le comportement. Les enfants atteints de TDA/H sont sensibles aux récompenses.

– Faites l’essai du cahier qui suivra l’enfant de la maison à l’école et de l’école à la maison. Ceci peut vraiment aider à la communication  » parent-enseignant  » dans le suivi quotidien de l’enfant, et éviter les interventions de crise. Ne pas oublier d’y noter chaque jour quelque chose de positif même si c’est quelque chose de minime.

– Félicitez, soulignez, approuvez, encouragez et rendez-vous disponibles.

– Pour prévenir la gêne, expliquez bien le traitement que l’enfant reçoit aux autres enfants en lui donnant des airs de normalité

– L’utilisation de questions au lieu de demandes directes réduit le degré d’obéissance. Par exemple, une phrase du type suivant: « Voudrais-tu cesser de taquiner tes compagnons? » est moins efficace que « J’exige que tu cesses de taquiner les autres. ».

– Il est préférable de formuler une requête d’assez près (un mètre ou l’espace d’un bureau) que de loin (sept mètres ou de l’autre bout de la classe).

– Il est également préférable de regarder l’élève dans les yeux ou de lui demander de vous regarder

– Il est recommandé de ne pas énumérez rapidement une série de directives (par exemple, « S.T.P., donnes-moi ton devoir, conduis-toi bien aujourd’hui et ne taquine pas l’élève assise devant toi. »).

– Il est préférable d’utiliser une voix douce mais ferme que de parler fort (c’est-à-dire crier pour obtenir l’attention de l’enfant).

– Laissez le temps à l’élève de réagir après votre demande (de trois à cinq secondes). Pendant ce court laps de temps, ne lui parlez pas (aucune discussion ni excuse), ne reformulez pas votre requête et n’en faites pas une nouvelle. Regardez simplement l’élève dans les yeux et attendez qu’il obéisse.

– Il est plus efficace de formuler des requêtes positives en demandant à un élève d’adopter un comportement acceptable (par exemple, « S.T.P., commence ton travail de mathématiques. ») que de lui demander de cesser un comportement inacceptable (par exemple, « S.T.P., cesse de parler. »).

– Il est préférable de maîtriser ses émotions négatives lorsqu’on adresse une demande à un élève (éviter, par exemple, de crier, de l’injurier, de le faire sentir coupable ou de le brutaliser). Des réactions trop émotives diminuent l’obéissance et peuvent aggraver la situation.

– Les requêtes positives et descriptives sont préférables à celles qui sont ambiguës ou trop générales (par exemple, « S.T.P., assieds-toi sur ta chaise, les pieds au sol, les mains sur ton bureau et regarde-moi. » est mieux que « Fais attention! »).

– Il est trop facile d’exiger un comportement d’un élève, puis de l’ignorer s’il le manifeste. Si vous souhaitez plus d’obéissance de la part de vos élèves, offrez-leur un renforcement sincère.

– Contactez souvent les parents : ceci vous évitera de les rencontrer seulement en temps de crises ou de problèmes.

– Offrir certaines options, dans la mesure du possible, pour améliorer le sentiment de maîtrise de l’enfant, en prévoyant tout de même un cadre structuré.

– Donner souvent l’occasion à l’enfant de voir que les conséquences dépendent de son comportement. Par exemple, répondez à ce qu’il dit plutôt que de parler en premier, choisissez des jouets qui réagissent aux gestes de l’enfant plutôt que d’encourager la passivité, etc.

– Encourager la participation active à des activités ludiques et des jeux de rôle plutôt qu’à des activités éducatives formelles plus passives.

– Prévenir l’enfant, dans la mesure du possible, des conséquences indésirables (naturelles ou imposées) associées à un comportement; lui faire comprendre le rapport entre les sentiments, les actions et les conséquences. De cette façon, l’enfant apprend que c’est parce qu’il a mal agi que la conséquence est négative, et non pas parce qu’il est « méchant ».

– Adresser des critiques constructives portant sur le comportement, non pas sur la personne.

– Encourager l’enfant et lui faire confiance pour qu’il sache résoudre des problèmes et apprendre des stratégies gagnantes.

– Soyez toujours à la recherche des moments « magiques ». Ces enfants sont de loin plus talentueux et doués que ce qu’ils laissent paraître. Ils sont pleins de créativité, de spontanéité et d’enthousiasme. Ils ont du ressort. Ils reviennent toujours à la charge. Ils sont enclins à la générosité d’esprit, ils sont heureux d’aider. Ils ont habituellement un petit quelque chose qui les met en valeur peu importe ce qui va se présenter. Il faut se rappeler qu’il y a derrière cet enfant parfois insupportable un Einstein qui sommeille.

Pascale De Coster
Septembre 2005

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Témoignage : ma vie avec le TDA/H

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Au commencement : l’école

« Pauline devrait travailler plus rapidement et plus proprement; Pauline devrait être plus attentive et moins bavarder; Pauline retourne les chiffres 5 et 6; les résultats de Pauline sont irréguliers; Pauline est très intelligente mais ne le montre pas toujours; Pauline ne fait aucun effort pour mieux écrire; Pauline doit apprendre à obéir; Pauline fait parfois des efforts mais ça ne dure pas; des résultats étonnants : des hauts et des bas; faible en orthographe (inattention); Pauline doit réagir; travail non remis; attention au bavardage; Pauline fait beaucoup de fautes; aucune méthode ni précision, manque de réflexion et de concentration; situation d’échec; Pauline est encore distraite; Pauline perd encore trop de temps en bavardages et en distractions; Pauline doit être plus concentrée; attention à la distraction; Pauline doit être moins dispersée; Pauline arrive difficilement à se concentrer pendant un certain temps; Pauline doit surveiller son attitude, moins chercher à bavarder et approfondir toutes les branches; manque de travail… »

Fin Août 1978. J’ai mal au ventre. La rentrée scolaire approche. Des problèmes en perspective. L’année passée, on m’a envoyée au PMS. Je ne joue pas avec les autres, ce n’est pas normal. Mes souvenirs sont flous. On m’a  fait sauter sur un pied et puis commenter des images.

Je m’ennuie en classe. Je m’en rends bien compte, j’écris mal. Mes résultats sont mauvais. Je n’arrive pas à placer les accents dans le bon sens ce qui aggrave encore ma moyenne en orthographe. Pourquoi faire des efforts? Pour des résultats moins médiocres? Pas très motivant.

Je ne suis pas vraiment à l’aise en groupe. Les autres petites filles ont de belles écritures rondes, d’excellents résultats et plus d’amis que moi. Elles ont une aura rose et moi grise…

Je commence une Licence en Communication. Après 3 redoublements dans le secondaire, ce choix surprend. Les redoublements se succèdent, c’est devenu une habitude. Dans l’auditoire, je dors les yeux ouverts. Je ne prends pas note. Ecrire et écouter en même temps : trop compliqué pour moi. D’ailleurs, je n’arrive pas à relire les rares infos que j’ai finalement captées.

Et puis, en Licence, tout paraît plus simple. Pourtant, j’ai choisi la section réputée la plus dure. Je fais partie de l’élite : section Presse et Information. Tout devient intéressant. J’apprends beaucoup. Le pouvoir des mots me fascine. La quête de l’information devient pour moi la quête du graal. Mon esprit rationnel analyse, dissèque, compare, cherche, recoupe… Je suis par moment en effervescence.

Je crée. La photographie m’ouvre les portes de la Monnaie et je découvre l’opéra. Seule dans l’ombre, j’assiste aux répétitions d’ « Il Turco in Italia » de Rossini. J’aime l’ombre et la solitude de ces prises de vue. Cet univers inconnu pour moi est féerique, je suis dans la caverne d’Ali Baba.

Je réussi mon mémoire photo malgré ma désorganisation chronique et mon manque de rigueur technique. Mieux réussi d’ailleurs que certains qui avaient tenté l’Afghanistan et qui maîtrisaient mieux la photo que moi… Je jubile secrètement.

Les amis

Toujours ce mal être en groupe. Pas de nouveaux amis, quelques pathétiques bouches trous pour ne pas manger seule à la cantine… Je vis seule maintenant, c’est vraiment très dur. Le soir, l’immeuble est vide car je vis au dessus d’un coiffeur. Affreux.

Il me reste une amie de longue date qui m’héberge un temps. Je passe certaines de mes soirées avec des jeunes en plein trip d’LSD, speed, champi ou autre… Glauque. Je ne me sens pas vraiment à ma place. Quelques chouettes soirées grâce à l’ecstasy, mais en fin de compte, je me dis que si, ma couleur est le gris, ce n’est pas une pilule qui y changera quelque chose. La réalité bien que difficile me paraît plus intéressante que des sensations artificielles. Cela peut paraître bizarre mais en quelque sorte, j’ai du respect pour mon gris.

Le sport

Des résultats assez médiocres. Sport d’équipe : problèmes d’interactions dans le groupe, trop individualiste. Sport de raquettes : je chasse les mouches. Danse : je ne retiens pas la chorégraphie, tourne à droite quand il faudrait tourner à gauche… La course : mes mouvements sont tellement curieux que je suscite l’hilarité générale.
Je me rabats sur le yoga. Mais est-ce qu’on peut vraiment classer cette discipline dans les sports ?

Les hommes

Le temps passe mais les problèmes restent les mêmes. Je ne suis toujours pas populaire et vogue dangereusement entre « se suffire à soi-même » et être « seul au monde ». Le couple devient mon refuge. J’y cherche tout : la reconnaissance, l’amitié, l’amour, les sensations. Mais quand ça casse, il ne reste plus rien; la princesse s’est à nouveau transformée en souillon. Un vide total et un grand sentiment d’insécurité m’assaillent.

Toutes sortes d’hommes traversent ma vie. Un dénominateur commun: pas vraiment intéressé par une relation avec moi. Normal, j’harponne le premier venu qui se présente à moi. Pas vraiment des salauds, souvent gentils, mais résolument pas intéressés par une relation durable.

J’arrive souvent à mes fins avec les hommes. Ils me trouvent jolie, gentille, pas bête mais ils notent mon nom au crayon dans leur agenda. Ma préférence va aux hommes très intelligents. Ils n’ont pas vraiment déteint sur moi et n’ont fait que de me renvoyer une image encore plus abîmée de moi-même. La beauté des maths? La physique cantique? Non, franchement, ça ne me dit rien.

Au fond, ce qui je m’attirais auparavant, c’était les sensations liées à la nouveauté. Avec un peu plus de maturité et d’estime de moi-même, j’aurais évité pas mal de psychodrames et mieux profité de ma jeunesse.
Le crayon, ce n’était pas mal comme idée finalement !

Caméléon

Il m’arrive souvent de faire illusion, je m’adapte facilement et je donne le change. Malheureusement, je développe parallèlement un sentiment d’imposture. J’ai l’air intelligente parfois, même souvent. Ca ne m’aide pas du tout, bien au contraire, je vis avec la peur d’être démasquée tôt ou tard. Ce qui arrive effectivement trop souvent.
Un test en dessous de mon niveau académique, un commentaire d’une responsable au travail sur mes capacités me rappellent qu’à tout moment le masque peut tomber.

L’orthographe

Faire des fautes d’orthographe, c’est un peu comme aller à un rendez-vous mal sapé. Vous êtes charmant, intelligent, bien de votre personne ? Peu importe. Ce qu’on retiendra de vous, c’est cette horrible cravate, ces lunettes ringardes, ce tailleur défraîchi, cette veste kitch. En plus d’avoir l’air d’un plouc, votre interlocuteur prendra ça comme un manque de respect à son égard.

Compte tenu de cette prise de conscience, je décide de ne presque plus faire de fautes. En fait, la langue française étant ce qu’elle est, je crois qu’à moins d’être prétentieux, on ne peut pas affirmer écrire sans faute. J’utilise donc le correcteur orthographique, me relis sans cesse et essaie d’assimiler quelques règles essentielles à ma survie dans le monde de l’écrit.

Relire est devenu à ce point systématique que je me surprends à relire les textes des autres (mails, …). C’est maintenant presque devenu un toc ! Mais ce toc me permet de vous le dire en connaissance de cause : tout le monde fait des fautes d’orthographe à un moment donné.

Rien que pour ce paragraphe sur l’orthographe, je viens, en me relisant et en faisant fonctionner mon correcteur d’orthographe, d’enlever sept fautes.

Chez le psy

Il me comprend. Il m’a comparé à Bridget Jones. Je suis moi-même. Même moche et conne, il serait obligé de me voir : je paie pour ça! Malgré tout, je crois que j’essaie de lui plaire. C’est le transfert, rien de grave. Je ne suis pas vraiment attachée à lui mais son attitude bienveillante à mon égard me fait du bien. Les hommes sont souvent bienveillants avec moi.
La vie se rejoue en séance. Bridget, les hommes la trouvent mignonne et sympa.

Panique

Ca arrive insidieusement. Presque toujours le soir. Une terreur incroyable m’assaille. Une peur qui vient du fond de l’âme. Elle semble sans objet, son origine inaccessible. J’ai l’impression de manquer d’air mon corps tendu est parcouru de spasmes. Corps et esprit sont unis dans cette souffrance aiguë.

Cet état qui me paraît proche de la folie, me fait honte. Je me déplace dans le lit pour que mon compagnon ne soit pas alerté par mes tremblements. Dans ces moments, le regard des autres si bienveillant soit-il, accentue encore mon sentiment de perte de contrôle. Après quelques minutes mon corps se détend et je m’endors épuisée. Je me réveille pleine de courbatures.

Mais quand la panique de la panique ne s’installe pas, je prends cela avec humour : un peu toc-toc cette Pauline !
Plus sérieusement, avec le recul, je commence à comprendre. Quelque chose s’exprime : la peur de l’inconnu, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur d’être abandonnée… Mon inconscient a des choses à dire. Tous ces échecs m’ont fragilisée. Je n’aime pas y penser, je ne pleure jamais mais j’aimerais parfois être comme ces personnes qui pleurent dès qu’elles sont contrariées. Elles m’énervent, c’est vrai, mais elles n’auront pas de crises de panique, ni d’ulcère, elles ! Il n’y a que les fictions  ou éventuellement les enterrements qui me font pleurer.

L’argent

Il me brûle les doigts. Papiers chiffonnés, glissés dans le fond de ma poche, je le transforme en un temps record en d’autres objets aux formes plus avenantes : sacs, chaussures, déco … Tel sac aperçu dans une vitrine ne m’attendra pas bien longtemps. L’attente, ce n’est pas mon fort. Epargner, une résolution jusque là impossible à tenir. Les factures, je ne m’en occupe plus, je délègue. Auparavant, elles avaient tendance à s’amasser et les plans de paiement ne tardaient pas à venir…
Peut-être que je devrais fonctionner avec de l’argent de poche, j’y pense de plus en plus. C’est un peu infantilisant mais certainement moins dangereux !

Le travail

27 ans. J’ai décroché mon premier emploi : vendeuse dans un vidéo club. Voilà qui étonne avec une Licence en Communication. Pas vraiment envie de postuler pour un job en rapport avec mon niveau d’études. J’ai peur de l’échec, peur d’être confrontée à un parcours pas très brillant, peur de nouveaux apprentissages laborieux.

Mauvais calcul : vendeuse même pas cap ! J’enchaîne les catastrophes en tout genre. Je n’arrive pas à tenir la caisse. M’emmêle les pinceaux dans les réservations. Et tout ceci en plus de ma lenteur habituelle. La dernière erreur sera fatale. J’oublie de venir travailler confondant un jour de travail avec un jour de congé. Licenciement.

Je trouve tout de suite un autre job. L’immobilier m’ouvre ses portes. Rencontré au hasard, un marchand de biens m’engage pour gérer les agendas des vendeurs et faire les annonces. Ma ressemblance avec un amour de jeunesse a joué en ma faveur. Les compétences ? Peu importe, je suis une « petite main ».

L’ambiance est décontractée et familiale. Le travail pas compliqué. Peu de responsabilités. Je ressemble toujours à l’amour de jeunesse. Tout va bien.

Après quelques mois, je me rends compte que la majorité des employés de cette boite sont d’anciens toxicos avec un passé plutôt lourd. Le patron y compris alterne les périodes de sobriété et les rechutes. On se croirait dans un mauvais film, mais, bizarrement, j’ai de l’empathie pour toutes ces souffrances. Et puis, ces personnages sont plutôt haut en couleur et on ne s’ennuie pas. Sincères aussi. C’est le programme en 12 étapes des NA (Narcotiques Anonymes) qui le demande. Je me sens un peu mieux. Je ne dénote pas dans l’équipe. Chacun a son parcours un peu accidenté. Mais l’expérience se termine. Je coûte cher et une stagiaire me remplace.

J’atterris maintenant au Ministère de l’Intérieur. Je suis niveau 1. Le recrutement s’est fait sans difficultés car je n’ai dû passer aucun test. Un entretien sur la fonction et mes motivations. Aucun problème, je m’exprime bien et argumente efficacement. La fonction est rébarbative. Audition de candidats réfugiés, histoire invariable de candidat en candidat. Histoire inventée de toutes pièces la plupart du temps. Mon job consiste à traquer les incohérences dans le récit et entre les différentes auditions. Difficile pour moi de trouver quelque chose que je n’ai pas envie de trouver… Ennui mortel et démotivation totale. Les dossiers s’accumulent dans un coin du bureau. Je dois presque systématiquement réécrire les motivations de mes « refus de la qualité de réfugié » jugés trop faibles par ma responsable.

Je suis un flic rebelle. C’est un boulot nécessaire mais un sale boulot que je n’ai pas envie de faire. La souffrance qu’elle soit économique ou pas reste une souffrance. Les bourdes recommencent à nouveau. J’oublie un candidat dans la salle d’attente. J’intervertis des dossiers. Je suis constamment en retard. J’envoie un mail salé sur ma responsable…à ma responsable. Oups ! De remarque en remarque, la sentence tombe : pas capable de faire ce travail ; le contrat ne sera pas renouvelé. Nouvelle déprime.

Finalement, le dernier sera le bon. Malgré des débuts un peu foireux, période d’apprentissage oblige, je trouve mes marques. Je pense avoir l’estime de la majorité de mes collègues et ceux qui se moquaient de moi au début sont partis. Dans ma fonction actuelle, je reçois un public assez varié que j’essaie d’aider de mon mieux. Je suis sociable et empathique. J’ai acquis avec le temps une certaine expertise et j’ai repris confiance en moi. Bien que mon travail consiste plutôt en des entretiens individuels, j’anime aussi des groupes et fais des séances d’information. Ma peur viscérale de m’exprimer en public a disparu complètement. J’ai gagné en assertivité et acquis un répondant bien utile pour gérer les publics « difficiles ». Je reste néanmoins une individualiste pure et dure et préfère de loin les entretiens individuels ou les travaux solitaires. Si j’arrive maintenant à fonctionner en groupe, je n’aime toujours pas !

Cela fait 5 ans maintenant que j’exerce cette fonction qui est normalement d’un niveau académique en dessous du mien. Cela ne me gênait pas vraiment au départ mais je dois reconnaître que je commence à m’ennuyer et la perte salariale n’est pas négligeable. Je pensais avoir fait le deuil d’un travail dans la communication mais je me rends compte que ce n’est pas le cas. Cette idée vient me chatouiller de temps en temps mais la peur d’un nouvel échec et d’un retour à la case départ m’empêche d’agir. Pourtant, il y a peu, on m’a proposé une fonction dans la communication mais je me suis dégonflée… De nouveaux apprentissages avec en plus une responsable despotique, je n’ai pas pris le risque. Une nouvelle responsable est arrivée, l’ancienne étant virée, je me remets à rêver d’intégrer ce service.
Cap ou cap, l’avenir nous le dira.

Dodo l’enfant do, l’enfant dormira bientôt ?

Ca fait maintenant deux heures que je suis dans mon lit. J’étais pourtant crevée avant d’aller me coucher ! Je me sens trop éveillée pour dormir, mais pas assez pour me lever et commencer une activité quelle qu’elle soit, même la lecture qui est pourtant mon passe temps favori.

Je passe d’un idée à l’autre à une vitesse phénoménale : je planifie ma journée de demain, discours avec moi-même, m’évade en d’autres lieux plus vrais que nature. Parfois, je m’imagine en héroïne de roman fleuve mais d’autres fois, ce sont plutôt les idées noires qui me rattrapent. Un de mes proches tombe malade, meure, j’ai le cancer… Grâce à mon imagination, je passe en revue toutes les étapes qui vont du diagnostic à la mort en passant par la chimio et la rédaction du testament. Que ce soit le roman-fleuve ou les possibles accident de la vie, le résultat est le même : je ne dors pas. Comment le pourrais-je alors qu’on vient de m’annoncer qu’il ne me reste que quelques mois à vivre ou que Woody Allen m’a choisie pour son prochain film dans lequel je donne la réplique à Leonardo di Caprio. Dans le premier cas, je dois « mettre de l’ordre dans mes affaires » dans le second, je dois « apprendre mon texte » !

1 heure du matin, je ne dors toujours pas. Ma journée de demain va être un calvaire : mal de tête, irritabilité, difficultés de concentration… Difficultés de concentration ! C’est déjà compliqué en temps normal, je vais encore me faire remarquer au bureau avec mes gaffes.

Je n’y tiens plus. Un certain Zolpidem va m’aider. C’est mon pote. L’avaler, c’est comme appuyer sur le bouton off de mon cerveau. Je sais, c’est mal. Pas bien. Dangereux  même : Marilyn et Michaël peuvent en témoigner.

Je ne crois pas avoir le profil d’une junkie. Je ne cherche pas les sensations artificielles. Je ne bois pas, je ne fume pas… J’ai juste envie de dormir comme tout le monde. Difficile à comprendre pour quelqu’un qui ne vit pas ce problème.

2 heures du matin, je dors enfin. Mon mari ne dort plus. Je lui ai donné un coup de coude dans le nez. Je me retourne toutes les deux secondes ce qui l’empêche de se rendormir. Un ex petit ami m’avait surnommé la machine à laver : un tour dans un sens, un tour dans l’autre sens et ce pendant tout le cycle… du sommeil.

La voiture

J’ai passé mon permis de conduire à 18 ans en province.
Je ne conduis plus. Il faut être réaliste, ma distraction, mon manque de réflexes et mes problèmes de coordination, font de moi un danger public. Je n’ai pas vraiment peur pour moi ni pour la voiture, mais pour les autres. Il n’y a que dans les jeux vidéo de très mauvais goût, qu’écraser des piétons rapporte des points ! Je ne désespère pourtant pas. Je crois en l’avenir grâce à la technologie.
J’écris maintenant pratiquement sans faute grâce au correcteur orthographique, je ne doute pas qu’un jour je roulerai sans écraser personne grâce à la conduite assistée. Les voitures se garent déjà seule, on est sur la bonne voie !

Une rencontre

Après tous ces déboires, une rencontre. Un homme s’intéresse à moi. Je ne suis pas vraiment intéressée. Mais la solitude me pèse. J’ai beau faire une liste de tous mes défauts, il les prend pour des qualités. Par moment, tout cet amour m’étouffe. Je n’ai pas l’habitude qu’un homme attende quelque chose de moi. Je culpabilise un peu et me rend compte qu’il est plus facile d’aimer quelqu’un qui ne vous aime pas. Finalement, je dois bien le concéder, on est relativement bien assorti ! Les choses et les sentiments s’équilibrent avec le temps. Vases communicants ?
Nous décidons d’avoir un enfant, j’ai quand même 30 ans ! Nous ne nous connaissons que depuis 3 mois mais je me sens suffisamment en sécurité pour me lancer dans cette aventure.
Ce que je croyais impossible est arrivé : j’ai trouvé l’amour.

La mère 

Une grossesse horrible mais une résurrection à la naissance de ma fille.
J’assure un max. Je suis au top. Les relations mère-enfant me passionnent. Je me lance dans un maternage intensif et me documente un maximum. J’arrête de me regarder le nombril et c’est une libération.
Pour la première fois de ma vie, je ne doute de rien. De toute façon, je n’ai pas le choix, personne ne peut me remplacer. J’acquiers plus de structure. J’organise. Je planifie. Mes proches sont sidérés.
Adepte de l’allaitement long et du portage, je passe pour une extrémiste. J’adore ça! Personne ne me sort le couplet sur la mère fusionnelle car, après m’avoir traitée de froide individualiste pendant des années, ça ne tiendrait pas la route.Ce maternage est aussi une réparation. Je suis la mère que j’aurais voulu avoir. Je prends de l’assurance.
« Tu peux mettre le chat dans le frigo et donner à manger au rôti ? »
Mon mari et ma fille pouffent de rire. Pas sûr que le chat se plaise dans le frigo ni, que la dinde, réduite à l’état de rôti, soit en mesure de manger quoi que ce soit.
C’est comme ça presque tous les soirs. Les mots se mélangent dans ma tête. Dans certains cas de fatigue extrême, je n’arrive même pas à finir mes phrases qui se terminent dans un une langue venue d’ailleurs.

Les enfants d’abord 

Ma fille me fait répéter sans cesse les consignes : va te brosser les dents, mets tes pantoufles, range ton pyjama… Elle n’obéit pas beaucoup.

Les enseignants se plaignent de difficultés attentionnelles, de faibles interactions en groupe et de problèmes liés à la psychomotricité. D’un point de vue émotionnel, tout semble amplifié. Par moment, j’ai l’impression de vivre avec le Marsupilami. De plus, elle souffre d’énurésie nocturne.

Je suis inquiète et épuisée. Les remarques de l’entourage m’exaspèrent. Pour faire bref, on est soit, «  trop ceci » ou « pas assez cela », c’est de notre faute, « yaka ceci, yaka cela », et en prime, « on vous l’avait bien dit ! »

Un article lu dans la presse m’intrigue. Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité ? Une maman d’un enfant diagnostiqué TDA/H me fait un topo. J’en parle à la pédiatre et, suite à ses conseils, nous prenons rendez-vous chez un neuropédiatre. Après quelques mois de rendez-vous en tout genre et un portefeuille franchement amaigri, le diagnostic est posé: Trouble déficitaire de l’attention avec impulsivité.

Suite à la mise en place d’un traitement multimodal, des améliorations sont vite constatées tant par nous-mêmes, les parents, que le corps enseignant et les proches. Ma fille est mieux dans sa peau, s’ouvre plus aux autres et a de meilleurs résultats scolaires. Nos relations sont aussi moins tendues. Elle va mieux et le diagnostic m’aide à relativiser certains comportements.

Le TDA/H est toujours là mais ses conséquences deviennent gérables.

TDA/H ? Kesako ?

Ca fait maintenant plusieurs mois que je me documente sur le TDA/H. Au départ, j’étais noyée sous un flot d’informations plus incompréhensibles les unes que les autres. Des termes scientifiques squattaient mon cerveau en plein bug : dopamine, inhibition, fonctions exécutives, mémoire de travail, synapse, attention divisée, cellule gliale…

Cellule gliale ! Le mot est lâché en pleine conférence sur le TDA/H. Je suis mise KO par cette foutue cellule gliale. Mon visage affiche maintenant un regard bovin des plus inspirés !

Trouver de l’information sérieuse sur le TDA/H est une gageure. Le web véhicule énormément d’informations, mais il faut être capable de faire le tri. Pas simple. Ma formation journalistique m’a appris à vérifier les sources, à les recouper mais cela reste quand même assez compliqué. Je n’ai aucune formation scientifique et manque de références en la matière.

Malgré tout, à force de lire, je parviens, autant que faire se peut pour une néophyte, à faire le tri parmi les infos scientifiques et celles émanant de sectes ou d’illuminés. Je fais des liens, j’apprends de nouveaux mots… Je suis Champollion et le TDA/H, ma pierre de Rosette !

Mes connaissances reste assez superficielles mais elles me permettent de comprendre de quoi on parle et de mettre en perspective certaines choses.

Il me semble qu’il faut absolument laisser aux personnes compétentes –les scientifiques spécialisés dans la matière- le soin d’aborder les questions les plus pointues et les plus scientifiques de ce syndrome. Ca nous permettra d’une part, d’éviter de passer pour des abrutis, et d’autre part, d’éviter de faire circuler des informations non pertinentes qui risque de s’avérer nuisibles.

Le spécialiste du TDA/H

C’est le docteur House du TDA/H. Assertif, sûr de lui, il ne doute de rien : le TDA/H en Belgique, c’est lui ! Pourtant, derrière cet air un peu distant de spécialiste, on sent poindre l’empathie et l’humour.

J’imagine qu’il n’est pas simple de devoir gérer les patients dans le climat actuel de désinformation qui règne autour du TDA/H. Tout le monde semble avoir un avis sur la question et malheureusement celui-ci se base souvent sur des articles non scientifiques d’une presse racoleuse et sensationnaliste.

Le TDA/H est difficile à diagnostiquer chez les adultes. Certains d’entres nous ont appris à contourner les difficultés en compensant. Dès lors, certaines difficultés semblent avoir disparu mais c’est cependant souvent au prix d’efforts considérables. En outre, le TDA/H motrice est aussi moins perceptible : un adulte qui saute, grimpe et cours en tout sens, c’est heureusement plutôt rare ! Enfin, les spécialistes formés à diagnostiquer le TDA/H chez les adultes ne sont pas nombreux et leur expertise n’est pas très ancienne puisque ce n’est que récemment que les patients font cette demande. La plupart du temps, suite au diagnostique de leur enfant.

Donc mon choix fut vite fait entre, un neuropédiatre avec une grande expertise et, un neurologue débutant dans le TDA/H, mon cœur ne balance pas !

Je lui ai demandé s’il voulait s’occuper de mon cas. Il a refusé et m’a renvoyé vers l’ASBL TDA/H Belgique pour avoir les coordonnées de neurologues compétents.

J’ai maintenant la liste des spécialistes disponibles. Je n’ai pas confiance. Je ne prends pas rendez-vous. Je donne la liste à mon père qui est tout aussi distrait que moi si pas pire. Après un seul rendez-vous et aucun test de l’attention, le TDA/H est écarté. Ca ne m’arrange pas du tout car l’hérédité est très présente dans le TDA/H. Un père TDA/H aurait pu conforter mon propre diagnostic. Enfin, c’est vrai qu’il n’y pas que le trouble déficitaire de l’attention qui explique la distraction… Ceci dit, tout ceci a été tellement expéditif que pour moi le doute subsistera toujours.

Je ne me laisse pas décourager. Mon père m’a apporté mes bulletin d’école primaire et je fluote les remarques des enseignants pouvant mettre en évidence un TDA/H. Je fais aussi une liste des difficultés que j’ai rencontrées dans mon enfance et ma vie d’adulte.

Ma farde sous le bras, je me rends au rendez-vous que le neuropédiatre avait fixé pour ma fille.
J’ai pris une initiative qui ne lui a pas plu. Il était convenu d’arrêter le traitement de Juliette à une date x et je l’ai arrêté une semaine plus tôt… « D’autres confrères vous aurais mis dehors » me lance—t-il avant de rajouter « ça ne m’étonne pas de vous ».

Catastrophe ! Je me suis torpillée. Il n’a pas accepté la première fois, maintenant que je l’ai contrarié, c’est râpé ! Et puis que signifie ce « ça ne m’étonne pas de vous » ? Je ne me dégonfle pourtant pas et lui tend ma farde… il accepte ! Peut-être qu’il a trouvé mes bulletins intéressants. Peu importe ses raisons du moment qu’il accepte de s’occupe de mon cas.
La prochaine étape est une série de tests chez une neuropsychologue.

Faire de son mieux à un test auquel on voudrait échouer 

La neuropsychologue consulte mes bulletins et m’interroge sur mes difficultés présentes et passées. Je fais ensuite une série de tests. Je fais de mon mieux mais espère secrètement avoir des résultats en dessous de la moyenne. Histoire de recevoir mon diplôme de TDA/H.

Sur une feuille, je dois chercher un symbole parmi une multitude d’autres lui ressemblant. Ensuite, d’autres tests, informatisés cette fois-ci, se succèdent. Tout est passé au peigne fin : attention divisée, attention soutenue, attention auditive, attention visuelle, inhibition, fonctions exécutives, mémoire de travail etc. Je fais de mon mieux. Malgré mes efforts, je fais des erreurs et je suis assez lente.

En conclusion, pour la neuropsychologue : « les résultats aux tests d’attention, le déficit de la mémoire de travail, les éléments de l’anamnèse avec notamment les remarques des enseignants dans les bulletins lorsque la patiente était enfant, et les résultats aux questionnaires de Copeland semblent tous indiquer la présence d’un trouble de l’attention. »

Un rendez-vous psychédélique

Potentiels évoqués. Moi, en tout cas, ça ne m’évoque rien du tout. Mon cerveau est relié à une machine par des fils solidement collés sur ma tête par le technicien.

Il me donne une feuille sur laquelle je dois compter des schtroumpfs. Je m’applique mais ces maudits schtroumpfs sont cachés parmi d’autres personnages de façon aléatoire. Je les compte un par un mais en plein milieu de l’exercice je ne me rappelle plus si j’ai déjà compté le grand schtroumpf ou le schtroumpf à lunette… Je recommence mais comment faire ? Commencer par le haut et descendre ou balayer de gauche à droite ? De toute façon, il ne sont pas alignés les saligauds alors peut importe la méthode, je n’y arrive pas.

C’est comme lire un chiffre du genre 111111. Vous y arrivez vous ? Moi pas. Je dois mettre mon doigt sur la feuille et me concentrer. Je ne vous dis pas sur un écran…on a quand même l’air un peu bête.

Enfin, revenons, à nos petits bonhommes bleus. Je ne peux pas mettre mon doigt sur la feuille car je ne peux pas la déposer. Je lâche une réponse un peu au hasard. Evidemment, ce n’est pas la bonne. Le technicien me propose de plier la feuille en deux pour que cela soit plus facile. Il y a effectivement moins de schtroumpfs mais je ne peux toujours pas mettre mon doigt sur la feuille… Finalement, la torture s’arrête et il me donne la réponse (il me manquait un schtroumpf). Je ne pouvais pas faire mieux de toute façon. Ce n’est pas trop grave car j’imagine que le but de l’exercice est d’analyser le cerveau en train de chercher les schtroumpfs et que la réponse importe peu.

L’exercice suivant est encore pire. Je dois accélérer ma respiration pendant trois minutes. Résultats : j’hyperventile. J’ai des vertiges, je me sens comme en transe, je commence à paniquer un peu. Je ralentis un peu mais une voix, qui se veut rassurante, m’indique que je dois continuer que je suis « déjà » à la moitié. Seulement, à la moitié ! Je continue, après tout, je suis à l’hôpital, je ne risque rien. Enfin, j’espère !

Je termine l’encéphalogramme par des flashs du genre stroboscopique dans les yeux.
Cet examen a dû être élaboré dans les années 70 par des scientifiques en plein trip d’LSD, je ne vois pas d’autres explications.

Le diagnostic tant attendu

Vendredi, 31 décembre 2010. Jour de mon rendez-vous final.
J’ai fait un affreux cauchemar cette nuit. J’avais les résultats de mes examens. Pas de TDA/H mais bien un grave problème au cerveau.
Au réveil, je me sens contrariée, je ne suis pas du genre à croire aux rêves prémonitoires mais un doute subsistera toujours tant que je n’aurai pas eu le diagnostic d’un spécialiste.
Sinon, je ne me serais pas donnée tout ce mal, je me serais autodiagnostiquée TDA/H et le sujet serait clos depuis quelques mois déjà.

14h35, j’attends mon tour dans le couloir de l’hôpital. A ma droite un enfant avec des béquilles et sa mère. La mère lui fait faire des fractions. Ca m’énerve. « Alors mon poussin, qu’est-ce qui est plus grand 3/10 ou 9/10 ? Tu peux simplifier 12/3 ? » Le gosse ne comprends rien et les explications de la mère sont peu claires. L’envie me brûle de répondre à la place du fils et de donner des leçons de pédagogie à la mère. C’est l’impulsivité, encore elle, qui me joue des tours. Ne surtout rien dire, ni à la mère, ni au fils.

Le spécialiste sort de son bureau, passe, me salue et s’en va je ne sais où. Les minutes passent. Il ne revient pas.
Je me dirige vers l’accueil pour m’assurer qu’il va bien revenir ! Il semblerait qu’il ait du se rendre en pédiatrie…

Demi tour, je le recroise. Il me fait un grand sourire et disparaît aussitôt dans un bureau – pas le sien, j’ai vérifié. Sans doute est-il allé chercher les résultats (les miens ?) d’un patient chez un confrère…

L’heure tourne, je commence à me sentir mal. Il se repointe dans le couloir, regarde à droite, à gauche, me voit toujours et fait entrer dans son bureau un mouflet et ses parents qui viennent juste d’arriver…
J’agonise mais quoi qu’il arrive je ne repartirai pas sans mes résultats, je retourne à l’accueil.

En fait, il m’a reconnu mais n’a pas fait lien avec le nom sur son agenda. Il cherchait une petite Pauline.

C’est un fait, je dénote un peu parmi tous ces diablotins et puis je ne suis même pas venue avec mes parents. Dommage, j’aurais peut-être eu droit, moi aussi, aux fractions. D’ailleurs, je vous l’ai dit, je connaissais les réponses !!! 9/10 est plus grand que 3/10 et 12/3 simplifiés fait 4. Je digresse un peu. C’est le problème d’attention.

Il me reçoit enfin. Il n’a pas mes résultats avec lui mais s’en souvient.
Le verdict tombe : TDA/H !

Toutes mes errances prennent un sens. Mes échecs passés ne viendront plus me hanter, ils n’étaient finalement que l’expression de ce trouble qui m’habitait.

« Ce qui fait l’homme, c’est sa grande faculté d’adaptation » Socrate.

Ce diagnostic va me permettre de me réorganiser pour reprendre des projets que j’avais abandonnés du fait de mes difficultés et de mon manque d’estime.

S’adapter. C’est déjà ce que j’ai fait naturellement ces dernières années mais je compte aller encore plus loin en ciblant les activités pour lesquelles mon TDA/H ne représente pas un handicap et en compensant un maximum pour celles que je n’aurai pas pu éviter.

Tout cela doit encore être mis en place mais je sais, qu’avec une bonne dose d’enthousiasme, je peux déplacer des montagnes !
« On devrait toujours être légèrement improbable » Wilde. 

Le TDA/H ne m’aura pas apporté que du négatif, bien au contraire. Je lui dois certainement, en outre mes qualités d’adaptation, mon sens de l’humour et de l’autodérision, mes capacités d’empathie, ma curiosité et mon enthousiasme sans limite.
Mes actes manqués, mes lapsus, mes gaffes, font aussi partie de mon charme et je resterai comme Oscar Wilde le recommandait « légèrement improbable ».

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