Témoignage de parents : Le vécu d’un ado diagnostiqué, enfin, à 16 ans

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Le vécu d’un ado diagnostiqué, enfin,  à 16 ans.

Ce deuxième enfant qui s’annonçait faisait notre bonheur puisque, nous avions une petite fille adorable et que cette fois c’est un petit garçon qui allait montrer le bout de son nez.

Mais à 6 mois de grossesse, contraction, hospitalisation et menace d’accouchement prématuré, Lucas est né à 36 semaines et demie et pesait 2K400g, malgré une super forme et beaucoup d’énergie, il est resté 15 jours en pédiatrie.
Quand enfin il arriva dans notre maison, c’était déjà un gros bébé de 2K900g qui était très gourmand et qui pleurait beaucoup. Il s’est très vite montré difficile a habiller, très vif dans ses mouvements, c’est devenu très dur de lui faire prendre un bain. A partir du moment ou il a tenu assis et commencé à jouer, il passait son temps a jeter les jouets, donnait des coups à sa sœur et à faire de grosses colères.
Chaque apprentissage fut compliqué.
Il a marché à 18 mois tout en restant pas très stable sur ses jambes jusqu’à 3 ans.
Il s’exprimait très mal et jusqu’à 7 ans, c’était quasiment impossible de le comprendre.
Les divers médecins qui le suivaient considéraient qu’il était juste coléreux avec quelques retards dans son évolution.

C’est l’enseignante de maternelle qui nous a envoyé chez la psychologue scolaire ou elle a parlé de troubles du comportement et conseillé une prise en charge dans un CMPP.

Là nous étions dans une région très sympa, et nous avons eut une aide efficace de la part de l’équipe du CMMP, beaucoup d’écoute et de conseils mais impossible de savoir exactement pourquoi Lucas était invivable.
A l’âge de 4/5 ans, il faisait des dizaines de colères par jour, ne cessait de frapper les autres enfants de l’école ou sa sœur.
Il dévastait la maison de jour comme de nuit. Nous n’avions aucun repos.
Nous avons commencé à être rejeté aussi bien par la famille que tout notre entourage.

Nous avons étés obligés de déménager pour des raisons professionnelles, et nous nous sommes retrouvés en Normandie ou Lucas a fait son premier CP. Nous avions de suite pris contact avec le CPMM pour poursuivre sa prise en charge, mais de nouveau on lui a fait une série de bilans pendant près de 9 mois, donc une année sans aide, un rejet totale de l’école et l’impossibilité d’une prise en charge dans le privée faute de moyens.
A ce moment là il y a eu la perte du travail du papa, la naissance du petit dernier en mai et re-déménagement en juillet et re-nouvelle école pour un redoublement du CP.
Lucas ne sait pas lire, n’arrive pas à écrire et son comportement devient de plus en plus insupportable.

Nouvelle série de bilan au CMMP où la psychiatre me dit que je suis responsable des troubles de mon fils, et la seule solution qu’elle nous propose c’est de mettre notre fils en Institut de Rééducation (IR) ce qui permettra un prise en charge psychologique et scolaire, tout en faisant une coupure familiale durant la semaine et nous permettra de nouer de nouvelles relations avec notre fils.

Après la visite de plusieurs IR, nous choisissons celui de N les B qui nous semble très bien.

Lucas y fait sa rentrée alors qu’il a 8 ans et demi.
A partir de là, chacun de ses retours, le week-end, devient un enfer. Il est épouvantable, parfois il revient couvert de bleus, ce que nous signalons. Alors que nous avons de bons rapports avec les éducatrices de Lucas, très vite les relations avec l’éducateur chef se détériorent.
Il est insultant, me rend responsable du comportement de Lucas. Chaque réunion avec cette personne est un enfer pour moi et cela me détruit moralement.
Je finis par croire son discours, je n’aime pas mon fils et tout est de ma faute.
La situation pour Lucas ne faisant que se dégrader depuis 2 ans nous obtenons un changement d’institut, et cette fois il se retrouve à l’institut « M N ». Nous allons vite comprendre que cet endroit est pire que le précédent. La pris en charge est quasiment inexistante, la relation avec l’équipe difficile.
J’avais lu plusieurs articles sur l’hyperactivité depuis les 8 ans de mon fils, et là j’en ai encore parlé, le psychiatre de cet IR m’a dit « l’hyperactivité est un truc américain, le problème de votre fils, c’est VOUS ».
Durant les 2 ans qui vont suivre, tout va être mis en œuvre par cette équipe pour que le peu de relation qui restait entre mon fils et nous soit anéantie.
Lucas est devenu encore plus violent, et a tourné coté délinquance, pas étonnant avec des éducateurs qui « éduquent les enfants à coups de pieds aux fesses », toute les rencontres et échanges téléphoniques avec ces personnes tournent mal. Je suis sans cesse attaquée et diminuée.
C’est pour trouver une meilleur solution que j’ai fait appel a l’assistante sociale de ma commune.
Très compréhensive d’apparence mais surtout d’une hypocrisie sadique, elle nous a parlé de mettre notre fils en famille d’accueil spécialisée avec pour but de réapprendre à Lucas à vivre en famille et d’avoir un très bon soutien scolaire pour le sortir de son échec, tout en ayant une prise en charge psychologique pour le reconstruire (je précise que notre fils à ce moment là ne rentrait plus à la maison qu’un WE par mois et 4 jours de suite aux vacances).

Elle a organisé un rdv avec l’éducateur et l’assistante sociale de l’aide sociale à l’enfance, qui nous ont présentés le projet.
Ils nous ont donc informés que pour faire cette demande, il fallait passer devant le juge qui rendra cette solution officielle.

C’est comme ça que nous nous sommes retrouvés devant le juge, traités comme des parents maltraitants et où nous avons eut la surprise de découvrir que les assistantes sociales avaient fait des rapports qui n’avaient plus rien à voir avec nos discussions.
Le juge a même carrément considéré que ce que je signalais dans les dysfonctionnement des IR et de la mauvaise prise en charge de notre fils, était des exigences de ma part et que je n’étais pas en position de faire la moindre critique en ayant pas été capable d’élever moi-même mon fils.

Il a fallut 10 mois pour que la famille d’accueil soit trouvée, et c’est a partir de là que nous avons découvert que l’organisme qui gère cette famille est ni plus ni moins que de la même « famille » que l’IR d’où sortait notre fils, et que la prise en charge psychologique de notre fils restait la même à quelques choses près.
Pendant les 8 premiers mois, il y a eut de nombreux problèmes car l’éducateur de l’ASE qui s’occupait du dossier était sans arrêt absent, que la responsable de L’IR nous mentait sur la réelle prise en charge. Nous avions peu d’informations et à cette période le papa étant très malade, nous nous sommes trouvés dans une position de faiblesse qui a permit aux personnes de l’ASE et de l’IR de commettre tous les abus.
C’est deux ans plus tard que nous avons commencés à reprendre des forces, que j’ai pu renouer un dialogue avec Lucas qui en fait était en grande souffrance dans la famille d’accueil. Il était sans arrêt diminué et insulté et jamais aidé scolairement.
J’ai commencé a oser avoir des exigences sur son suivit, mais rien n’était mis en place pour réellement l’aider.
L’’aide scolaire n’était toujours pas en place, il n’a pas eut de séances d’orthophonie car la responsable de l’IR a jugé que notre fils n’avait pas d’autres problèmes que nous ses parents.
Dans les services de l’ASE ils ont refusés d’entendre la souffrance Lucas ( l’aide sociale à l’enfance protège essentiellement leurs propres intérêts et ceux des familles d’accueil).
Ils ont aussi refusé de l’aider en intervenant dans la famille d’accueil.
Nous nous sommes aussi battus pour que le psychiatre cesse de l’empoisonner avec un anti-épileptique, alors que plusieurs EEG n’avaient montrés aucune trace d’épilepsie.

Avec mon mari, on savait qu’il fallait le sortir de là mais comment ?
Quelques mois plus tard j’ai découvert le site internet de l’association TDA/H Belgique.
Pour la première fois je trouvais des informations complètes sur l’hyperactivité, le déficit d’attention et surtout que c’était des troubles neurologiques.

Mon fils n’a jamais eu le droit dans ses prises en charges au moindre test neurologique, puisqu’il a toujours été considéré que ses problèmes étaient psychologiques et dont la responsabilité était à imputer à sa « mauvaise mère ».

En entrant sur le forum de l’association, je suis directement entrée contact avec d’autres familles concernées
De là j’ai été guidée, encouragée, soutenue.
J’ai lu plusieurs fois le site ainsi que d’autres qui décrivaient les troubles.
J’ai tout appris et approfondis sur chaque trouble.
Je me suis reconnue dans les témoignages des mamans concernées elles aussi.
Cela m’a expliqué pourquoi je vivais si mal depuis toutes ses années.
Je n’étais pas une nulle qui rate tout mais une hyperactive avec un déficit d’attention et une déficience dans la mémoire, comme mon fils mais aussi comme mes deux autres enfants ( qui sont concernés à différents degrés).
J’ai repris les problèmes de Lucas de A à Z, et j’ai compris tout ce qui n’allait pas.
Avec l’aide d’une amie j’ai enfin pu trouver un neurologue qui nous as fait passer des tests, et c’est comme ça que Lucas a pu bénéficier de tests sérieux qui ont amenés au diagnostic de TDA/H et à la prise de Méthylphénidate.
A cette même période nous avons pris un avocat pour sortir notre fils de cette horrible famille, il a aussi fallut prendre un avocat rien que pour lui.

L’ASE ont commencés à nous mettre de gros bâtons dans les roues.
A chaque rencontre avec l’éducatrice, la responsable de l’ASE et l’équipe de l’IR, cela se passait très mal et nous avons eut la surprise de voir que quelques jours après, les propos échangés nous étaient reprécisés par écrit mais complètement déformés à leur avantage.
Ces gens n’ont pas hésités a se montrer insultant, à me diminuer etc…
L’avocat nous a clairement spécifié nos droits de parents, et surtout expliqué qu’en tant que responsable légaux sans restrictions de droit de visite, nous étions en droit d’avoir des explications claires sur la prise en charge et que nous pouvions refuser par exemple la prise d’un médicament.

Pendant ce temps, Lucas a repris petit à petit confiance en lui et s’est très vite transformé.
Il s’est battu avec nous pour que le juge fasse une main levée sur le placement.
Il fallait faire vite car l’orientation choisie pour lui par la responsable de l’IR ne lui convenait pas.
Cette personne a considéré que Lucas n’était bon qu’à un apprentissage dans le bâtiment alors que Lucas n’était absolument pas intéressé par ce genre de métier.
Lucas a commencé à parler de fuguer de chez sa famille d’accueil et il revenait chaque samedi très déprimé et repartait hyper angoissé.
Nous étions vraiment très inquiets pour Lucas.

Le collège dans lequel il était a favorisé notre choix pour un BEP topographe, et nous avons pu l’inscrire dans un lycée près de chez nous.
Nous sommes passés devant le juge en juin, la responsable de l’ASE et celle de l’IR, ont maintenus leurs demande de placement et nous ont encore attaqués sur nos capacités d’être parents.
Nos avocates nous ont bien défendus et la juge a fait une main levée sur le placement.
Même si c’est génial je trouve lamentable que rien n’ait été fait ou dit a ce moment là par rapport à la maltraitance dont était victime Lucas dans la famille d’accueil qui peux aujourd’hui encore bousiller la vie des enfants qu’ils ont en charge. Il est évident que la loi n’est pas la même pour tous, et le fait d’être famille agrée donne à mon avis droit à tous les abus sans que personne n’agisse pour une réelle protection de l’enfant.

Pour un juge seul les professionnels de l’enfance ont un réel droit de parole et quand un éducateur frappe un enfant, le juge dit qu’il fait de l’éducation.

Aujourd’hui Lucas va bien, et progresse très vite dans tous les domaines, il a beaucoup de choses à apprendre car 8 ans entre les mains de soit disants pro où il n’a eut que souffrance et mauvaise prise en charge, font qu’il est passé à coté de l’essentiel.

Sa rentrée scolaire s’est bien passé et il ramène de très bons résultats.
Il a retrouvé plein de motivation. L’aide de la Méthylphénidate lui permet d’être moins impulsif, de moins se blesser, d’écrire lisiblement, de comprendre et d’apprendre ses leçons.

Il a complètement repris sa place dans la maison, maintenant il parle et rit tout le tout le temps.
Le passé va être dur a oublier d’autant que pour le moment la juge a tout de même demandé 6 mois d’investigation (jusqu’en décembre). Nous avons donc déjà eut plusieurs rencontres avec un éducateur et un entretien avec un psychiatre et Lucas doit encore subir une expertise psychiatrique.
Je ne trouve pas ça juste car rien n’est ordonné pour contrôler la famille d’accueil, ni les IR ou de l’ASE. La responsable de l’IR refuse de rendre le dossier médical et psychologique qui comporte le suivi de Lucas depuis le premier bilan fait en CMMP, ainsi que tout son suivi médical depuis le premier Institut.

La psychiatre dépendant de ce service s’est permise de faire un courrier à mon neurologue dans le but de nuire à la prise en charge de Lucas en me faisant passer pour une folle.
Il est évident que ces gens là vont continuer a agir par derrière pour pourrir la vie de Lucas qui a osé dire sa souffrance a un juge, et la mienne puisque que je dénonce leurs pratiques abusives et que je veux aller très loin pour arrêter la souffrance des autres enfants entre les mains de ces monstres.

Mais j’arrête avec ce passé que l’ont veut oublier.
Durant cette longue année de bataille nous avons eut des tas de joies grâce a l’exceptionnelle solidarité trouvée sur le forum, nous nous sommes fait des amis (ies), nous avons tous évolués et réussis à transformer un quotidien qui était tellement compliqué.
Lucas sait qu’il n’est plus seul comme moi.

Mais pour en savoir plus sur moi, je vais devoir aussi faire mon témoignage perso, c’est important juste au cas où une personne en souffrance se reconnaîtrait dedans.
Je veux maintenant pouvoir aider par mon témoignage comme d’autres parents m’ont aidée par leurs témoignages il y a un peu plus d’un an.
Je terminerai sur ces quelques mots. N’oubliez pas que vous avez en vous la force pour transformer la pire des situations et que pour réussir vous devez vous faire confiances, croire en vos capacités, ne laisser personne décider à votre place de l’avenir de votre enfant. Un professionnel peut se tromper ou mal agir. Il faut toujours veiller de près, garder des traces écrites de tout et ne jamais accepter ce qui vous dérange ou qui fait mal à votre enfant même si c’est sous couvert de suivi médical ou psychologique.
Vous devez rester à tout pris maître de votre vie et de celle de vos enfants, ne laisser pas un psychologue ou un éducateur vous critiquer ou vous juger, c’est pas leurs rôle.

Et si moi la nulle de service pendant 38 ans et demi, j’ai réussi mon combat, soyez sûr que vous gagnerez le vôtre.

Maintenant l’avenir appartient a Lucas, il est très motivé pour montrer à ceux qui le disait bon à rien qu’ils se sont trompés et moi je lui souhaite une immense réussite pour faire un pied de nez à tous les professionnels qui avaient décidés pour lui un avenir très sombre.

Une maman en colère d’avoir perdue des années a cause des « pros » bornés.

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